CHAPITRE XXX
De la profession des vœux de religion, en général.
Art. 1308. — Les vœux de religion sont une promesse délibérée, libre et publique, faite à Dieu et reçue au nom de l'Église par les supérieurs religieux, ou les supérieures religieuses de l'ordre, de l'institut, ou du monastère, touchant la pratique des conseils évangéliques l.
Art. 1309. — Les vœux de religion sont ou temporaires, c'est-à-dire émis pour un temps déterminé, au delà duquel ils cessent d'obliger; ou perpétuels, c'està-dire émis, pour toute la vie, jusqu'à la mort.
Les vœux perpétuels sont ou simples, c'est-à-dire ne rendant pas invalides, mais illicites, les actes émis en
1308. — Les vœux de religion sont des promesses faites, par mode d'holocauste, à Dieu, qui, en plusieurs passages des Écritures, nous apprend combien lui est agréable la pratique des vertus, corroborée par l'émission des vœux. « Ils ho- » noreront le Seigneur, dit le » prophète, avec des hosties » et des oblations ; ils feront » des vœux et ils les accompli- » ront. » (Is., xix, 21.)
S.Thomas d'Aquin énumère trois motifs de L'excellence des vœux.
I. oc Les œuvres de vertu, » accomplies en raison d'un » vœu, revêtent un nouveau » caractère. Ce ne sont plus n!' ment des actes de la ■» vertu spéciale à laquelle ils )» appartiennent, ce sont en- ■ core des actes <!<• religion, » qui est la première des ver- » tus morales. Les actes de » vertu, accomplis en raison
» d'un vœu, relèvent du culte » de Dieu, ce sont des sacri- » fices offerts à sa Souveraine » Majesté, et qui, sans cesse )) renouvelés, constituent l'ho- » Iocauste de la vie religieuse.
» Tout acte, fait en raison du » vœu, possède une double ex- » cellence, celle de l'œuvre o vertueuse elle-même, et celle » qui provient de ce qu'il est » accompli en raison du vœu.
ri. » Celui qui fait un vœu » se donne à Dieu dans une » plus large mesure que celui » qui accomplit seulement » l'acte de la vertu, sans l'é- ■ mission «lu vœu. Ce dernier » offre à Dieu un acte ver- » tueux, mais celui qui - )> engagé par un vœu offre à
Dieu la faculté de l'âme, •> d'où procèdent 1rs actes de w la vertu; celui-là donne da- » vantage, qui donne l'arbre - fruits, que ««lui qui i> donne seulement les fruits « que l'arbre produit.
Droit . — I
DE LA PROFESSION DES VŒUX
opposition avec le vœu 2, ou solennels, c'est-à-dire rendant non seulement illicites, mais invalides, les actes émis en opposition avec le vœu 3.
Les vœux temporaires sont toujours des vœux simples.
Les vœux perpétuels peuvent être ou simples, ou solennels 4.
III. « Enfin par l'émission » du vœu la volonté est fixée » plus irrévocablement dans » le bien ; or, plus parfaite » est la disposition de la vo- » lonté dans le bien et i lus » parfait aussi est l'acte very> tueux émanant d'une volon- )) té ainsi immuablement fixée » dans la vertu, de rnême que » le péché s'aggrave dans » l'homme immuablement fixé » dans le mal et que pour ce )) motif on appelle le péché » contre l'Esprit-Saint. » (S.
Thomas d'Aquin, Summa, IIa II*, quest. LXXXVIII, art.