V. Canon
20. Réponse de la Commission Pontificale pour l'interprétation authentique du code de droit canonique, 1er mars 1921. Dubium. II.
1. La profession des vœux perpétuels, soit simples, soit solennels, dans une religion approuvée par l'Église,émise par un religieux, ou une religieuse, n'a\ant sur la eonscienee aucune faute mortelle, entraîne elle, par voie de conséquence, la rémission de tous lefl péchés, quant à la eoulpe, [uant à la peine, de telle
•orte que lf nouveau profi OU la nouvelle professe-, re-
'■'<u\re l'innocence baptismale.
c C esi une opinion très rai-
onnable que celle affir-
» mant que par son entrée en religion le chrétien obtient la rémission de tous ses péchés. Par l'aumône, un homme peut sur-le-champ, satisfaire à tous ses péchés selon cette parole du prophète Daniel (Dan., iv).
Rachète tes péchés par l'aumône. A plus forte raison, peut-on satisfaire à tous ses péchés, en se consacrant totalement au service de Dieu par l'entrée en religion. Cet acte de religion surpasse toute espèce de satisfaction rendue à Dieu, même celle de la pénitence publique, comme il est dit dans les Décrétâtes (Décret. 33 quaest.
I, c. Admonere). L'entrée en religion est par rapport à toutes les œuvres satisfactoi-
» res comme l'holocauste par
DES VŒUX PERPETUELS.
Art. 1346. — H est requis pour la validité de la profession des vœux perpétuels t^oit simples, soit solennels, qu'elle ait été précédée de l'émission des vœux temporaires, conformément à ce qui a été expliqué ci-dessus, à l'article 1333 \
Art. 1347. — Il est requis pour la validité des vœux perpétuels soit simples, soit solennels, que le religieux, ou la religieuse, ait atteint l'âge de vingt et un ans accomplis 3.
» rapport au sacrifice, selon la » comparaison de saint Gré- » goire (super Ezechiel, Ho- » niel. 20 a med.). C'est pour- » quoi on lit dans la vie des » Pères du Désert (libr. VI, » libel. 1, n° 9), que ceux qui » entrent en religion, obtien- » nent les mêmes grâces, que » ceux qui sortent des fonts » baptismaux. Et d'ailleurs, si » l'entrée en religion ne suf- » fisait pas à nous obtenir la » pleine et entière rémission » dos péchés, elle l'emporte- » rait, pour le bien qui en réiltc.viir les œuvres les plus » méritoires, comme celle, par » exemple, du pèlerinage en » Terre-Sainte. Et 1*' bien, qui » résulte de l'entrée en reli- » irion. doit être préféré à la » rémission même des péchés.»
(S. Tiiom. d'Aqiin. Summa, IT* II* quœst. CLXXXIX, art. TTT, ad 3".)
Ce texte, qui a été écrit par s-iint Thomas pour la profee sion do vœux Bolennels, s'applique également bien à la profession des vœux Bimples,
pourvu qu'ils soient perpé-
tuels. Tl est eu effet certain
que les trois vu u\ simples de
religion sont par eu* mêmes plus satisfactoires que l'aumône, que la pénitence publi-
que autrefois en usage dans l'Église. Ils constituent un holocauste, où l'on offre à Dieu la substance même du corps et de l'âme. Dans les Vies des Pères du désert on appelle la profession religieuse un second baptême. Mais les Pères du désert, selon l'opinion de Suarez, ne professaient que les voeux simples, paroe (pie de leur temps ne s'était pas encore introduit dans l'Église l'usage des vœux solennels. ïl semble donc bien (pie la rémission totale des peines, du<au péché, qui est la conséquence de la profession des vœux solennelsjl'est aussi de la profession des vœux simples.
A'. Suarbz, /)<• religione, tom.