C'était déjà la doctrine libr. V. q« ;7. Rotario, Theoï
acceptée par les théologiens et Horal.Regular., Venetiis i
canonistes des temps anciens. t<>m. TI, lihr. TT. cap, i, et for-
Azor, Salas, Suabez, Sanchez, mellement adoptée par la S.
op. moral in Decàlog. tom. IT. ('. m s Ev, i i Km... dans les
enp. iv. n° 24, Tambubjni, De Norme», 28 juin 1001. n° 136.
iiirc Ahhat., tom. TT, disp. 21, 12. Canon 579.
qtnest. 12, n 9. \\m>v k Sfi- 1. S. C. des Ev. m Rég.,
tutu Sancto. Theolog. moral., Norme», 2fl juin 1001. nn ^?^'^.
autorité. Sur ce point, leur devoir d'obéissance n'est pas différent de celui des autres fidèles.
De plus, ils doivent l'obéissance au Pontife Romain, aux supérieurs de la religion et, en certains cas déterminés, à l'évêque, Ordinaire du lieu, en vertu de leur autorité de domaine et dans les limites où s'exerce cette autorité.
Le pouvoir de domaine, exercé par les supérieurs, est issu non seulement du vœu d'obéissance fait par le religieux, ou la religieuse, au jour de leur profession, mais aussi de ce fait que les supérieurs et inférieurs constituent une société, approuvée par l'Église, où les inférieurs vivent sous l'autorité des supérieurs. Et c'est pourquoi le pouvoir de domaine des supérieurs ne s'exerce pas seulement au sujet des obédiences qui tombent sous le vœu, mais également au sujet des obédiences qui ne relèvent que de la vertu. Quand un religieux, ou une religieuse, font profession dans un institut, ils entrent en communauté. Par le fait de cette vie en commun ils sont obligés d'obéir aux supérieurs de la famille religieuse où ils se trouvent, en raison de la vertu d'obéissance. Ils s'engagent en outre à leur obéir en raison du vœu, chaque fois que les supérieurs leur commanderont sous la forme du précepte.
Tous ceux qui peuvent commander à un religieux, en vertu du vœu et sous précepte formel, peuvent également lui commander en raison de la vertu de l'obéissance. Le Pape, l'évêque, les supérieurs religieux généraux, provinciaux et locaux, par le seul fait qu'ils sont revêtus de l'autorité et dans les limites de leur autorité respective, ont droit à être obéis, alors même qu'ils ne mettent pas à leurs commandements la force du vœu. Le religieux obéit alors par la seule vertu d'obéissance. Pour avoir le mérite de l'obéissance re- , il n'est donc pas nécessaire d'obéir en raison du vœu, mais seulement en raison de la vertu.
En réalité, dans l'immense majorité des cas, le religion < f La religieuse qui observent les décrets Apostoliques, les constitutions de leur institut et les commandements de leurs supérieurs, pratiquent la vertu
d'obéissance. Us ne pratiquent leur vœu que lorsqu'ils obéissent aux constitutions, ou aux commandements des supérieurs, en vertu d'un précepte formel.
Les assistants et assistantes, les visiteurs et visitatrices, les délégués, les vicaires, les maîtres et maîtresses des novices, les officiers et officières de la communauté, ou de l'institut, en un mot, tous ceux et celles qui ont reçu une autorité déléguée par les supérieurs, autorité concédée en vue d'un but spécial à atteindre et dans les limites fixées par les supérieurs, encore que d'ordinaire ils ne puissent pas commander en raison du vœu, ainsi que nous l'avons expliqué ci-dessus, à l'article 1398, peuvent commander en raison de la vertu, dans la sphère des attributions de leur office, par suite de l'autorité à eux déléguée par le supérieur, ou la supérieure, pour le bon accomplissement fie leur emploi. Obéir à l'économe, au directeur, ou à la directrice du collège, à l'infirmier, ou à l'infirmière, au sacristain, ou à la sacristine, au portier, ou à la portière, dans la sphère de leurs attributions, c'est pratiquer la vertu d'obéissance religieuse.
Quand les supérieurs prient un religieux, ou une religieuse, de faire un acte, ou lui demandent, ou lui ordonnent de faire cet acte, ce sont là des formules dont usent les supérieurs, quand ils veulent être obéis en raison de la vertu. Nous avons vu précédemment, à l'article 1400, quelles sont les formules spéciales dont ils doivent se servir, quand ils veulent être obéis en vertu du vœu.
Art. 1406. — La raison formelle de la vertu d'obéissance est la même que celle du vœu. Voir ci-dessus, l'article 1399. Qu'un religieux obéisse en raison du vœu sous la force du précepte, ou qu'il obéisse en raison de la vertu, c'est toujours la charité divine qui esl le principe de son obéissance. Qu'il obéisse au titre du vœu, ou au titre de la vertu, c'est toujours à Dieu qu'il obéit dans la personne du supérieur qui le représente et nui parle en son nom.
Un religieux, ou une religieuse, ne {trafiquent la vertu, ou le VOEU d'obéissance, que lorsqu'ils obéirent
Droit canonique. — I '
en vue de Dieu et pour Dieu. D'autres motifs d'ordre humain peuvent mouvoir leur esprit et leur cœur dans l'accomplissement des actes qui leur sont commandés. Celui-ci obéit parce qu'il constate la convenance, la justice, l'opportunité de ce qui lui est commandé. Celle-là obéit parce qu'elle aime la supérieure qui lui commande. Ces motifs secondaires dans l'accomplissement de l'acte commandé sont étrangers et extrinsèques à la vertu d'obéissance. Celui-là seul pratique la vertu d'obéissance qui fait un acte, en tant que cet acte est commandé par le supérieur, parlant au nom de Dieu.
Art. 1507. — Est-il nécessaire pour pratiquer la vertu d'obéissance, d'approuver intérieurement ce qui est commandé par une conformité de jugement et d'appréciation avec le jugement et l'appréciation des supérieurs ?
L'humilité et la prudence exigent que nous sachions nous défier de notre jugement, quand il se trouve en contradiction avec celui des supérieurs ; nous devons toujours présumer que le supérieur est plus que nous à même d'apprécier la valeur des actes qu'il nous commande, et d'en estimer convenablement les circonstances. Mais l'obéissance ne consiste pas dans cette défiance à l'endroit de notre propre jugement et dans la conformité d'appréciation avec l'appréciation du supérieur. La vertu d'obéissance consiste dans la subordination des volontés et dans le calme de la conscience, justement persuadée que tout est bien qui est fait en conformité avec la volonté divine, manifestée par celle des supérieurs. Fixée immuablement sur la sagesse et la toute-puissance divines, qui savent dans leur gouvernement tirer le bien du mal, notre volonté, par la vertu d'obéissance se complaît dans l'accomplissement d un acte, que notre jugement peut apprécier défavorablement, (juand il l'envisage dans ses conséquences nul melles, mais dont il connaît d'avance l'issue toujours bonne, du moment que, commandé par les supérieurs, cet acte esl voulu, ou permis par Dieu, qui saura tou-
jours le faire tourner à notre profit spirituel et au bien de la communauté, ou de l'institut.
L'obéissance parfaite empêche-t-elle de faire aux supérieurs les représentations que l'on croit opportunes et nécessaires ?
« L'obéissance parfaite, dit saint Alphonse de Li- » gori, n'empêche pas la religieuse, à laquelle on îm- » pose une obédience, ou quelque fonction à remplir, » d'exposer à sa supérieure les difficultés qu'elle y » rencontre et qui sont inconnues à la supérieure, par » exemple, une infirmité particulière, une indisposition » qui survient, l'inaptitude, ou quelque autre obstacle ; » car la supérieure n'étant pas un ange, mais une » simple mortelle, a besoin d'être informée de ce qu'elle » ignore. Cependant, il faut en cela observer deux » points importants. D'abord, on ne doit pas dire à )> la supérieure les choses qu'elle sait déjà, parce qu'on » doit supposer qu'elle y a bien pensé, sans qu'on ait » à les lui rappeler. En second lieu, après avoir fait » connaître ses difficultés, la religieuse doit se sou- » mettre en paix à ce que décide la supérieure ; il tant » même que cette résignation paraisse extérieurement, » afin que la supérieure n'ait pas d'inquiétude et que » les autres y trouvent un bon exemple. La religieuse » fera bien de se figurer d'avance que la supérieure, » nonobstant ses difficultés, confirmera l'obédience » donnée; de cette manière, elle sera toute disposée à » l'accepter sans réplique2. »
Art. 1408. — La vertu d'obéissance a un double objet matériel : l'objet nécessaire, et l'objet facultatif. L'objet nécessaire esl identique à l'objel matériel du précepte fait en vertu du vœu. II comprend tout ce qui,
directement, OU indirect ement , concerne l'état religieux,
la pratique de la règle et des consl il ut ions, l'observance
des décrets Apostoliques. Sur ce point, e1 dans ces limites, la vertu d'obéissance entre dans les devoirs d'un religieux. De même que, dans la famille naturelle, et