‹ Institutiones canoniques (volume 2)Chapitre 677 sur 863 · livre VI. n ' ::; et · texte numérisé non relu

livre VI. n ' ::; et

î. Cette obligation est imposée par la loi naturelle et par la loi évangélique. Si t<>n

frère a péché contre t<>i. v<i

et reprend§~le, a dit Nol

Cette obligation atteint non seulement les égaux, niais les supérieurs et les inférieurs.

Les supérieurs remplissent le devoir de la correction fraternelle vis-à-vis de leurs inférieurs par le moyen de la correction paternelle, ou maternelle.

Les inférieurs eux-mêmes sont tenus à la correction fraternelle à l'égard de leur supérieur. Les règles et les constitutions indiquent d'ailleurs le mode, les circonstances de la correction des supérieurs par les inférieurs. Dans certains instituts les constitutions ont prévu l'existence et le rôle d'un admoniteur, ou d'une admonitrice. « Si, dans certains instituts on donne au supé- » rieur, ou à la supérieure générale un admoniteur, ou » une admonitrice, ceux-ci doivent toujours être choisis » parmi les assistants, ou assistantes, membres du con- » seil général de l'institut 5. » La même règle peut être adoptée pour le supérieur, ou la supérieure provinciale, pour le supérieur, ou la supérieure locale. Si les constitutions ne prévoient pas l'existence d'un admoniteur, ou d'une admonitrice, ce rôle appartient, de droit naturel et divin, aux religieux et religieuses les plus anciens de profession, ou à ceux qui font partie des conseils de l'institut, de la province, ou de la maison. La correction fraternelle, faite au supérieur par un inférieur, doit être faite avec toutes les formes de la modération et du respect dus à l'autorité dont le supérieur est revêtu.

Cette obligation de la correction fraternelle porte sur toutes les violations de la loi, à nous connues. C'est ce qu'explique très bien saint Augustin, faisant ressortir que ces paroles du Sauveur : Si ton frère a péché contre foi, signifient en réalité : en ta présence; car tout péché commis en notre présence est un péché commis contre nous, en raison du scandale à nous donné6.

Seigneur dans l'fivangile 5. S. C. des Ev. et Rég.,

(Matth., xviii, 15.) Et tous Normes, ?,S juin 1901, n° 264.

let Pères de l'Église, les théo- G. S. Augustin, vSerm. 82

logions et canonistes s'accor- (alias 16) cap. VII, n° 10.

df-nï h reconnaître qu'il s'agit V. S. Thom. d'Aquin, m IV

i'i d'une loi obligeant, non par Distinct., dist. XIX, quest.

mode de eomeil, mais par mo- II, art. 1. de de précepte.

Par contre, il est de toute évidence que le devoir de la correction fraternelle ne porte pas sur les fautes du prochain ignorées de nous. C'est donc, sous prétexte de charité, manquer à la charité elle-même, que de rechercher les fautes du prochain non manifestes, afin d'y apporter une correction inopportune et intempestive, car, comme dit l'Apôtre, la charité est patiente, bienveillante, sans rivalité... elle ne suppose pas le mal, elle ne se réjouit pas du péché, elle se complaît dans la vérité (I Corinth., xm, 4, 6.)

La correction fraternelle porte sur toutes les violations de la loi divine, de la loi ecclésiastique, de la loi de l'institut; par conséquent sur tous les manquements aux préceptes du Décalogue, et de la loi Évangélique, aux préceptes de l'Église, et à tous les articles des constitutions de l'institut.

En principe, l'obligation de la correction fraternelle oblige, sous peine de péché grave, quand il s'agit du péché grave ; sous peine de péché véniel, quand il s'auit du péché véniel ~ .

Elle oblige également, quand il s'agit de la correction des manquements à la règle et aux constitutions, puisque ces manquements, sans motif raisonnable, sont toujours contraires pour le moins au bien spirituel, ou temporel de la communauté; mais alors l'obligation de la correction fraternelle n'est plus qu'une obligation de règle et de constitution, qui, par elle-même, n'oblige pas sous peine de péché.

Art. 1415. — Des qualités a apporter dans la correction fraternelle, selon les circonstances. — Il y a une méthode et un ordre des circonstance> à observer dans la correction fraternelle. Cet ordre fail partie du précepte, parce qu'il a été imposé par Jésus-Christ luimême. Si ton frère a péché contre toi, va et corrige-le entre toi et lui seul. S'il l' écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t' écoute pas, amène avec toi un ou dem témoins, afin qu'en face de deux ou trois témoignages, le fail attesté soit avéré. Que s'il ne se corrige pas de-

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