V. Canon
22. A'. Canon 605. — La fréquentation des parloirs par les religieuses sans une absolue nécessité est une des principales causes de relâchement et de ruine spirituelle pour les communautés religieuses. Le sentiment unanime des Saints sur ce point en est nue preuve irréeu sable.
« Il faut, dit sainte Cathe-
» rine de Sienne. sui\re la » voie de la très sainte croix...
» avec une grande pureté •» d'âme et de corps, dans la » société des personnes qui » craignent Dieu, et dans h » solitude de la cellule, en » Fuyant, comme 1«' poison, le » parloir et la conversation s des faux dévots et des se » culiers. » (Lettre* de tainte Catherine de Sienne, édit.
Cartier, lettre Cil).
« Évitez les rapports avec » les séculiers et les conversa- » fions avec les faux dévots; » fermez les grilles et le par- » loir, à moins que la nécesi. site nt" le demande. » (/'».,
lettre CXCI à une supérieure
de communauté.) « La \éri
» failli- épouse de Jésus Christ
» n'aime pas et ne recherche » pas la conversation de ceux
m qui pourraient nuire à BOn i de chasteté; elle les » Cuit, au contraire, comme " des serpents \ en inu-ii \ . . t » elle a en aversion les grilles
0 et le parloir. Elle écarte la
» familiarité des faux dévots » et revient à sa cellule comme
i SB patrie. I (Ih'ul.. lettre
1 M iV.)
itona - ont.- Térèse nous
racontant sur ce sujet sa propre histoire : « .le commençai '. donc à m 'engager dans ces .. conversations avec les per-
A plus forte raison s'applique aux moniales tout ce qui est dit ci-dessous, à l'article 1436, des visites aux parloirs, pour les religieuses des instituts, soumises à la semi-clôture.
Si, pour quelque motif que ce soit, en vertu d'une
» sonnes qui venaient nous vi- » siter. Suivant en cela un » usage établi, j'étais loin de » penser qu'il en dût résulter » pour mon âme autant de » dommage et de distraction.
» Mes yeux ne se sont dessil- « lés que plus tard. Il me » semblait que ces visites, si » ordinaires en tant de mo- » nastères, ne me feraient pas » plus de mal qu'à d'autres » religieuses, dont la régula- » rite frappait mes regards.
» Je ne considérais pas que » leur vertu, l'emportant de » beaucoup sur la mienne, le » danger devait être bien ») moindre pour elles que pour » moi. Je ne puis néanmoins » me défendre d'y voir tou- -» jours quelque péril, quand » ce ne serait que la perte du » temps. Comme je m'entrete- » nais un jour avec une per- » sonne dont je menais de » faire connaissance, Notre- » Seigneur daigna m'éclairer » dans mon aveuglement... Si, » par le conseil du Seigneur
et pour sa gloire, cet écrit > doit voir la lumière, puis- » sf-nt les religieuses qui le li- » ront s'instruire à mon ex- • eniple! Je les conjure, par i l'amour de notre divin Maîa tre, de fuir de semblables
récréations, » (Vie de sainte Térèie, écrite par elle-même, chap. VII.)
■ Il faut que je vous congra-
tule grandement,écrit sainte Jeanne de Chantai à une supérieure, de ce que vous me dites, que jamais vos parloirs ne furent moins fréquentés que maintenant, et que vous n'y allez point par plaisir. O ma fille très chère, que voilà qui va bien !
Certes, la grande fréquentation des parloirs est un mal plus dangereux qu'on ne saurait penser. Il n'est pas croyable combien la bonne odeur des maisons religieuses s'évapore par là, et > comment l'esprit intérieur se dissipe. Il faut seulement y aller quand le devoir, la charité, l'utilité et la douce condescendance le requièrent, et y paraître douce, suave et cordiale, mais non jamais gênée. » (Lettres desainte Jeanne de Chantai, édit. Lecoffre, 1860, tom. II, pag. 543.)
Saint Alphonse de Liguori avait coutume de dire : « Gril- » les fermées et non fréquen- » tées, monastères sanctifiés ; » grilles ouvertes et fréquen- » tées, monastères dissipés; et » Dieu veuille qu'il n'y ait » rien de pis ! Si l'on ne pré- » serve les religieuses de la » grille, il y a bien peu de » choses à faire pour leur » sanctification. » (Card. de Villixourt, Vie de saint Alphonse de Ligori, tom. II.)