‹ Institutiones géologiquesChapitre 118 sur 151 · LIVRE IIL CHAP. XXZYIII · texte numérisé non relu

LIVRE IIL CHAP. XXZYIII

'empêcher de reconnoître dans ces substances ierreuses , les effets du feu , et il les regarda omme douées dans Torigine, de cette viscosité ja'on observe dans les pâtes vitreuses exposées

une température très-élevée.

§ 241: Disons donc que la texture feuilletée I schisteuse d'une roche ^ n'est pas incompatible ?ec sa fluidité ignée primitive, et que les subsances fondues peuvent en se refroidissant, pren- Ire cette texture. Ajoutons qu*il y a des exemples le substances douées d^une texture en apparence compacte et unie , et qui après avoir été sounîses à Faction du feu, présentent la structure aininaire et schisteuse. Parmi les belles observa-. ions faites par M/ Brocchi sur la roche de Yi- :onago, on remarque celle de laquelle il résulte ]u'il est en notre pouvoir de changer les apparences de cette roche, et de la transformer, pour ûnsi dire , sur-le-champ en un schiste micacé, poisqu^il suffit d'exposer au feu un morceau de luette même roche, et de le faire rougir pendant ^elques minutes, pour qu*U prenne aussitôt le lustre argentin , et que la texture fissile se manifeste de manière que l'œil le plus exercé pourrait le confondre avec un fragment de schiste micacé (Voy. /oumal de la Société dP encourage-» mtntde Milan^ tom. 8). Cette roche était regardée comme une stéatite à cause de son onctuosité au toucher. Selon les analyses du même auteur.

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elle contient silice 63: 5o^ alamine 9: 5o, cbaox 3^ magnésie i^ fer 8^ eau et acide carbonique li^ perte 4«

§ 242. Il ne sera pas hors de propos de faire quelques réflexions sur la position des rocbei achisteuseSé Le gneiss 'est généralement formé, comme on sait, de couches de mica qui alternent avec le feld-spath et quelques parties quartzeuses(i)i) en faisant abstraction des autres substances qui quelquefois s'y trouvent accideatellement Si cette roche avait toujours une position horizontale ou inclinée , on pourrait la considérer comme le produit d*un dépôt qui s'est opéré dans un fluide , et qui s^est adapté à la configuration du sol sur lequel il s^est fixé: mai? ceux qui ont observé les montagnes de gneiss, ont pu voir que souvent cette roche se trouve en couches verticales. Gomment concilier la position verticale des plaques du gneiss avec Yidk d'un dépôt qui s'est formé dans un fluide? Ce que nous disons des gneiss, on peut le dire encore des lames du schiste micacé , du quartz

(I) Dans les fonnatioiit fort étendues, cette roche est nijette ^ des modifications on à de$ acddens de cristallisation : tourent la qnwitké de feld-spath diminae , et alors le gneiss passe an mie»schiste ; d*aatre fois le quarta disparott » et si la proporcioii du mica diminue aussi , le gneiss se rapproche de cette roche feld-spathique qu^on a appelée weUsttin : enfin quelquefois on ne Toit plus ni k lûca I ni le feld-spath , et le gneiss devient on quarts un peu micacé-

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et de toute autre substance qu^on rencontre dans le gneiss en couches parallèles à celles de cette roche ^ et par conséquent verticales.

§ 243. Youdra-t-on supposer que les montagnes formées de gneiss ^^ furent produites par 'des précipitations successives ^ et que dans la suite elles furent soulevées et renversées de manière que ce qui était d'abord horizontal devint vertical? Qu^on considère que cette roche domine souvent dans quelques chaînes de montagnes dont retendue est de plusieurs milles, en sorte que si Ton veut concevoir horizontales ces couches qui maintenant sont verticales , ou Ton devra imaginer dans la superficie primitive du globe, un certain nombre de montagnes de plusieurs milles de hauteur perpendiculaire, qui, par quelque révolution extraordinaire , ont été renversées sur une de leurs faces; ou il faudra supposer que des extensions de plusieurs milles de terrain ont été èoulevées par une force qui agissait en dessous. La première de ces deux suppositions est contredite par les dimensions qui semblent établies dans les irrégularités de la superficie de notre planète; et la seconde n*est pas sujette à moins de difficultés, puisque le bouleversement qui se serait opéré, aurait dû laisser des traces. Nous aurons occasion de revenir sur cet objet , lorsque nous parlerons du renversement des montagnes; il suffira ici de faire observer que ces couches

verticales ou inclinées ^ sont souvent . ondulées , repliées, et présentent diverses formes sans qu*on y aperçoive aucunes fractures. Or ces apparences ne peuvent se concilier, avec Fécroulement de roches dures et pierreuses', et semblent démontrer que ces configurations de couches ont une origine antérieure à celle de. la consolidation de la roche ^ ou du moins une origine contemporaine de cette consolidation.

g ^44* Saussure dans le § a 89 des Voyages dans les Alpes ^ dit que comme les bancs de la majeure partie des roches ont été produits par une espèce de cristallisation confuse,, et que les cristallisations n^affectant aucune situation particvdière , se forment sous toute sorte d^angles , nous ne devons pas être surpris de voir des couches perpendiculaires à Thorizon , ou encore î contournées et dans une situation telle que les ! sédimens n* auraient jamais pu la prendre. Il revient sur la même idée au § 690 , où il dit que nous pouvons concevoir facilement de quelle manière les particules terreuses réduites à leur plus grande ténuité et suspendues dans un fluide, ont pu B*aglomêrer et former des couches verticales comme cela arrive quelquefois dans les cristallisations artificielles. Il paroît que Jameson a adopté cette opinion , puisque regardant la structure lamelleuse des critaux et des grandes couches terrestres comme ime variété du même

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phénomène ^ il conclue! que la situation verticale Jes couches n'est point Teffet d'une force qui les ait soulevées postérieurement à leur formation^ mais que leur position actuelle est la même que leur position primitive ( Yoy. BibL brie. , juillet 18 1 S). Je crois avoir déjà donné une démonstratioa assez évidente de Tinsuffisance de Thypothèse de la fluidité aqueuse primitive du globe. £q outre, il n^st rien moins que facile d'appliquer les phénomènes des cristallisations aux apparences que présentent les couches dont il s'agit ici ^ Bavoir , à leurs plis , leurs courbures ^ leurs sinuosités et leur parallélisme. Au contraire si nous considérons les roches schiisteuses coirime douées originairement d'une fluidité ignée, nous concevrons sans* peine que dans leur état de molr lesse , les diverses substances se séparèrent par un effet des affinités réciproques ^ et que dans la période de la consolidation , les séparations de continuité prirent des directions tantôt verticales, tantôt inclinées , quelquefois même horizontales ^ selon les circonstances et les combinaisons du refroidissement et des diverses impulsions des fluides élastiques qui se développaient à cette époque. Au surplusiy.on peut voir ce que nous avons déjà dit au g 14, sur la cristallisation des montagnes. Que si malgré les cKfficultés que nous avons signalées ^ on voulait adopter l'idée de Saussure, et regarder les roches dont il s'agit , comme formées par le

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