CHAPITRE XXXVin
La fluidité ignée originaire ne répugne point à la formation des gneiss et des roches primitives feuilletées.
§ 239. Lé gneiss est formé à peu près des mêmes èlémens que le granit. Je dis à peu prés ^ :ar ^ quoique ses parties essentielles soient le feld-spath laminaire ou granulaire et le mica ?n paillettes , le quarts s'y trouve aussi assez [communément Cependant cette roche diffère encore du granit par une structure particulière, étant toujours disposée par feuilles superposées les unes aux autres ^ et séparées par des couches de feuilles très-minces de mica. Le feld-spath est très-fréquent dans les laves ; le mica Test moins , et le quartz bien moins encore , quoiqu^on Yj ait remarqué quelquefois. Si donc nous consH dérons les parties qui composent le gneiss, nous verrons que la nature de ces parties ne répugne point à la fluidité ignée primitive de la roche» La difficulté pourrait venir de la texture ; mais % qu'on fasse attention que cette texture s'observe encore dans quelques roches qui ont certainement participé à la fluidité ignée. Dolomieu dans le Catalogue raisohné dfis laces de P£tna^ pag. 241 ,
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décrit une laye qai se trouve pires de la cfnn de TEtna , dans la plaine que Ton voit entre le^ ruines de Tèdifice appelé la Tour du PhiIosophe\ et le Monte Nuouo^ et qui en se refroid&sant^ a pris la configuration de plaques ou feuillet planes et minces. Le même naturaliste en parlant des laves du Mont d'Or, en Auvergne ( Voy. Jour' nal des mines , n.^ 4^ ) , a aussi décrit les feuillei d*une lave extrêmement dure , le plus soavent I |}ase de petro-silex, lesquelles ont un à deux pouces de grosseur , servent à couvrir les maisons comme les ardoise^ , et portent le nom de pierres de tuile. Elles sont communes dans les laves du Mont d'Or et du Gantai. Bory de Saint-Vincent dans son Voyage aux quatre principales îles de la mer et Afrique , tom. i , pag. 4^ , fait mendon de quelques laves de Ttle de Bourbon, qui se divisent en feuilles comme les ardoises. Dans le cabinet de Thomson à Naples, Humboldt a vu des laves litoldées du Vésuve ^ divisées en feuilles très-distinctes d^une ligne de grosseur. Enfin M.' De Faujas a décrit diverses laves granitoïdes schisteuses, et entr*autres une de File de Volcano, dans laquelle on observe une multitude de petits cristaux d*amphibole noir, minces, allongés et disposés en plans horizontaux qui forment de petites couches , et donnent à la lave un a^>ect schisteux, phénomène correspondant à celui de la position et de la distribution des micas dans
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le gneÎBs. On dirA que ce ne sont point ici des aTes <, et que ce sont des roches de kling^tein (0 m de phonolite y comme celles de la roche Sa^ ladoir en Auvergne; mais fobser?eraî que les pierres de la roche Sanadoir sont de vraies laves f anciens volcans éteints, puisque dans ces pier-* res , on remarque beaucoup de parties poreuses ^ lioarsouflées avec des cristaux d- amphibole et de
(1) XUngftetn (pîerrt sonore); ti la propriété de donner du Mm eont la percnation dn marteau , mérite d'être prûe es con^ Âdéradon dans vax système minéralogique 9 il me semble qu^it Hiffit de rindiquer par un adjectif ^ mais que cette propriété ne loit jamais constituer une espèce y ni faire ajouter un nouveau (etme à nne nomenclature déjà beaaconp trop étendue , vvi qu^il »*a^it ici dWe propriété physique qui peut convenir à des substances d*une nature très-différente. Dans les champs Phlégréens^ Ml voit assea communément des tufs qui taillés en plaques, sont tellement sonores , qtt*on ne les connolt que sons la dénomination tie tnfr à cloche » iufi a campana^ Pallas fait mention d*un grès très-dur et sonore qu*on trouve en Crimée. Dolpmieii a observé |ue les roches de trapp sont souvent sonores, et que cette propriété est encore commune à quelques ardoises et pierres ^alcairea secondaires. Pour ce qui regarde le vrai kiingstein det àUenuucida ou phonolite des Français , on peut lire le IttémoiM it Danboisson inséré dans le Journal de ph^sijufi « tom. 56. Ce avant naturaliste après avoir examiné les caractères physiques ^ chimiques et géognostiques de cette pierre, condud en disant qoe ccmnne le phonolùe est presque toujomt aeconipagné du basalte, qa*i| passe quelquefois à cette substmic^ par des ;bo* i&ificationa insensibles, et qu*on ne le trouve que dans les pays batalticjues , ou qu^on soupçonne avoir été volcanisés , la questiox^ qu*on peut élever relativement à son origine | et celle de fort* sine des basaltes, semblent être connexes»
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pyroxène ( Voy. Journal de physique , tom. 67 ^i Les exemples prècèdeminent cités » dèmontrenl •que Torigine îgnée peut se concilier avec la propriété d'être sonore et avec le caractère d la structure laminaires.
§ 240. Pîctet a vu en Irlande ( Voy. BihL brit.y tom. 195 pag. 373), un schiste primitif à larges feuilles , mêlé de rognons et de filons de quartz^ et visiblement ondulé , de manière que les couches tant du schiste que du quartz ^ étant pliées , formaient autant de lignes courbes. Les ondulations de la matière pierreuse observées par Pictet, étaient si singulières et si variées dans tous les sens, et sous toutes les courbures imaginables^ quelles pouvaient être un objet de surprise même pour ceux qui sont peu habitués à faire des observations géologiques. Cette souplesse et cette flexibilité supposent dans la matière pierreuse <, un état de demi-fluidité ou une consistance pâteuse qu'on peut concevoir jusqu^à un certain point dans Tunion des feuilles plus ou moins minces qui constituent le schiste micacé pur: mais que cette fluidité ait encore appartenu aux filons de quartz, lesqufïls forment des couches qui alternent avec celles di) schiste , et participent aux mêmes courbures, c*est ce qui répugne à toutes les connoissances positives que nous avons sur ce genre de pierre. Quelque éloigné que fut Pictet d^adopter des idées systématiques, il ne put