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Ces pîenres ont été très-fréquentes dans les antennes éruptions par lesquelles fut produit le mont Somma (le Vésuve de Strabon) qui a la Forme d^un demi-amphithéâtre et environne en partie le Vésuve actuel. Elles ne sont pas entièrement étrangères aux éruptions modernes, puisqu'en parcourant un jour le cône du Vésuve, je trouvai sur sa superficie , un gros morceau de pierre calcaire , à gros grains écailleux, semblable à une des variétés de marbre grec. M/ Ménard dans ses Observations sur F état du Vésuve^ imprimées à Paris en i8i5, pag. 'jS , dit avoir aussi observé autrefois un morceau de marbré blanc sur le cône du Vésuve en descendant du côté de Bosco. On croit communément que ces pierres n^ont pas été exposées à Tarction du feu^ mais qu^elles ont été détachées des couches internes de la terre et lancées par la force des explosions du volcan; mais comme ce volcan s* est formé à la base des Apennins calcaires (0, il est
(i) L* Apennin voisin du Véinvc , ett ibnné de pierre calcaire coquillière i comme le démontrent les poissons fossilea de Stahia^ les corps marins microscopiques de Castellamare et les orthocératices de Vico, Dans le Joumtd de physique (août 1810), oa rapporte quelques analysés de dolomies , faites par Klaproth ; et entr*antres, Tanalyse d'une dolomie prise de PApennin de Castel" Itmare. Gmnme je n*ai observé dans cette contrée , aucune variété de pierre calcaire primitive, je me crois autorisé à dire que Klaproth a travaillé aur^un morceau erratique, ou lancé par le Véauve qui est dans le voisinage > ou provenant de» minea de
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probable que son acûon «e eoit principaleroeut dirigée sar cette pierre. Un savant naturaliste de mes amis ^ MJ Thomson ^ se trouvant à Castellaroare^ et examinant quelques pierres qui provenaient de la démolition d'un four dans lecpiel on avait calciné de la pierre extraite des collines voisines, observa que quelques-unes de ces pierres avaient perdu leur couleur et étaient devenues blanches; et que d'autres dépouillées de leur forme granulée primitive, avaient pris Fapparence du marbre blanc , à gros grains plus ou moins cristallisés, et compacte. Dans la riche collection minéralogique de M.*^ Thomson, fai eu plusieurs fois le plaisir d* observer la précieuse série d'échantillons dans lesquels on pouvait suivre toutes les modifications produites par le feu, sur la pierre calcaire commune de F Apennin, depuis son état naturel jusqu'à sa parfaite transformation en marbre calcaire.
§ 256. Les sa vans compilateurs de la Bibliothèque britannique, fidèles à l'engagement qu ik ont pris de rapporter toutes les découvertes qui
qaelque ancien édifice/ Pamii le* marbres noblet employfs par les «ncientf on trouve fréquemment la dolomict et Ton ignore de quelle contrée de la Grèce on la tirait. Dolomieu, à la mémoire duquel on consacra la dénomination de cette pierre, fat le premier à en observer quelques morceaux dans lea ruines da mont Palatin à Rome $ et fen ai trouvé moi-m^me de fort belles plaques dans les mines du temple de Sérapit à Pouixole f Voy. $47)*
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peuvent intéresser la géologie ^ n^ont pas négligé la belle observation de Thomson^ sur laquelle ils ont d^aillenrs fait cette réflexion très-judicîeuBe ( Yoy. woh 8 ) qu'il est possible que dans les couches calcaires dont on extrait la pierre pour faire de la chaux à Castellamare , il y en ait quelques-unes de texture granulaire ou saline qui , par Tac tion du feu ^ perdent le principe colorant auquel elles doivent leur teinte grisâtre , et présentent en sortant du four , Tapparence d^un marbre blanc comme celui de Carrare, Ce raisonnement est fondé sur Tobservation ^ que ^ parmi les bancs coquilliers dont on tire la pierre de chaux sur la montagne de Salève ^ près de Genève ^ on voit des veines cristallisées , dont la texture est purement saline^ et qui ne renferment point de dépouilles de corps organiques. S^il en était de même dans TÂpennin ^ on pour* rait croire que les couches de cette espèce de roche ^ décolorées par le feu , ont pris Tapparence du marbre.
§ a 57. Il est à souhaiter que les minéralogistes napolitains qui peuvent facilement répéter Tobservation de Thomson ^ veuillent bien s*occupef (le ce fait qui mérite d'être confirmé ou rectifié. Autant que je puis le rappeler à ma mémoire , la pierre calcaire et la série des échantillons que fai examinés plusieurs fois ^ présentaient des phénomènes qui excluaient les doutes de MM.
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les compilateurs de la Bibliothèque britannique j et je me souviens fort bien d^un gros parallè^ lipipède scié et poli , dans lequel une partie con^ servait encore son grain et sa couleur naturelle^ qui, pourtant par une gradation insensible, se modifiait au point , que la pierre semblait s^étre transformée en marbre salin ; et que malgré Faction du feu auquel elle avait été exposée^ elle avait conservé un degré de dureté qui la rendait susceptible de recevoir le poli , et retenu son acide carbonique. Cet échantillon doit appartenir maintenant au Muséum de TUniversitè d^Édimbourg, où fut transportée la précieuse collection de Thomson : il faisait partie de Tune de ces séries que ce savant naturaliste avait formées pour éclaircir plusieurs point de géologie. Quoique les conséquences qu^on peut déduire des échantillons dont je viens de parler, soient peut-être contraires aux théories de Tillustre professeur de cette Université , M/ Jameson , j'espère néanmoins qu'il ne négligera pas les occasions qui pourraient se présenter , de donner à la collection vésuvienne de M.' Thomson , la publicité qu'exige Tamour de la science..
§ a58. L'acide carbonique ne peut point se séparer du carbonate calcaire pendant que celui-ci exposé à l'action du feu , se trouve comprimé et resserré par d'autres substances qui empêchent le contact libre de l'air et le dévoloppement des
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ga2; et il est probable que les échantillons re- :aeilli8 par Thomson, étaient situés dans Pintérieur in mur de la fournaise. Parmi les divers corps ]iii furent enveloppés par la lave du Vésuve de [794 1) il y eut quelques pierres calcaires, qui, lepuis retirées des excavations faites dans la lave , font effervescence avec les acides , et pos^ cèdent leur acide carbonique dçnt elles ne purent le dépouiller, vu la compression de la lave qui les resserrait : c^est ainsi que les arbres saisis et recouverts par la lave , braient à la partie supérieure exposée à Tair ; tandis qu*ils se conservent presque intacts et ne sont que légèrement noircis à la superficie du tronc qui se trouve en contact immédiat avec la lave. Yoigt dans son Foyage tiUnénjUogique a4AX monts basaltiques de la ffesse , lettre première , parle d^un basalte qui contenait des morceaux angulaires de pierre calcaire laquelle n*était pas du tout altérée, et cherchant la raison de ce phénomène , il juge qu*on doit Fattribuer soit au peu de chaleur de la lave, ce qu^il ne croit pourtant pas probable , soit à la difficulté qu*il y a de calciner la pierre sans le concours de Tair. Le savant géologue Hausman de Gothingue m*a raconté , qu* ayant examiné quelques pierres calcaires dont on s*était servi pour la construction de hauts fourneaux de fusion de fer, dans la ^ermolandie, en Suède, il trouva que celles qui avaient été placées au
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fond ou sur les parois voisines ^ n^ètaient nnllement altérées; et il est à remarquer qu^au corn- Hiencement de Topération ^ c^est-à-dire , avant que le minéral se fonde , les pierres même s^attendrissent et deviennent molles au point que, suivant Texpression de Hausman, une vei^e de fer peut y pénétrer aussi facilement que dlans la neige. Ueau qui sous une corapressioa bien moindre, bout et se réduit en vapeur à une température beaucoup plus basse, la compression venant à croître , exige une température proportionnellement plus élevée, ce qui prouve qu il y a des ccMrps capables de résister à une trèsgrande chaleur, sans évaporation ou dispersion de leurs parties volatiles , pourvu qu^ik soient fortement comprimés. Uidée que la pierre caU caire primitive avait souffert Taction du feu et qu*elle lui devait son aspect et son grain cristallin, n*était donc pas absurde.
§ 259. Ce qui n^était cependant en 1798, qu*une simple et vague conjecture à laquelle une observation isolée avait donné lieu , est devenu beaucoup plus probable par les belles expériences de M.' James Hall. Depuis TOlustre Lavoisier, pour me servir de Texpression de M.' Pictet, on n*a vu aucun individu faire de si grands sacrifices , et des sacrifices si utiles i la science , que ceux- par lesquels M.^ Hall s^est distingué dans ses recherches qui offrent un
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modèle de persévérance et de sagacité dans Tin-* ventioQ et la conduite de quelques centaines cTexpèriences délicates^ difficiles et quelquefois dangereuses. Le recueil authentique des princi* paux produits de ces expériences fut déposé au Muséum britannique en 1 804 ^ et le double fut envoyé à Tlnstitut de France. Malgré cela^ il ne paroît pas qu*on ait donné à cet intéressant travail ^ toute Tattendon qu il mérite. On ne pouvait pas nier les faits; on en a dissimulé les conséqfuenees , et les phénomènes sont tombés dans ToublL Peut-être faut-il attribuer un pareil oubli à la prépondérance qu^ont sur Tesprit des géologues les principes du système neptunien peu favorisés par ces expériences. Que d*efforts u*a-t*on pas dû faire pour débarrasser la physique ^ des qualités occultes ? La grande ame de Galilée ne put s*en délivrer entièrement. Il est probable que le même sort est réservé , en géologie^ à ces mystérieux dissolvans qu^on a supposés exister dans Teau lors de la première formation du globe. Peut-être encore Tinvrai- «emblance qu*on ne peut que remarquer dans quelques parties de la théorie de Hutton , a-t*elle contribué à faire négliger des expériences faites pour soutenir cette théorie. Mais ce ne serait point le premier exemple de vérités importantes qu*une opinion erronée aurait fait découvrir. Ûhypothèse de Hutton sera fausse pour ce qui
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regarde Texistence actuelle du feu agissant aa« dessous du fond de la mer avec un tel degré dUntensitéi) qu'il soit capable, d^abord de changer en couches solides et compactes , les débris du continent charriés et distribués par les eaux; puis de soulever et renverser ces couches , et de produire de cette manière de nouveaux conti* nens : mais il peut être vrai que le feu ait agi dans la première formation du globe et des subs* tances qui accompagnèrent la première période de son existence ; et ^nfin ce que Hall a démontré par des expériences réitérées et . décisives , sera toujours vrai , savoir <, que si Ton expose à Taction d^une chaleur intense et sous une forte compression , la pierre calcaire réduite en pondre, ooi la verra se régénérer en pierre eflFervescente dans les acides, ayant la dureté et le grain des marbres salins ; on verra aussi ses parties internes, là où elles trouveront des vides convenables , prendre la figure rhomboïdale qui convient au spath calcaire. Qu^on réfléchisse sérieusement sur ce phénomène qui nous présente une cristallisation pierreuse régulière de carbonate de chaux , produite par Faction du feu. Gomme Fouvrage de M." Pictet ci-dessus cité , est dans les mains de tous' les géologues, j'ai cm pouvoir me dispenser de rapporter en détail les expériences de M/ Hall , et je me suis borné à indiquer le principal résultat de ces expériences, relativement à la pierre calcaire.
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§ iï6o. Tobserverai ensuite que même sans la compression^ et par la seule action d*une chaleur très-intense, Bucholz a obtenu de la craie pulvérisée , une substance analogue au mai*bre. Voulant préparer de la chaux yhe^ il mit dans tin creuset de Hesse, quatre livres et demie de craie pure et lavée, et la couvrit avec une brique. Il laissa le creuset pendant une heure, dans un fourneau à vent , exposé à un feu rouge-clair , d^ abord violent. Examinant ensuite la craie contenue dans le creuset , il trouva qu'elle avait diminué d'un sixième de son volume. La partie qui était à la superficie et près des côtés du creuset , était transformée en chaux vive jusqu'à une ligne de profondeur ; mais ensuite venait une masse très-dure et solide , à demi-fondue , d'ua blanc jaunâtre et tirant insensiblement sur le rougeâtre. La texture de cette masse était laminaire et si dure que dans quelques endroits , elle coupait le verre. Sous cette masse schisteuse, il y en avait une autre qui présentait des signes de fusion encore plus évidens. En faisant dissoudre cette craie fondue , dans Vacide muriatiqiie , elle perdait •!& d'acide carbonique , qui , doué de toutes ses qualités, n'avait éprouvé aucune altération. On peut déduire de ces faits , que , 81 parmi les diverses matières , qui , lors de la première formation du globe, étaient tenues dans l'état de fluidité par le calorique disséminé et
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terre calcaire. L'expérience de Bucholz que j'ai précédemment rapportée ^ démontre qu'on peut obtenir cet effet même sans la compression ou du moins sans une compression considérable. Lesi faits prouvent donc qu'il y a des circonstances dans lesquelles la force divellente du calorique est détruite ou suspendue. Je ne vois par conséquent rien qui répugne à la supposition que les molécules de Facide carbonique venant à se ren* contrer avec d'autres molécules de chaux pore, dans une température très-élevée et sous uo certain degré de compression, peuvent se combiner ensemble et former un carbonate calcaire. Les chimistes n'ignorent pas combien grande est la forcé de l'attraction qui existe entre la chaux pure et l'acide carbonique.
§ 262. Quelque temps après la publication de mon Introduction à là géologie ^ on imprima à Paris l'ouvrage de Lenglet, sous le titre ^Introduction à Fhistoire et recherches sur les dernières résolutions du globe et des plus cmcieru peuples connus. L'auteur parlant de la fluidité ignée primitive du globe, élève la même difficulté que M.' Piho , et dit que les substances acidifères le mieux connues et les plus conmiunes^ sont les carbonates, les sulfates et les phosphates calcaires; or un degré de chaleur peu considérable suffit pour séparer ces acides de leurs bases; donc un embrasement général n'a pas pu les comUner;
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cependant le même auteur donne la réponse suiirante : En supposant que la température du globe relève progressivement à un degré tel que Teau ]e la mer s* évapore, et que toutes les pierres calcaires soient dépouillées de leur acide et reluîtes en chaux vive ; en supposant encore (|ue la masse de Fatroosphère accrue des premiers gaz et des premières vapeurs, ne s^opposât pas invinciblement au développement des autres, on conçoit que de semblables matières fondues et volatilisées , reprendraient peu à peu , à chaque degré de refroidissement, leur primitive fluidité ou solidité: on conçoit encore que les combinaisons détruites par les accroissemens de chaleur , pourraient se former de nouveau , pendant la diminution de cette chaleur ; par exemple , à mesure que les eaux suspendues dans Tatmosphère , se précipiteraient , la chaux vive d* abord mise en effervescence , puis réduite en poudre ^ et enfin dissoute, se combinerait avec ce fluide; et cette combinaison pourrait continuer jusqu^au degré de saturation, c^ est-à-dire, jusqu^à ce que la quantité de la chaux dissoute fût à la masse entière de Tocéan comme i : 5oo. Dès-lors , le gaz acide carbonique , le plus pesant des gaz de l'atmosphère, se trouvant en contact avec la superficie de Teau , serait progressivement absorbé par ce fluide , et se combinant avec la chaux dissoute, ne manquerait pas de la précipiter.