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CHAPITRE XLI

Les caractères physiques et chimiques du calcaire primitif ne sont point en opposition at^ec sa fluidité ignée originaire.

§ 2 54. Dès Tan 1798^ époque à laquelle on ne parlait pas encore des belles expériences de Hall , lescpielles ne furent connues qu*à la* fin de Tan 1804 (1)5 f annonçai que je soupçonnais que quelques roches calcaires avaient souffert Faction du feu. Cependant je ne proposai une pareille idée qu^avec cette timide réserve dont il convient danser lorsqu^on hasarde une conjecture contraire à la manière de penser communément reçue ^ et à laquelle on n^a pu encore donner pour appui des expériences décisives. Voici comme je m^exprimais, pag. 367 de la Topographie physique de la Campanie , imprimée à Florence en 1 798 : « Il y aura donc des marbres calcaires ^ ^ qui^ non-seulement auront souffert Taction 3» du feu, mais qui lui devront encore leur

(i) M.' Hall communiqua let expériences à 1* Académie d'Edimbourg dani le mois d*août 1804. Cet expériences fîirent publiée» dans le mois de décembre de la même année «t insérées dans la Bibliothèque britannique. Elles obtinrent ensuite beaucoup de célébrité lorsqu'elles fiurent imprimées en un volume i à Genève > 1807, par les soins de M.' Pictet.

4o4 IKSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.

3» consistance et leur texture actuelles? Le gran^ 30 rocher de marbre de Carrare pourra donc 3» être Touvrage du feu? Je prévois Timpressiot 3» peu favorable que ce doute pourra faire sui 3» Fesprit de beaucoup de gens. Dans toute science] » il y a certaines idées fondamentales qu^on i 3» reconnues pour vraies d un consentement una^ yt nime : oser les combattre ^ ou proposer des 3» objections contre ce que le plus grand nombre 3» regarde comme évident ^ c'est s^ exposer à la 3» dérision .... Peut-être un jour serons-nous con- 3» vaincus que dans la formation du globe et 3» des substances qui le composent y le feu a 3» beaucoup plus agi qu^on ne le croit commu- » néroent. Peut-être retournerons-nous aux sys- 3i> tèmes des Buffon, des Leibnitz\ des Moro 3i> et de plusieurs écoles des anciens ; mais ce » sera par une voie digne de ce siècle , c'est-à- 30 dîre^ par celle de l'observation et de Fexpé- 3» rience qui est la seule qui conduise à la vérité.» § 255. Mes doutes étaient fondés sur le fait suivant: le Vésuve a rejeté de. son sein, beancoap de morceaux détachés d'une pierre calcaire, lesquels paroissent n'avoir point été altérés par le feu. Plusieurs de ces morceaux ressemblent parfaitement au marbre calcaire primitif, et Ton en voit même quelques-uns à grain petit et saccaroïde , qui présentent très-souvent le phénomène de la phosphorescence par le frottement.

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