CHAPITRE XLIV
Réflexions générales sur les porphyres.
§ ^69. On a donné le nom de porphyre aux rochee composées d^une pâte principale^ cora-. pacte , dans laquelle sont implantées et pour ainsi dire empâtées d'autres substances cristallisées en forme tantôt régulière, et tantôt indé« terminée. Ces substances sont communément les feld-spaths ; mais on y Voit encore assez souvent les micas, les quartz, les amphiboles, les cal* cédoines, etc. La différence qu'il y a entre le granit et le porphyre , consiste donc en ce que dans le premier , les parties sont unies au moyen d^une adhérence réciproque produite par une cristallisation contemporaine; tandis que dans le second, on remarque une pâte qui' joint ensemble les divers composans. Cependant ces roches se confondent quelquefois Tune avec Tautre , par des passages insensibles , en sorte qn^ii est impossible d'assigner entr'elles une ligne de démarcation ; et il arrive souvent qu'on doute si tel ou tel morceau appartient à la classe des granits ou à celle des porphyres. Si dans. un porphyre , les fejd-spaths , les micas , les quartz , etc.^ sont si copieux qu^^ils puissent prévaloir
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sur la pâte qui les unit, et la dérober à nos sens , ce porphyre semblera un granit : au con* traire si dans un granit i» il y a quelque élément qui prédomine sur tous les autres^ on pourra confondre ce granit avec le porphyre. C^est à cause de cela , que Dolomieu dans son Mémoire sur les roches composées , a dit qu'en géologie ^ toutes les fois qu'on traite des porphyres , il con- Tient de les considérer comme appartenant au même système de formation que les granits. Parmi les porphyres, a figuré long-temps cette belle roche dite porphyre orbiculaire de Corse ( Yoy. § Si ), dans laquelle on remarque des taches globuliformes , qui ont depuis un fusqu à trois ponces de diamètre, et dont Tintérieur est composé d'une substance qui , au premier aspect , paraît un feld-spath de couleur de rose pâle , disposé en rayons qui sont des ébauches de cristaux terminés en pointes aiguës , et divergentes du centre à la circonférence : mais M.' Monteîro a démontre ( Voy. JourruU des mines , mai et juin 1814), 1 .** que cette pierre est composée de feld«spadi et de quartz chargé de fer à divers degrés d'oxidation; a,^ que sa structure est très-différente de celle du porphyre; et à cause de cela, il propose de Texclure de la classe des porphyres , et de lui donner le nom imaginé par Haûy , savoir , celui de pyroméride ^obukux , pour indiquer que Fun de ses élèmens
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le feld-spath) est fusible, tandis* que Fautre le quartz) n^est point altère par le feu. § A 70. Quelques naturalistes ont voulu recher* rlier ei les feld-spaths , les quartz , les micas et es autres substances qu^on trouve dans les por- >hyre8^ sont des bristallisations formées antérieure^ nent et enveloppées depuis dans la pftte por- )hyritique, ou si ces substances ont résulté de a réunion de leurs parties à Tépoque de la consolidation de la masse qui les renferme. Dans l>eaucoup de porphyres, on observe des feldspaths régulièrement cristallisés , avec des angles 3t des arêtes vifs et bien déterminés , quoiqu'ils M>ient enveloppés et comprimés en tous sens par la pâte, de sorte qu^en les détachant de cette pâte , ils y laissent leur empreinte en forme d'alvéole. Les cristallisations régulières exigent an espace dans lequel les parties de la matière qui doit se cristalliser, puissent se rapprocher librement, et soient pendant quelque temps en équilibre et comme suspendues. Dans la conso* lidation d'une roche compacte et unie , comme sont les porphyres, il paroît dif&cile d* admettre une combinaison assez favoraUe pour que les autres matières que contient la roche, puissent se cristalliser sans qu'il survienne la moindre altération dans la régularité des faces et des angles des cristaux qui se forment. On peut donc croire que les substances contenues dans les
porphyres ^ se sont cristallisées avant la consolidation de la roche qui les a enveloppées, mais il faut réfléchir que quand les roches porphyritiques. étaient encore dans Tétat de fluidité ou de mollesse , plusieurs cristallisations pouvaient se former au milieu d'elles ^ et que plusieun séparations de substances pouvaient aussi avoir lieui, comme nous le dirons aiUeurs et principalement lorsque nous traiterons des cristallisations renfermées dans les laves. Nous nous bornerons pour le moment à rappeler à la mémoire des lecteurs ce que nous avons dit dans le § aSo et suiv. Si les molécules élémentaires des quartz, des feld-spaths , etc., éUiient répandues dans la masse porphyritique encore molle, Fattraction qui règne entre les parties similaii'es , pouvait obliger ces molécules à se dégager du reste de la masse et à se cristalliser séparément.
§ ayi. Quoiqu^en Europe le porphyre soit moins abondant que le granit, il est toutefois assez fréquent sur la superficie du globe. Patrin Ta trouvé dans la chaîne de TUral et du petit Altai entre TOb et Ilrtisch. Il y a en France^ diverses chaînes de montagnes porphyritiques dont Tune des plus intéressantes est celle qu^on voit entre Lion et Clermont, et qui embrasse les contrées de S.^ Just^ de Rohanne et de Thyers. Les porphyres abondent en Saxe, en Bohême^ en Hongrie; et les mines de Schemnitz sont