LIVRE m. CSA?. XLIII
seqpeotine alternant avec la eiènite ( Tableau physique^ etc., pag. laS); et dans ï Essai poli-tique sur le royaume de la Nouvelle Espagne^ il raconte qne dans Texcavation du grand puits de la mine de Valenciana, on découvrit des bancs de siénite, de schiste amphibolique et de véritable serpentine qni alternaient entr'eux. Ge phéno^ mène de la siénite alternant avec la serpentine, se fait encore remarquer dans Fîie de Cuba, près du village de Régla , et cette serpentine abonde en diallage chatoyante. M.' Cordier ayant examiné les gîtes serpentineux de la Haute Vienne, de la CoiTèze , du Lot et de F Aveyron , a déduit Texistence d^une couche puissante de cette roche au pied du revers occidental des montagnes de Tintèrieur de la France sur une étendue d^environs 5o lieues , au milieu des granits et du gneiss. Dans quelques lieux de Fltalie, du côté de la Méditerranée comme de celui de rAdriatique, on voit la serpentine former des groupes plus ou moins étendus, séparés les uns des autres par des intervalles de plusieurs milles , ce qui a fait penser à Brocchi (Voy. Conchiologie fossile sous^'opennine i^ pag. 37 ) que la serpentine est la roche primitive sur laquelle se sont élevées les montagnes de TApennin. Cependant dans un endroit de cette branche de T Apennin qui passe au nord-est du Vésuve, fai observé le calcaire placé sur le mica-schiste ( Voy* Voyages physiques
4^6 INSTITOTIOnS GÉOLOGIQUES.
et Utholùgiques dans la Campanie ^ tom. i , pag. a5 )• D'après lea observations faites par De Bocti^ sur les roches qui sont autour du Cap-Nord , dans la Silèsie , dans la Ligùrie , et à Prato en Toscane^ la diallage appartient aux dernières chaînes des formations primitives^ et touche de près les formations de transition ^ ce qd*on peut dire encore de la serpentine qui la contient ordinairement.
% a68. Je ne connois point de produit volcanique dont les caractères ressemblent à ceux de la serpentine^ et Ton sait Timposture de quelques lapidaires napolitains, qui, sous la fausse dénomination de lave du Vésuve, vendent des morceaux de serpentine qu^ils ont travaillés et qu^ils trouvent sur la plage de la mer où ils ont peutêtre été jetés par des vaisseaux auxquels ils servaient de lest. Mais je lis dans le voyage d^Islande, par Mackeusie , que les couches d^amygdaloïde volcanique de la montagne d*Akkrefell, sont traversées par des veines de serpentine d^environ 4 pieds de grosseur, ce qui peut nous portera croire que cette serpentine est d^origine volcanique , puisqu'elle a son gisement dans une montagne volcanique, et qu'elle est renfermée dans une substance évidemment volcanique. Patrin dit encore que dans le Limousin , en France, il y a une serpentine qui a été regardée par quelque savant naturaliste^ conune volcanique, et il pense
laYRE HI. GHAP. XLni. 427
lai-méme que la polarité dont sont douées quelques serpentines ^ et qui leur est commune avec les prismes basaltiques^ peut donner lieu à conjecturer une identité d* origine. La raison sur laquelle il fonde sa conjecture ^ ne me paroit pas fort solide. Je ne conteste point que . Torigine de la serpentine de Limoges ne puisse être volcanique^ parce que j* ignore les circonstances géognostiquea de la formation de cette pierre. Je ne dirai pas néanmoins que les serpentines qui se trouvent unies aux roches primitives^ ou constituent des roches indépendantes^ soient des produits volcaniques 1, parce que je crois que' les volcans nVxistaient point lors de la première consolidation de la superficie ten^estre ; mais je ne vois pas de motif qui m^engage a penser que le feu n*a pu contribuer à la formation des roches magnésiennes, de la même manière qu^il me papoit avoir coopéré ^ la production du calcaire primitif, qnoiqu^il n*y ait point de produit vcd.canique qui participe aux caradMferes de cette roche. Parmi les variétés de la serpentine, ceUe dite noble ou vert-antique ('), est composée de parties calcaires fort considérables et de parties
(i) Le vert-antique dont noua parlon* ici, est diff^nt du 9ert-imiique dei lapidaires qui ont donné ce nom au porphyre ▼ert , ophyte des Français. Le vert-antique composé de parties magnésiennes et calcaires , est cette roche que Brongniart t^ appelée ophircaice veinée.
428 INSTITUTIONS CÉOLOCIQUES.
de serpentine verte. Dans ce beau marbre ^ on observe que souvent les parties calcaires blanches ont été pénétrées dans leurs contours, par la substance magnésienne verte qui s'y est insinnce jusqu'à une certaine profondeur, perdant graduellement sa couleur, ce qu'on ne saurait expliquer sans concevoir un état de fluidité dans lequel les deux substances douées d'une diverse couleur et d'une nature différente, se sont réciproquement pénétrées jusqu'à un certain point. Il est vrai que le même efiet peut avoir lien ai Ton suppose les- deux substances dissoutes dans un fluide aqueux , mais il me semble inutile de répéteiT ce que j'ai déjà, dit sur la fluidité des roches primitives. J'observerai enfin que M.' Faujas (Yoy. sa CUtssijkation des produits îh^Iconiques, pag. 652 ) dans une lave noire compacte du volcan de Valmaargne, près de Montpellier , à trouvé la diallage verte , substance assez commune dans la serpentine , qui aouv^it renferme aussi les grenats (Voy. ce que nous avons dit sur le grenats, § 244 ). De tout cela nous concluons que les caractères des roches magnésiennes et des substances qu'elles renfer* ment communément , ne répugnent pas du tout à leur origine ignée.
Livss iir. CHAP. XLiy. 4^9