LIVRE III. CHAP. XLTI. 45l
sans faire feu avec Tacier, si ce n*est dan» quelques cas particuliers. Sa couleur varie également depuis le noir le plus intense jusqu^au noir le plus foible et passant au gris. On trouve aussi des trapps d^un noir bleuâtre^ d*un noir rougeâtre et d*un noir jaunâtre^ en raison des divers degrés d^oxidation du fer que ces trapps renferment. Les modifications de leur principe colorant les fait même passer quelquefois à la couleur verdâtre et même à la couleur verte« Leur trituration donne une poussière presque blanche. L'action de Tair les décolore dans certains circonstances sans altérer leur dureté. Le barreau aimanté agit sur le trapps en général lorsqu'ils n^ont point subi d'altération ^ fortement dans quelques variétés^ foiblement dans d'autres, et nullement dans quelques cas particuliers.
g 2t83. Lorsqu'en 1811 i^ je publiai Ylntroducr don à la géologie ^ j'annonçai que je regardais les trapps primitifs comme des roches amphiboliques , en quoi mon opinion était conforme à la doctrine wemérienne; et leurs caractères extérieurs décrits par Faujas avec tant d' exactitude et de précision^ ne s'opposaient certainement pas à cette proposition. Malgré cela, dans l'opuscule précité , M.' De Faujas me fait un grave reproche, en disant que si j*avais examiné avec attention , la disposition et la nature des trapps
45a INSTlTtrxiONS CfOLOClQUES.
dlntra qu'on voit sur les bords du lac Vcrbano, à une journée de chemin de Milan ^ faurûs changé d'opinion. Je ne dissimule pas que lorsque je publiai Y Introduction à la géologie, je n'avais que très-peu de notions certaines sur les trapps d'Intta, et celles que je pouvais avoir, m'avaient été communiquées par un savant de mes amis^ M/ Amoretti (0 chez lequel j'avais observé plusieurs échantillons de cette roche. Mais depuis cette époque ^ désirant de me conformer aux admonitions de M/ De Faujas , je me suis transporté deux fois à Intra, savoir, en i8ia et i8i3. Après avoir lu son écrit, j'étais tout disposé à changer de sentiment , si les observations que j'allais faire , me démontraient que j'étais dans l'erreur. Mais quelque soin que j'aie apporté à examiner divers filons du trapp d'Intra, cet examen m*a confirmé encore davantage dans mon opinion.
§ 284. M/ De Faujas dit qu'il n'y a point de géologue qui n'ait reconnu que les roches dans lesquelles prédomine l'amphibole, sont dans leur gisement plus particulièrement dirigées vers la
ligne des granits proprement dits, avec lesquels
(i) Je ne puis nommer ce digne ami que depuis peu de tempi j*ai eu le malheur de perdre, sana éprouver le beaoin de répandre quelque! fleurt sur sa tombe, et de rendre hommage an zèle dont il était animé pour les sciences naturelles, à «a vaste érudition et aux ezceUentes qualités de son cœur.
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elles ont une espèce de filiation, tandis que les roches trappèennes semblent entrer plus spécialement dans le domaine des porphyres. Je ne nia point que les trapps ne gisent souvent dans le voisinage des porphyres; mais ceux d^Intra qui ont été Toccasion du reproche que m^a fait M.' De Faujas, sont précisément dans le cas contraire ; en sorte qu^il y a lieu de croire qu^il n^a pas eu le temps nécessaire pour examiner avec attention cette partie de la base méridionale des Alpes. Les filons de trapp à Intra sont encaissés les uns dans le gneiss, les autres dans le schiste micacé lequel confine et est même en contact avec les granits blancs du mont Orfano^ très-voisins de la grande masse de granit rouge de Baveno. Au contraire les porphyres les plus voisins d'Intra que je connoisse, sont au sud-ouest> ceux d^Arona lesquels s^étendent vers le lac d^Orta et vers Majora, et à Test, les porphyres de Yalgana qui se prolongent dans les contours du lac de Lugano. Ces deux formations porphyritiques sont beaucoup plus distantes d^Intra que les granits. Si donc, selon M.' De Faujas, le gisement voisin des granits convient aux roches amphlboliques , nous avons un premier degré de probabilité qui doit nous porter à croire que les trapps d'Intra peuvent être rangés dans la même classe que ces roches , puisqu'ils sont limitrophes des granits et à une plus grande distance des porphyres.
§ 285. Jettons un coup d*œil sur la constitatîon lithologique d'Intra. Son territoire eet forme par un schiste micâcè et quartzeux^ et par le gnebs ; et tant dans Fune que dans Tantre de ces deux substances pierreuses i^ il y a des couches subordonnées de trapp. A ce territoire sont contigus les granits blancs du mont Orfano^ les calcaires primitifs de la dandoglia et d'Ornavasso , et les gneiss de TOssola inférieure. Lors donc que cette partie de la superficie terrestre se consolida ^ les diverses substances obéissant à Vink'^ pulsion de leurs affinités^ se séparèrent en grandes masses ; mais cette division générale et en grand ne put empêcher que quelques mélanges n'eussent lieu dans de petites extensions. Je conçois par conséquent que dans cette période une grande quantité de substance amphibolique , répandue dans la matière encore molle ou produite par une combinaison de principes ^ se rassembla en très-grande partie et sous la forme de filons^ dans le schiste micacé ; mais que de petites parties de cette substance amphibolique restèrent dans la pâte des autre» roches plus voisines. Plusieurs observations viennent à Tappui de cette conjecture. Dans les granits blancs du mont Orfano ^ * et dans le calcaire de la Gandoglia et d'Ornavasso, deux espèces de roches très-voisines d'Iiitra , on trouve fréquemment des masses d'amphibole qui quelquefois forment des nœuds de