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plusieurs pouces de grandeur dans le granit^ et de petites masses ou filons très-minces de la m^me substance dans le calcaire. Outre Tamphibole ^ on y voit aussi disséminées plusieurs parties pyritiques. Celles-ci se font remarquer soit dans le calcaire ^ soit dans le granit blanc , et ce sont ces mêmes parties qui décomposées par Faction de l'air et de Teau , forment ces taches de couleur de rouille qui altèrent la beauté du granit et du calcaire. Elles se montrent dans les schistes des contours d'Intra , et quelquefois encore dans la pâte des trapps où elles produisent de fréquentes taches d'un jaune-rougeÂtre , lorsque la ilécomposition commence à attaquer quelque partie de la masse du filon.
§ 286. Observant ensuite la position des trapps d'Intra, et leur encaissement dans les schistes micacés et dans les gneiss ^ on reconnoît jusqu'à l'évidence la formation contemporaine de toutes ces substances. Je fis détacher plusieurs morceaux du filon de trapp qui se trouve près de la dernière cascade du torrent Selasca , et spécialement dans l'endroit où il confine avec le schiste micacé : parmi les divers échantillons que f observai , il y en avait tin très-intéressant dans lequel le schiste micacé est uni au trapp et coupé par celui-ci; et les deux substances sont tellement fondues et amalgamées ensemble ^ que quelques filets quartzeux du schiste s'insinuent dans la pâte du trapp.
En examinant avec attention ces ëchantillons ^ il est impossible de ne pas se convaincre que dans la structure lithologique de cette partie du globe^ le trapp appartient au même système de formation que le schiste. Enfin si Ton examine les morceaux erratiques transportés par les deux torrens qui renferment le territoire d^Intra , savoir*^ du côté de Saint Jean au nord-est, et de celui de Saint Bernardino au 6ud-ouest, et qui descendent des hauteurs qui dominent immédiate* ment Intra , on peut recueillir beaucoup de fort beaux échantillons de roches amphiboliques trèsbien prononcées. Si donc Ton considère le voisinage des granits et des calcaires primitifs , la fréquence des masses amphiboliques qu^ils contiennent, et la grande quantité de ces roches dans les contours d^Intra , on verra qu*il y a les plus grands motifs de probabilité pour admettre que ces trapps appartiennent à la même famille que les pierres amphiboliques , dont ils ne diffèrent en général que par la texture et le grain» Je dis en général , parce que parmi les échantillons que j*ai recueillis dans les filons voisins du torrent Selasca , il y en a un qui présente la texture laminaire cristalline de Tamphibole schisteux. J^ai reconnu la même apparence dans d^autres échantillons détachés de divers filons, comme d^un filon qui se trouve sur Caprezio près de Le Case, et d'un autre qui git au voisinage du pont
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à*l7nckio sur la rive du fleuve San Bernardine (0. On eait que Tamphibold schisteux est plus ou moins mêlé de quartz , qu'il contient souvent des particules pyritiques', et qu*il forme des couches subordonnées au schiste micacé^ circonstances qui se vérifient dans le trapp d'Intra ^ et qu'on peut observer en particulier dans le filon qui est visà-vis l'habitation du jardinier de la uilla jadis C€ÊCcia JPiatti. Au reste les trapps d'Intra ne sont pas les seqls qui ont leur gisement dans la formation granitique : je pourrais en nommer plusieurs autres et tout récemment nous avons lu dans le Journal de physique y mars 1 8 1 8 , un article sur la structure géognostique de la montagne de la Table y dans lequel on dit que le long da bord de la mer, depuis Gampbay jusqu'à Seapoint, on aperçoit des veines nombreuses de trapp dans le granit.
§ 287. Mais M/ De Faujas tftche de tirer avan*^ tage des analyses chimiques, en disant que les analyses les plus exactes nous font voir que les trapps les plus durs, ceux qui sont tendres et friables, ceux qui ont la texture écailleuse ou granuleuse ou compacte, ou l'aspect plus homogène, quelle ■' ■ I —^—— ———*—— ■ —————— ■ n
(i/Lonqae daac Ylntr^èuedùn à la géohgU^ tom. i, pag. aji , i*obierT«i dm» une note, cpe Je trapp d*Intra ne prétente dans «a texture, aucune apparence de cnstallisation > je n* avais pas encore vu les échantillons dont je viens de parler, .et dana lesquels on reconnolt la criatdUiiatioo filamenteuse de ràmphibolt.
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que soit leur couleur ^ fournissent les mêmes produits^ et contiennent les uns et les autres sans exception la soude ou la potasse. Ayant de répondre à cette difficulté, f observerai que dans les substances cristallisées et transparentes , les espèces sont déterminées non-seulement par la forme de la molécule intégrante et par la nature des élémens, mais encore par les propor^ tions de ceux-ci , lesquelles sont sensiblement constantes et uniformes : au contraire dans les agrégats pierreux , toules les fois que nous voulons les rapporter à des espèces minéralo^ques connues ou en former des espèces distinctes , ou ne doit, on ne peut considérer que la nature dès élémens et des principes qui prédominent. Les doses relatives seront toujours sujettes à varier. Quelles disparités ne présentent pas dans les proportions des parties constitutives des trapps, les. analyses mêmes rapportées par M*** De Faujas? Le trapp homogène et compacte de Norbei^, en Suède , contient i&- de silice , tandis que cdui également compacte de Renaison dans Tancien Forest , en a -^. Le trapp de Kira contient tSf de chaux, et celui de Renaison à peine quelque léger vestige: et si dans le trapp d^Adelfors le fer va au ^^, dans celui de Renaison entre le fer et la magnésie , il n^y a guère plus de -^^ Ignorant à quel système de formation appartiennent les trapps dont M/ Faujas a donné l'analyse » j'ai pné
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M/ le professeoT Moretti de faire Tanalyse da trapp primitif d'Intra ^ et il m^a communiqué les résultats suivans: siliee 49^''"* almnine 19, —* cbaux 6 : 5o , — * magnésie i : 5o , — oxide de fer ia;> — • soude et potassîe 6 : 5o, -*- perte 4 ^ ^ ^ total 100.
§ 288. Examinons maintenant les analyses de Famphibole faites par Kirvan^ 'Wiegldbe^ Her^mann et Bergman; nous verrons que dans toutes ces analyses, prédomine la silice, et que les autres parties composantes sont toujours Talumine , la magnésie , la chaux et le fer ainsi qu^on le remarque dans les trapps. Nous trouverons les mêmes produits dans les analyses de rhornblende cristaUisée, faites par KJaproth et par Langier. A la vérité dans ces analyses, oa ne fait mention d'aucune substance alcaline; mais dans d* autres analyses de quelques roches amphiboliques faites par Chevreuil et Klaproth, la potasse commence à se montrer. Dans cet état de choses, j^invitai M."^ Moretti que j*ai déjà cité,^ à entreprendre une analyse exacte de Thornblende schisteuse de la Thuringe, dont j* avala reçu quelque échantillon de la société minéralogique de Hanau, et il obtint les produits suivans: silice 54^ —• alumine ao, — • chaux 7, — magnésie 3, -^ oxide de fer , soude et potasse 4 ) *-^ perte i — total 100. Ayant analysé une autre roche amphibolique des monts au-dessus deDongo^
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près du lac de C6aie, il y trouva aussi les prio' cipes alcalins. De cette analogie qui existe entre les principes constitutifs des trapps primkifs , et ceux des roches amphiboliques , dépend cette propriété commune à Vune et à Tautre de ces deux substances , savoir ^ d^étre fusibles sans le concours d* aucun fondant, et de se convertir en verre plus ou mpins noir selon la quantité du fer et ses degrés d*oxidation. Si donc nous examinons les circonstances géognostiques du trapp d'Intra que M*' De Faujas m'a invité à observer , et sî nous confrontons les résultats des analyses chimiques des trapps avec ceux des analyses des roches amphiboliques , nous verrons une teUe analogie entre ces deux substances y que nous ne pourrons établir en elles une véritable différence spécifique.
§ 289. Mais, quelle aura pu être Forigine des trapps primitifs ? Je répéterai par rapport à cette substance pierreuse , ce que j*ai déjà dit en parlant des porphyres. Je démontrerai, en son lien, qu^il y a de puissans motifs de croire que si les roches trappéennes dites secondaires , ont été dans Forigine de vraies laves des volcans, et qa*à ces grands agens de la nature appartiennent ces substances pierreuses qui composent la formation trappéenne , formation mystérieuse , et qu*on peut volontiers supposer s* être reproduite à tant de diverses époques , il est très-probaUe
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que le feu a pareillement coopéré à la produc-* tion des trapps primitifs de la manière que f ai admis sa coopération dans la formation des autres roches primitives. Je ne dirai point que ces trapps ODt été produits par des éruptions volcaniques: j'insiste sur ce point, afin qu^on ne m'attribue pas, comme on ne Ta que trop fait, de soutenir que les granits, le calcaire primitif (0, les por* phyres , les trapps primitifs , etc.^ ont été des laves volcaniques. Je suis bieji éloigné d'avoir cette idée, et de vouloir soutenir une pareille opinion.
(i) Dans la nouvelle édition da DUt. d^hist. nur., ouvrage trèl-incéresMnt pour toutes les branches de Tfaistoire naturelle» i la page 876 du tome 17.* en parlant de la pierre calcaire rejf tée par le Vésuve , on dit : « Breislak la regarde aujourd'hui » comme un véritable produit volcanique : il va m^me beaucoup » plus loin y car il pense qu*on en peut dire autant des montagnes » de marbre de Carrara. i> Au $ 264 de cet ouvrage f ai rap^ porté ce que j*avois écrie sur cet objet dans la Topographie physique de la Campanie. Deux ans après dans les Voyages physiques et Hihologique* , tom. i , pag. 144 , j*ai dit : « Les fa*
> mentes carrières de marbre de Canrara pourraient donc être » Touyrage du feu? Ce nesi pas que les marbres calcaires aient » eu une fimdité pareille à celle des courans de laoe : mais il y
> a des raisons de croire que dans Tétat primitif du globe 9 » Faction du feu a été fort étendue. » Dans Vlntroduciion à la géologie j*ai proposé ces mêmes idées , en leur donnant le même développement qu'on peut voir dans le chap. XLI de cet ouvrage. Il suit de tout cela que je n*ai jamais regardé les pierres calcaires primitives, ni le marbre de Carrara comme des produits volcaniques. Le feu dont j^ai parlé dans mes différens ouvrages» est bien différent de celui dei volcans (Voy. le S 60).
Je me borne à dire que ei noue considérons les roches primitives du globe , nous verrons que leur structure et leurs caractères non-Bealement ne répugnent pas à Thypothèse d^avoir participé à la fluidité ignée , mais qu'il y a encore bien des motifs qui rendent vraisemblable cette supposition. Que si Ton demande la raison des diverses époques de formation des mêmes roches^ et de leur position relative ^ j'observerai qu'il n^est pas démontré que la régularité qu^on veut établir dans la situation respective des roches primitives, soit aussi constante que cpielques géologues le prétendent; et je me flatte d'avoir prouvé par une série de faits, que dans les grandes chaînes de montagnes (Voy. § 17a), les roches primordiales sont souvent modifiées les unes par les autres. Le mouvement de rotation de la terre, les difi'érens degrés de fluidité, la gravité spécifique des divers élémens, leur union et leurs diverses affinités soit entr'eux, soit avec le calorique, doivent avoir été les causes générales qui, là où leur cours n'a pas été troublé par des combinaisons particulières, ont déterminé la dktribution des diverses parties du globe et la position de ses roches : et si l'on veut encore admettre que cette position ait été régulière et constante , je ne trouve point de difficulté à supposer que. d'abord le granit se soit refroidi et consolidé, puis le gneiss, et après celui-ci les
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porphyres ) etc. Au plus grand degré de fluidité du globe ^ a du correspondre la production de la roche la plus cristallisée ^ et à mesure que la fluidité a diminué par Teffet du refroidissement^ ont comparu les roches les moins cristallisées. Si Ton demande aux neptunbtes ^ pourquoi le granit a été le premier à se précipiter, puis le gneiss et ainsi de suite , ils se trouveront dans un étrange embarras , et avec une pétition de principes , supposant ce qui est en question , ils diront que le menstrue qui tenait en dissolution les granits , a été le premier à se séparer , puis celui des gneiss , etc. Mais quelle était la nature de ces dissolvans? De quelle manière sVst opérée leur séparation de la masse générale fluide ? Le dissolvant que nous admiettons est le feu , subs-* tance connue ; la manière dont il peut se séparer d*un corps , en entrant en combinaison avec quelqu*autre substance ^ est encore connue. Lorsqu'on est obligé de raisonner d'après des hypothèses , il me paroît qu'on doit choisir celle qui est sujette à moins de difficultés , qui est plus analogue à nos connoissances actuelles ^ et qui fournit des explications plus faciles et plus naturelles à un plus grande nombre de phénomènes. Nous ne devons pas non plus perdre de vue l'attraction similaire qui agit sans cesse sur les parties de la matière lorsqu'elles se trouvent dans des circonstances qui leur* permettent d'obéir à
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son impulsion. Cette force devait exercer «on influence sur la matière terrestre lorqu^elle était dans Tétat de fluidité ou de mollesse; et à cause de cela ) il aura dû se former divers centres d'attraction ; et beaucoup de substances de nature bomo* gène se séparant du reste de la masse, se seront rassemblées en quantité plus ou moins considérable, dans les diverses parties de la même masse. Il suit de tout ce que nous avons dit dans les chapitres précédens , que si nous passons en revue les diverses roches qui forment le groupe de la formation primitive , nous n^en trouverons aucune dont les caractères répugnent à Torigine ignée. Je suis bien loin de prétendre cpie ces roches aient été des laves de volcans ; une idée si paradoxale ( je le répète de nouveau ) n'a jamais pu entrer dans ma tête , puiscpie je pense que les volcans n^existaient pas à F époque de la première consolidation du globe. Mon opinion ne diffère donc de celle des neptuniens, qu*en ce que je crois que toute la matière a été dissoute dans le fluide igné , tandis qu*eux la conçoivent dissoute dans un fluide aqueux : et si souvent j*ai eu recours aux phénomènes des volcans et à leurs produits , ce n*a été que pour démontrer €]ue la manière dont le feu agit peut se concilier avec les caractères des diverses roches.
FIN DU m/ UV&E £X DU PREMIER YOLUJCE.