‹ Institutiones géologiquesChapitre 18 sur 151 · UYRB FR£M. CHAP. IV · texte numérisé non relu

UYRB FR£M. CHAP. IV

substances ^ ou confusément entassées ne prendraient aucune figure régulière. Le uétûcule dont la nature se sert le plus communément est Teau^ et toutes les fois qu*il y a concours des autres circonstances ^ c'est-i-dire de Fespace et du temps^ c^est dans le sein de ce fluide que se forment les cristallisations. — Le même effet est encore produit par le feu qui peut tellement désunir les parties d^un agrégat, et les mettre dans un tel état de liberté , que rien ne puisse les empêcher d*obéir i Timpulsion de leur polarité cristallifique. Dans les cavités de ces torrens de lave qui s*échap* pent des entrailles des volcans, on rencontre parfois régulièrement cristallisées les mêmes substances que contient la lave , savoir le mica , ]*amplugène, le pyroxène, etc.; et quand ces cristallisations sont adhérentes par un seul côté aux parois des cavités , et restent libres et isolées dans tous les autres sens , il est très-vraisemblable qu^elles se sont formées dans ces mêmes cavités, et qu* elles ne sont pas le produit d^une plus ancienne cristallisation qui aurait été enveloppée par la lave. Cependant entre les cristallisations qui se forment par le moyen du feu, et celles qui sont Feffet de Facdon de l'eau, il est quelques différences qui méritent un examen particulier. I 17. La première diflGference est que pour obtenir, des cristallisations régulières dans Teau, U est nécessaire que ce fluide soit dans un parfait

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repos ^ parce que le moindre mouvement produit une déviation et change la direction donnée par la polarité cristallifique à laquelle la matière doit uniquement obéir. Si une lessive saline évaporée au point de devoir se cristalliser est agitée pen* dant qu^elle se refroidit , au lieu de donner un sel régulièrement cristaDisé , elle ne produira qu*une substance saline en poudré ou tout au phia une masse granuleuse. G^est sur ce principe qu^est fondée la méthode actuelle de rafl^er le nitre OK Au contraire quoique le calorique libre à cause de sa nature incoercible soit dans un mouve-* ment continuel^ cette circonstance n*empéche pas qu^on ne puisse obtenir des cristallisationB ré« galières comme le démontrent les cristaux d^oUçine

(i) La manière commune de raffiner le nitre brut eat de le £ûre cristalliser par deux fois. De là dériyent les dénominatîona de nitre de seconde et de iroisième cuite f entendant psr nitre de première coite le nitre brut. Msis les chimistes modernes ont introduit la méthode des lavages froids, laquelle a été adoptée dans beaucoup de fabriques. Le nitre brut se dissout dans Teau bouillante $ on enlève les écumei , et Ton purifie le fluide par quelque des procédés qui sont en usage. Puis an lieu de le faire cristalliser pour former le nitre de secondé cuit», on le verse dans un grand réservoir doublé de cuivre ou de plomb , et Ton Tagite continuellement avec des râteaux de bois. Pendant que le fluide se refroidit , le nitre se précipite en forme de sel; on met ce sel dans de grandes caisses de bois cannées et construites à cet effet : après que Teau mère s*est. égoottée par les trous pratiqués vers le fond des caisses, on verse par^ dcMtis une certaine quantité dVau qui emporte avec elle le sel «arin également soluble» d«as Vten chaude et dans Feaa froide^

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( OU de pyroxènê ? ) observés et décrits par ThompsoD ^ et qai furent trouvés suMimés sur les parois d*une campaniSe enveloppée par la lave du Vésuve de 1794; les belles cristallisations de mariate de soude ^ de muriate d'ammoniaque et d^arsenie sulfureux rouge produits par quelques volcans qui cx>nservent encore en . tout ou en partie leur activité ; et ces cristallisations régulières qu*on trouve dans les crevasses et les parties supérieures des fourneaux de fusion. Nous pouvons ajouter les cristallisations de fer spécnlaire que Spallanzani et Fleuriau de Belle* vue ont observées dans les fentes d'une lave du volcan de Stromboli (0 ; celle» que Dolomieu'a remarquées sur les laves. dVac£ neak en Sicile^ et Fanjas sur les laves de Yolvie en Auvergne: enfin les cristaux de fer spéculaire du Puy de Dôme et du Mont d'or , et les cristaux octaèdres réguliers de soufre qui se forment journellement dans les fentes du Vésuve^ de FEtna, de la Solfatara et des autres volcans.

§ i8. La seconde différence est que pour obtenir des cristallisations par le moyen de Feau^ il faut nécessairement un très-grand degré de fluidité* Le mélange de cette seule quantité d'eau qui est nécessaire pour rendre liquides les parties

• (i) -Les eristanx de fer apécidaire de Stromboli iont trèt-beaaz à cnee de leur éclat et de leur grandeur; il y en a qui ont plof de 4 pouces de longueur sur troi» et demi de Jargeur.

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«Tun corps et leur donner de la mobilité ^ ne parott pas suffire à leur cristallisation , comme nous tacherons de le démontrer dans la suite. Kopinion générale des physiciens était jadis qu^une cristallisation aqueuse ne pouvait s^opérer que par une solution préalable. Dolomîeu^ qui est d*un avis contraire, soutient dans une lettre à M. Pictet (Voy* Journal des Mines ^ n.^ 22)1 qu*il suffit que les particules de la matière soient réduites à leur moindre volume , qu*elles soient séparées, et que dans cet état de séparation elles restent pendant quelque* temps comme suspendues dans le fluide. Cet auteur donne encore plus d*étendue i son opinion , prétendant que la dissolution CO préalable, loin de servir, pourrait

(i) Plutienn chimittet dutingaent la êoluiion d*«yec la fttfton. D*«prè« leur opinion, la lolntion a Kenlonqn-on obcieiit vat^WBKplt séparation des pardet; la diftointioa an oootnnre ampère tontes les fois qu*il y a décomposition et jen d*aflimté. En faisant dissoudre le muriate de soude dans Fean, on aurait nn exemple de la solution, parce que chaque particule du muriate de soude conserve sa nature; senlenwnc les pardculei aqwnses s'interposant entre celles de la substsacc mife en »• Intion, en détruisent Tagrégadon. Au contraire si Ton met k carbonate de soude dans Facide-muriatique aflK>ibIi, on «ura on exemple de la dissolution, parce que Taffinité qui exiafee entre la sonde et Facide fait succéder une nouTelle combînaiaon qnî change la nature de Tune et rautro substance. Hais Klnproth 1 rejeté avec juste raison cette distinction, parce qu'il cet certain que tant la solution que la disaolntîon sont des efiet» piochm* par faction des forces chinûques.

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au contraire faire obetacle à là cristallisiitioa dTune subdunce qui aurait une constitution physique particulière, puisqu'elle changerait la manière d^étre de cette substance : en effet , un corps quelconque soumis à faction d'un dissolyant change de manière d'étce , puisqu'il forme un nouyel agrégat qui se compose, et.de la sub^ stance <pii le constituak tel, s'il était un être simple , et en outre d'une portion du dissolvante Un menstrue qui attaquerait ou l'or ou la pierre calcaire, ne pourrait point serYÛr à la cristallin sation de Tun ou de l'autre , parce que ces sub^ •tanees en se combinant avec ce menstrue , changeraient de nature si leur solution n^était pas inmiédiatement suivie d'une précipitation qui les rendrait à leur premier état. Dans ce cas on aurait seulement une division de leurs parties, et la dissolution pourrait être regardée comme une cause occasionneUe éloignée de Fagrégadon régulière que pourrait prendre l'or ou le calcaire après Fopération.

Smithson et Grégoire "Wat ont embrassé l'opinion de Dolomieu et prétendu que la solution, loin d'être un préalable essentiel à la cri* stalliaation , est toujours un obstacle au principe de cette cristaHisation , parce qu'elle met en conflit l'adhésion du dissolvant avec la cohésion des molécules solidifiables : de là , suivant ces auteurs, il suffit que la suspension mécanique

ait lieu daus un fluide d^une telle densité et dTone telle viscosité) que la force de la cristallisation ou la polarité cristallifique puisse balancer Fin* fluence de la gravité ('). D est donc nécessaire que dans les cristallisations qu*on obtient par le moyen de Teau ^ la matière soit ou dissoute dans le fluide ou tellement subtilisée et ayant un si foible rapport avec la masse de Teau, que malgré Faction de sa propre gravité elle reste suspendne dans le fluide, et nous dirions presque en éqni* libre ) tout le temps qui sera nécessaire pour que la polarité cristallifique puisse exercer son influence. Il paroît en outre qu*on ne doit pas beaucoup compter sur la viscosité de Feau ^ puis* que ce fluide est un des moins visqueux.

§ 19. Au contraire lorsque la cri»tallisi|tion s*opère par le moyen du feu, elle n*exige pas un trè8*grand degré de fluidité. Il suffit que la chaleur soit capable de détruire la force d^agrégàtion des paities de la matière et leur réciproque union , et quVlle se sépare lentement des parties

(i) B est facile de comprendre quUci on contîdto aenlcmcnt les crîitalliMtionf yériubles et régulières , et non point cet ûpanê quelquefois régulières que prennent les substances terreusea dans Tétat de mollesse ou en se monlant dans des espaces de figures régulières y abandonnés par de Trais cristaux qui ae aottt décomposés p ou par quelque circonstance accidentelle de retraite. A de tels cristaux modelés on peut rapporter la stéatite cxi- •tallisée ( talc pseudomorphique ) de Bareîth , quelques qoartx cubiques y la mame octaèdre des environs de Paris , etc.

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ainsi déflunieB à fin qu^elles puissent ' se réunir régulièrement en cédant à Timpulsion de leur polarité cristallifique. Qu^on fasse fondre un métal dans un creuset, puisqu^on retire le creuset du feu \ et lorsque la superficie du métal fondu commencera à se consolider , qu^on en fasse écouler une partie par le moyen d*un trou qu^on aura pratiqué exprès dans le fond du creuset : le tout étant entièrement refroidi, on trouvera une masse métallique dont les parois intérieures seront tapissées de cristaux, qui, si l'on a fait Texpérience avec certains métaux , comme par exemple avec le bkmuth, auront des formes très-régulières. Ce sont là les géodes métalliques de Monge. Pour fondre F amiante, il faut un feu très-vif; mais lorsqu'il est entièrement fondu, si on cesse d'activer le feu , l'amiante se réduit en une espèce de scorie dense , bien affaissée au fond du creuset, * et dont la couleur est grise tirant sur le jaune , et blanche dans les endroits par lesquels la matière fondue était en contact avec le creuset qui s'en trouve pénétré et quelque fois m^me corrodé. La superficie de cette matière ressemble à un réseau composé de fils cristallisés qui se croisent dans tons le sens. Quelques-uns sont disposés en gerbes ou en éventails , on en voit d'autres qui sont épars dans l'intérieur delà scorie : observés à la loupe y ils paroissent parfaitement trànsparens , d'une figure prismatique

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quadrangulaire avec les angleè bien trahchans et des faces planes bien dressées et très-brillantes. Si au lieu de suspendre Faction du feu^ on (entretient et on Faugmente^ alors la scorie se change en un verre vert qui ne tarde pas i corroder le creuset^ le perce et s^èchappe sans laisser aucune trace de cristallisation ( Yoy. Saussure, Voyags dans les alpes ^ § 119)* ^ v^esi personne qui ne connoisse la cristallisation rayonnée de Tantimoine fondu. Nous observerons enfin que dans ces masses de verre qui restent au fond des pots des verreries, nous avons va plusieurs fois se former des cristaux blancs prismatiques quadrilatéraux De tous ces faits on doit conclure que par le moyen du feu on peut obtenir des cristallisations de substances qui ont à peine eu ce degré de fluidité qui est nécessaire pour détruire la force d^agrégation.

Diaprés ces notions préliminaires qui n*ont rien d^hypothétique , et contre lesquelles oa ne saurait élever le moindre doute, il convient de rechercher quelle espèce de fluidité a pu codvenir à notre globe. Nous ne nous flattons pai que le résultat de cet examen puisse avoir ce degré de certitude qu'il serait difficile de refuser aux faits que nous venons d'exposer; mais lorsque dans rinvëstigation de ces vérités que la nature semble avoir voulu dérober à nos yeux , on part de principes sûrs ^ et qu'on ne dévie point dans

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la manière dVn faire rapplication , il eët naturel de penser que les inductions cpie nous en tirons participent du caractère de ces mêmes principes. Du reste^ quand on ne peut pas espérer d*atteindre à une entière certitude, ce qui arrive souvent en physique^ on doit alors se contenter de la probabilité; mais comme la probabilité a ses degrés, le physicien doit s'attacher de préférence à ropinion qui réunit un plus grand nom* bre de ces degrés.

3a institutiovs géologiques.

CHAPITREV.

Il vlest pas probable^ que la madère terrestre ait été dissoute dans Peau par le moyen de quelque ^solvant,

§ 20 • Jusqu'aux temps d'ÂYicenne^ les sob- 6tances dont se compose notre planète ont été réduites à quatre grandes classes^ savoir les sek, les pierres ^ les métaux et les combustibles. Cette distribution^ qu'on doit considérer comme une idée des plus heureuses qu'on pouvait concevoir dans le 11/ siècle ^ ne fut-elle pas la plus exacte» est certainement la plus commode : aussi a-t-elle été adoptée par Linné , Gronstedt , '^Tallerius , Bergman ^ 'W'emer , etc* Si la doctrine de Davy était confirmée et pouvait s'étendre à toutes les terres, les quatre classes dont nous venons de parler se réduiraient à deux, dont une embrasaerait les substances oxigénées ; l'autre comprendrait les substances oxigénables. Dans la première figureraient les sels et les terres , et dans la seconde les métaux et les combustibles. Il est possible que tous les corps qui appartiennent actuellement à ces classes, n'existaient pas à l'époque de la première consolidation du globe, et que quelques^ns de ces corps doivent leur

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existence à des combinaisons qui ont en lieu' à des époques postérieures : il est toutefois si non certain, du moins très-probable que toutes les matières solides qui existaient dans la première période, devaient appartenir à quelqu*ûne des classes ci-dessus mentionnées.

Nous avons dit dans le chapitre III que la matière terrestre a dû avoir ce degré de fluidité qui était nécessaire pour la cristallisation; et si nous voulons supposer que cette fluidité fût aqueuse , nous devons nécessairement admettre que la' matière avait été dissoute dans Teau ou du moins mêlée avec une si grande quantité de ce fluide^ que ses parties retenues par la viscosité quoique très-peu considérable de ce même fluide, restèrent en équilibre et comme suspendues tout le temps nécessaire pour pouvoir se cristalliser. Commençons par examiner la première hypothèse , c^est-à«dire , celle de la solution.

§ :&!• Les matières texrestres sont-elles solubles dans Feau? A Texception des substances salines , toutes les autres , si Ton les suppose dans leur état de pureté, ne sont nullement solubles dans ce fluide ou du moins ne le sont que très-peu. Dès-lors nous sommes contraints de recourir à Faction des dissolvans. On a observé que dans les roches primitives la silice se trouve en assez grande quantité ; c^est une terre qui n*a d'ailleurs aucun

degré sensible de solubilité dans Teau (0. Cependant comme cette même terre est soluble dans Facide fluorique ^ si Ton pouvait supposer qu^un pareil dissolvant existait en assez grande quantité à la premi^e époque de la consolidation de notre globe, il serait aisé d^expliquer avec Raaumowski la solution de la silice dans Teau, et comment la précipitation et la cristallisation de ses parties eurent lieu, lorsque Facide fluorique se combinant avec les autres substances , se sépara da fluide aqueux. Mais dans les roches qui appartiennent au preimer âge de potre globe, les combinaisons de cet acide aont u peu fréquentes, qu*ii n^est point de raison qui puisse nous faire conjecturer Texistence d^nne quantité de ce même acide, proportionnée â Tefiet qu^on voudrait lui faire produire , et qu^il importe de vérifier. Dans les granits des alpea, on trouve quelquefois la chaux fluatée. La Tariété octaèdre, couleur de rose, se rencontre dans les environs du Mont Blanc et dans la vallée d*Urséren près du S. Gothard. Fen ai vu moi--méme dans les granits de Bavène ( Yoy. § la ), et de enuleur verte et violette dans les granits de Yalgana , contrée située au pied des alpes. Brongniart

(i) Vesa da Gejieri quoique douée d^on degré de ehalew d*enyiron 80 de Réanmor et méUe de soude , ne contient k •Uice, d*«près Tanalyie de Black , qu^en trèt-pedte dote qui

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