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èorps ààxqùéls elle s'ilnlt ou avec letqaeb elle se combine, et qu^on suppoee répandue dans tonte la masse des substances élémentaires , matière oa substance que nous désignons par la dénomination de feu élémentaire. Ainsi nous posons en principe que le calorique communiqua à la masse terrestre cette fluidité qu^il entretient maitenant dans toute la masse des eaux : car il est certain que la fluidité des eaux dépend du calorique (^ Voy. § 63 ), phénomène qui n^a pour noua rien d'étrange, et que nous concevons aisément, sans qu^il soit nécessaire d*imaginer un feu matériel destiné à maintenir la mer dans F état de fluidité. Si , d'un autre c6té , sans le concours d^aucune combustion matérielle, le calorique entretient Fétat fluide gazeux de Tatteosphère , pourquoi aurions-nous de la répugnance à admettre que le même principe ait pu donner à la matière terrestre une bien moindre fluidité ?
§ 76. Notre hypothèse ne répugne point au •|stème des neptunistes , puisque dans leur fluide chaotique , ils supposent Fexistence des principes de tous les corps parmi lesquels le calorique doit certainement occuper une place distinguée. J)^ Luc bien que partisan de la dissolution et de la précipitation aqueuses ^ a aussi reconnu la nécessité de faire intervenir le feu dans Tèut primitif de la terre. Voici de quelle manière il t'explique à la pag. 85 de ses lettres à Blnmenbach:
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« L'époque k laquelle commencèrent toutes Icf i^ opérations dont nous trouvons des monumens » sur notre globe ^ lut celle où sa masse vint * à être pénétrée d'assez de feu pour y produire 3» la liquidité dans la substance de Teau, et » donner au liquide qdi se forma alors, et qm » contenait tous les élémens des autres substan-* » ces connues , la température nécessaire à leur » c<Hnbinaison chimique. » B semble que Tidée de De Luc a été de concevoir toute la matière terrestre dissoute dans un liquide dont la tem^ pératnre était très-èlevée, par une dose correspondante de feu ou de calorique. Mais de cpiell^ source dérivait la chaleur qui, suivant DéLuc^ avait donné au fluide dissolvant un degré de température très-élevé? Cette chaleur neprove» nait certainement pas des combustions d'une nature semblable à celle que nous connoissons; car il est bien difficile d'imaginer une combat tion assez grande pour pouvoir échauflEer à ce point toute la masse du globe. En outre, pourquoi supposer simultanément deux substances, savoir^ Peau et le feu , et faire concourir deux causes^ lorsque le même eflfet peut être produit pai^ la feule action du feu? Une des premières rè^ef de la philosophie est celle qui prescrit de ne pas multiplier les moyens sans nécessité, de ne pas faire avec plus ce qu'on peut obtenir avec moins. 11 est vrai que De Luc à suite du passait
cité ^ assure qiïe nos connoissances gèologiqaei ont banni ^ par rapport à la terre ^ toute idée de fusion semblable à celle du verre et des métaux ^ excepté dans les volcans ; mais ces fusions vitreuses et métalliques procèdent évidemment de combustions ordinaires et communes^ alimentée! par des matières inflammables et combustibles; tandis que la fusion dont nous parlons^ dépend uniquement de Finterposition des particules calorifères ou du feu élémentaire parmi les parties de la matière terrestre.
§ 77. D^autres géologues on reconnu la nécessité de la coopération du calorique dans la première formation du globe , et La Mètherie tom. 3, pag; 340 ^ assure que la chaleur primitive est l'origine de la chaleur centrale du globe terrestre ; il considère cette assertion comme un principe certain^ quoiquMl semble , comme nous aurons occasion de Tobserver ailleurs^ que notre globe dans Tétat actuel des choses , n*a d'autre chaleur libre ^ thermométrique et sensible que celle qui lui vient du soleil ou que peut lui procurer l'action de cet astre (Voy. § 68). L'auteur pré^ cité se proposant ensuite la question de chercher quelle était la cause de cette chaleur primitive, ajoute : ce Cette cause doit tenir aux combinaisons 9 premières de la matière, qui, si elles n^araient 3» eu dans le princ'^ une chaleur quelconque , 9 seraient restées dans Finertie; car eHes tendent
B toujours à se combiner , et se combinent dès » qo^elles sont abandonnées à leurs propres forces^ 3» Le calorique dont FactiTÎtè et la force deré« ■» pulsie4i sont prodigieuses^ empêche ce^ com« » binaisons , tient Teau et la plupart des autres a» fluides à rètat de liquidité^ et entretient le » mouvement dans tonte la nature. Oi| ne saurait X donc douter que lors de la première formai 3» tion des globes et du notre en particulier^ » toutes les parties qui les composénti» ii^eussent » un degré quelconque de chaleur. » Ce degré a été évalué par La Mètherie ^ supérieur à celui de Veau bouillante. Il y a certainement quelque obscurité dans son raisonnement i» et Ton a de la peine à comprendre de quel principe devait résulter la chaleur primitive de la terre ^ à moins qu^on ne veuille admettre une pétition de prin» cipe ^ c'est*à-dire , que la matière dont se com* posait le globe dans son preibier état^ était chaude parce qu*elle devait être chaude* Au contraire si nous considérons* le caloricpie comme une substance sui generis , ainsi que le ^ont Tazote*^ Toxigène^ Thydrogène^ les terres simples^ les métaux , etc. , on conçoit sans aucune difficultéi qu'il devait exister en même temp» que ces matières ^ communiquer à la masse dans laquelle il était répandu 9 une température proportionnée à sa quantité ^ produire des effet» dans cette masse et lui imprimer les caractères correspondais à sa quantité e( à son intensité.
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. § 78. Si l\>n y réfléchit hien ^ on se con^aiiH éra que notre hypothèse coïncide avec celle des neptonîstes^ relativement à un point très-essentiel , savoir , que les élémens de toutes les substances étaient réunis et mâés dans un fluide. La divergence de ces deux hypothèses consiste en ce que les neptunistes veulent que le fluide dissolvant fût aqueux^ tandis que nous croyons an contraire qu^il devait être igné. Kirwan pense que le feu élémentaire existait dans le chaos (Yoy. § 49). Mais quelle idée pourrons-oous nous former de ce feu élémentaire ^ . si nous ne le siq>posons tel que Y universalité des physîdens conçoit le calorique ? Et si ce principe existait dans le mélange encore confus des tiémens, quelle raison peut-on avoir de prétendre que ce même principe était inerte et déponillé de toute faculté d*agir ? En outre , nous pouvons décomposer Feau et la réduire à ses prindpes, tandis que pour obtenir le même effet sur le calorique, tous les moyens chimiques ont été jusqu^ici sans succès, n semble donc que lors de la première forma* tion de notre planète, Teau ne devait pas exister 9 ou pour mieux dire, qu^il n*y avait que lea élé» mens dont elle se compose , qui existassent dans la masse générale. Quant au calorique, Ffay* pothèse qui suppose son existence à la même époque ^ concorde beaucoup plus avec Fétat actuel d» |ios comîoissances ; et conuèe ce calorique t
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èubttance éminemment élastique, communique là fluidité à toutes les matières auxqueUea il s*uiiit en quantité proportionnée à leur affinité , il parott beaucoup plus probable que cet amas d^élémens primitifs solides fût un composé fluide, puisqu*il contenait aussi la matière calorifère, qui est Tunique source de toute fluidité.
§ 79« Deux ans après la publication de mou Introduction à la géoloffe , Smithson-^Tennant , savant chimiste anglais, proposa à la Société royale, de Londres quelques-unes de ses idées sur Tori^ne de la terre , desquelles on a inséré une courte analyse dans le vol. 54 de la BihL brit.^ octobre i8i3. Suivant cet auteur, notre planète était originairement un soleil ou une comète , et passa à son état actuel par là com-* bustion qu'elle éprouva à sa superficie. Les vol* cans anciens et modernes sont des restes de cette combustion générale, à laquelle servirent d'aliment les bases métalliques des matières terreuses dont se composent les couches primitives. L^au^ teur prouve que ces couches ont été formées par Teffêt de la combustion , en faisant observer que les amphiboles, les grenats et 'autres matières pierreuses cristallisées qu^on trouve dans cea mêmes couches , ne contiennent point d*eau on n^en contiennent du moins que très^peu , et qu^il n*y en a presque pas du tout dans les subs-* tances primitives , comme nous Tavons déji dit
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clans le g Sy. Qae notre globe ait été originai-* rement dans un état de fiision ^ c^est rbpinioa qui me parok la plus probable^ et que j^ai' toujours soutenue. Uidée que les bases métalliques des matières terreuses qui composent maintenant les eoucbes primitives ^ servirent d*aliment à cette combustion générale, est une application ingénieuse des principes de Davy. Nous ne croyons pourtant pas que les Yolcans aient aucun rapport avec là combustion générale dont il s^agit ici ; et la doctrine de Davy ne nous sefûble pas fournir d^explication satisfaisante relativement aux phénomènes volcaniques. Nous pensons que la fluidité primitive de notre globe fut ignée, mais non de cette nature qui appartient aux combustions, c*est-à--dire , aux combinaisons de Foxigène avec certaines substances. Puisque Smithson- Tennant est d^accord avec moi touchant Fidée fondamentale , savoir , la fluidité ignée primitive de la terre , je laisse au lecteur le choix de celui des deux modes qui lui paroitra le plus propre pour rendre raison de la fluidité dont il est ici question, ou pour concevoir comment elle a pu s^opérer. Le chimiste anglais propose la combustion des bases métalliques des matières terrestres, ce qui suppose Fexistence- de Fatmosphère ou d^une matière qui ait pu fournir Foxigène: moi , au contraire, }*admets Fhypothëse dVoe fluidité, ignée qui me semble plus facile à
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concevoir^ puisqu'elle est Teffet de la diffusion de la matière caiorifière dans la masse terrestre et dans Famas confus de tous les èlémens.
g 80. Youlant donc remonter du moins autant que nos conjectures peuvent le permettre, à Fétat primitif de notre globe , il paroit que noua devons concevoir ce globe comme un amas de toutes les substances simples combustibles, ter-reuses , métalliques , et de tous les principes chi-^ iniques. Les élémens de cette masse informe, animés par Fattraction , tendaient à s'unir ; mais le calorique disséminé parmi ces élémens , les retenmt dans cet état d'agitation , de mouvement et de confusion qui a été si heureusement représenté par Fallégorie du chaos. Peut-être cet état chaotique est-il encore celui de quelqu'autre corps céleste de nostre système planétaire ? Selon BaiUy , la superfice de Jupiter éprouve des changemens sensibles^ et qui semblent indiquer que cette grosse planète est encore dans un état d'instabilité et de bouillonnement. Newton ( XI.* question d^opdque ) a pensé que le soleil et les étoiles fixes sont de grandes terres prodigieusement échauffées y et dont la chaleur est conservée par r immensité de leur corps , à cause de Faction et de la réaction réciproques qui existent entr^el-* les, et de la lumière qu'elles répandent. Toutes les parties de ces corps sont préservées de la combustion non-seulement par leur fixité, mais
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encore par rimmense pesanteur et Textréme den* •ité de leurs atmosphères qui exercent sur elks la plus forte compression. On peut donc sans être obligé de recourir à Fètat de combuBdon, supposer avec Newton , Texistence d*un coipl céleste prodigieusement échauffé. Du reste ^ on ne voit pas trop à quelle cause ce grand philosophe attribuait Torigine de cette excessive chaleur des corps célestes; il parott néanmoins qu*en parlant de leur action et de leur réaction, il avait en vue le développement du calorique par le frottement , opinion que nous avons déjà examinée (Voy. § 65 et suiv. ).
§ 8i. Parmi les diverses réflexions faites par quelques astronomes sur la comète de 1 8 ii , il en est une qui mérite une attention particulière (0 , c*est celle que ce corps céleste pouvait bien être ,
(i) Le célèbre "Puan en examinant de robaenratoire de Païenne cette comète, remarqua au traven de ta mmr dcnx pointa lomineuz qui rcMemblaient à deux étoiles | fune de neiH TÎème grandeur, et Tautre de cinquième. Ayant de nonrevi ▼euiu examiner cet deux points lumineux, pour tlcher de dé» couvrir si, comme quelques personnes le préteadnent « fls Sa^ maient le noyau solide de la comète, il les retronra à la mSne place, mais Fun avait seulement Tapparence d*une étoile de douzième grandeur, et Fantre d'une étoile de huitième grandeur. Ces deux étoiles forent encore olMervées la mène nuit , de robsenratoire de Milaut par Fillustre OrianL D parolt donc que fintcKposition de la matière dont se composait la comète ^ lois d*ailbiblir , ayait an contraire augmenté Féclat des deux étsilrt •bserrées*
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me marne planétaire qui à peinp •ortie de Tétat gazeux ^ commençait à se former et n^attendait [ae la précipitation et la concentration de tonte a matière dont elle était environnée, pour se ronsofiden Uobeervation aucceseive de qnelqu*au* Te planète dans laquelle on parviendra peut-être i distinguer les divers degrés de formation progressive, pourra donner un jour quelque lumière Hir cet objet. Herschel a encore assuré ( Voy. BibL brit. , tom. 3 , pag. i a6 ) que les six co<nètes découvertes par sa sœur , et les cinq qn^il ivait hii-méme observées dans le ciel , n*avaient rien moins que Fapparence d*un noyau solide, tt (pi*on n*y remarquait qu^un amas et une condensation de vapeurs tout autour d*un centre Je la même nature. Le passage de Tétat de fini» iité ignée à celui de solidité dans les comètes^ pourrait bien être régulier et alternatif, et dépendre de leur voisinage ou de leur éloignement du soleil : car quoique le temps de leur périhélie loit de courte durée, et qu*il y ait lieu de conjecturer que Faction du soleil ne peut excercer son influence sur toute leur masse, mais que cette Influence se borne à cette partie de la superficie gui est en regard du soleil; malgré cela, si la température de la comète de 1680 dans son plus grand rapprochement de cet astre , était ieux mille fois plus grande que celle du fer
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fougi (0, il est très^-yraiBeaiblable que la matière dont Bc composait cette comète pendait son passage au périhélie , était fiaide et même gazeuse ; à moine cju^on ne veuille supposer une madère d^une ùature tout-à-fait différente de celle de notie planète. Gomme cette fluidité dépendait du voisinage du soleil, la comète i mesure qa^elle s'éloignait de cet astre, devait acquérir de la solidité. Du reste, il ne parott pas que cette espèce de fluidité ait pu convenir à notre globe, puisqu'il faudrait supposer une variation extraor^ dinaire dans Torbite qu'il décrit autour du soleil: et si voulant admettre une semblable perturbation dans le système [danétaire , on pensait que la terre f dt jadis une comète , on prouverait par-là que notre globe avant de prendre la forme qu'U a maintenant , a pu e:&ister pendant quelque temps dans l'état du fluidité ignée, Jaquelle aurait été cependant produite par une
(1) G« calcul est fondé •«• le principe «pie la chaleur erétt ea raison inverte du canré de la diatance du soleil: mai» il pen iotervenir des circonstances capables de faire varier les rémlcao de ce calcul dans les corps célestes, comme seraient, p* exemple , le défânt d'atmosphère ou son interposition , le phe ou moins de densité dans cette atmosphère , etc. U ne eera pv inutde de £ure observer que La Place ( Exposition du système du monde y pag. 124) dit que la comète de 1680 éprouva une chaleur capable de volatiliser, selon toute apparence , lu pfaipar. des substance» teiréatires de notre globe.
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caase externe et différente de. celle que aoui ayons Bopposèe.
§ 8a. Les belles observations d'Herschel stuf les nébuleuses ont rendu très'probable F opinion qu^il y a des corps célestes qui se forment d'une «obstance extrêmement rare ^ qui se condense progressivement^ et que lorsque ces corps sont parvenus au dernier période de leur condensa'^ tîon , ils sont jûsqu^à dix-neuf fois plus denses qa^ils ne Tétaient dans leur état originaire. Cet ingénieux auteur a supposé que la matière extrêmement rare des nébuleuses procède des atomes lumineux ^ et que la condensation de cette matière est un effet de la gravitation. Mais de quel autre principe la raréfaction de la matière peut-elle dépendre^ si ce n^est du calorique qui «eul est capable de détruire ou de suspendre feffet de la gravitation, à moins qu^on ne veuille admettre quelqu* autre force inconnue , comme la répulsion? LMdée que notre planète fût jadis dans un état de fluidité ignée, n*a donc rien de contraire aux observations qu^on a faites et qu^on fait encore tous les jours sur la constitution et la structure des corps célestes ; et si deux savans mathématiciens de notre siècle , La Place et La-Grange, ont regardé comme très-probable rbypothèse de la formation des planètes par le moyen de F atmosphère solaire, la supposition de
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la fluidité ignée primitive de notre ^be tC&i donc pas aussi extraordinaire que quelques gêth logues^ voudraient le persuader. C^»endant de quelle manière rendrons nous raison de la condensation ou de la consolidation de ce globe? Cest ce qu^on verra dans le chapîl#e suivant; et peut-être ce qui est arrivé jadis dans la planète que nous habitons, a-tr^l maintenant lieu bien que d'une manière lente et insensible^ dans lei Qébuleuses d^Herschel?
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