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LIVRE II. CHAP. xxvn. aS

âe ses points, et que clans le renversement des couches qui étaient d^ abord contigues, il a dâ s'opérer des séparations plus ou moins consi'dérables. Les vides qui se sont formés de cette maDière , auront pu être remplis par des subs-^ tances qui s'y seront introduites, et qui jinie» et consolidées par le temps , auront acquis de la consistance et de la dureté , auront même rempli parfaitement F espacé vide, en s^ ajustant à l'irrégularité des parois , en sorte qu'après un long espace de temps , elles paroîtront * contemporaines des couches elles-mêmes , et être le produit d'une formation simultanée. Cependant le plus souvent on y reconnoîtra la substance It sa formation diflFérente, soit sous le rapport du lemps, soit sous celui de la qualité de la matière, I i6a. D'après les principes que nous venons d'exposer , il semble qu'on peut rendre raison, des grands phénomènes relatifs à l'état primitif de notre globe, phénomènes indépendans des modifications produites par d'autres causes qui ont agi à des époques postérieures. Dans le système neptunien qui attribue la formation du globe à des précipitations et à des cristallisations qui »e sont tranquillement succédées dans un fluide, tout a été d'abord régulier et uniforme ; pour, expliquer les bouleversemens de la superficie qui ont été cependant en si grand nombre et si considérables , on est obligé de multiplier les

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révolutions ^ les ècroulemens , les trembleniecis de terre ^ les Tolcaos^ etc.^ et de donner à ce» phénomènes une extension et une sphère d'^actî- TÎté dont il est bien difficile de pouvoir se foryier une idée : mais queUe force dans la natnre et quelle révolution, pour êi grandes qn^on les conçoive , auront pu produire à la superficie consolidée du globe cette profonde et immense déchirure qui sert de lit à Focéan; élever les grandes chaînes des montagnes primitives , et creuser ces spacieuses vallées qui les coupent 1 dans différentes directions ? Dans le système des \ précipitations et des cristallisations aqueuses, on > ne sait trop comment rendre raison de ces grands r phénomènes géologiques qui ont originairement > altéré la superficie de notre globe, et semblent ^ contemporains de sa formation: au contraire rien : de si facile à concevoir et à expliquer dans Thypothèse de la fluidité ignée , et lorsqu^on admet le concours des circonstances dans lesquelles a dil se trouver la superficie terrestre pendant sa Consolidation.

§ ï63. Dans cette hypothèse, on a encore l'avantage d'éviter une difficulté qui paroft inséparable du système des précipitations , savoir , celle qu'on déduit des effets de la force centrifuge (Voy. § 54). A mesure que le calorique se consumait dans la production des gaz , la fluidité du globe diminuait , et sa masse se

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consolidait graduellement; mais pendant qaMl était encore dans un état de fluidité ou du moins de mollesse , la matière prit cette figure sphéroïdale élevée vers Téquateur et aplatie vers les pôles qu^elle a toujours conservée depuis : mais elle ne fut pourtant pas distribuée et arrangée selon qae le requérait la gravité spécifique de ses parties, combinée avec le moifvement de l'otation. Le cercle de Féquateur terrestre est de ao,623,5oo toises^ et la durée du mouvement de rotation àt la terre sur son axe , de aS*" 56' 4", ou

86,164*; ^'^^ *^ ®^^^ m^^ Tespacc que chaque

point de l'équateur parcourt dans une seconde ,

Cet d* environ a4o toises ( Voy. § 64 ) ; de ce

mouvement résultait une force centrifuge par

mite de laquelle les substances auraient dû se

ranger, savoir, les plu» légères autour du centre,

et les plus pesantes vers la superficie : mais les

Gourans des fluides élastiques et des vapeurs qui

«e dégageaient de Tintérieur de la masse , et qui

étaient poussés vers la superficie par leur propre

élasticité , et par d'autres courans inférieurs aussi

ilastiqued , qui se développaient successivement^

produisirent un effet contraire, en transportant

&vec eux les corps qui offraient le moins de

résistance , ou pour parler plus exactement ,

ceux qui avaient une moindre gravité spécifique.

Là donc étaient deux forces qui agissaient en

^ns contraire: nous n* avons point de données

pour calculer Finfluence respective, de ces deax forcée ; mais nous voyons du moins, qu'il est trè&probable que la seconde prévalut sur la première.. Le demi'diamètre de la terre et la vélocité avec laquelle elle tourné autour de spn.axe^ sont des quaotités constantes et calculées : fMur conséquent la force avec laquelle les matières les plus pesantes étaient poussées vers la superficie est limitée ; il n^en est pas de même de la force contraire qui résultait de la violence et de la rapidité des fluides élastiques et des vapeurs ^ .et à laquelle il serait impossible d'assigner aucune limite.

§ 164. Pour nous former une idée de cette force , considérons Iqs effets surprenans que produit la poudre enflammée ^ et qu'on attribue du moins en grande partie au fluide élastique qui se développe abondamment dans Tacte.de rinflammation^ et qui recevant une température très-élevée ^ prend son essor avec une extrême violence. Robins d'après ses calculs^ regarde la force élastique du fluide produit dans la combustion de. la poudre^ comme une. force mille fois, plas considérable que la. pression moyenne de.l'atmQa-' phère« D'Antoni la juge égale à 1800 . Ibis , )a même pression atmosphérique. Daniel BemouUi porte cette force à ip,)000 ati^osphères ^ et.Lombard à 9216. Le comte de Ri^mfor^ qui. s'est occupé de cetjLe recherche ^ d'après upe série.de .

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helles expériences rapportées dans le 10/ vol. de la BibL brUannique , conclud que la force de la poudre dans le' moment de son explosion ^ surpasse an moins cinquante mille fois la pression moyenne de Fatmosphère; d*où il déduit la conséquence que cette force de la poudre ne peut point procéder de la seule élasticité des gaz produits dans rinflammation, mais qu*on doit Tattribuer en grande partie à Teau^ qui, sous la forme de vapeur , est produite dans le moment de la combustion et dans une température très-éle- ¥èe : on sait en effet que les iugrédiens de la poudre contiennent les éléméns de Teau. Que penser donc si à Feffort des gaz , on joint celui de Feau , laquelle , comme nous Tavons dit dans les §/* 95 et 96, était produite sous la forme de vapeur, dans la masse terrestre oà régnait une température très^levée?

§ i65* Bettancourt a démontré que Télasticité de la vapeur aqueuse, quand elle est arrivée à un certain point, acquiert une double intensité par tout accroissement de température correspondant à 1 3 degrés y de Réaumur ( Y07. Rumfdrd sur la force de la poudre ). Or la force expansive de Teau réduite en vapeur, est exactement égale à la pression moyenne de Fatmosphère ^ lorsque la température de ce fluide est au point dTébullition sous cette même pression:; et comme cette force est doublée par chaque addition de

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