XXIV PRÉFACE
Je ne dois pas laisser échapper cette occasion de me justifier du reproche qu^on m'a fait d'avoir censuré avec trop de rigueur quelques doctrines d'une école géologique justement célèbre en Europe. Je ne dissimulerai point que lorsque j'écrivis ï/ntroducîion à la Géologie , j'étais un peu choqué du ton libre et décisif qui se fait remarquer dans les écrits de quelques Wer* nériens d'ailleurs très-instruits; ce qui me frappait d'autant plus que ce ton contrastait ouvertement avec le caractère prudent , modeste et réservé de l'illustre Werner , fondateur de cette école. Tadmire les connoissances oryctognostiques et géognostiques des Wernériens ; mais pour ce qui regarde leurs idées systématiques et géologiques , je crois qu'il m'est permis de dire franchement ce que j'en pense ^ sans néanmoins me départir jamais des égards qui sent dus aux auteurs. Avant Werner, toutes les hypothèses qu'on annonçait sous le titre
DE l'auteur. XXV
fastueux de théorie de la terre^ étaient purement imaginaires. Le seul fait important auquel on semblait attacher quelqu'intérêt , était celui des corps organiques fossiles, Wemer en accoutumant ses élèves à e;Kaminer la composition des montagnes , la structure et la texture des roches qui les*
composent, et leur position relative (t), a ■■ ■ ■■■■■■■ ,. I , ■■■■,■■■■
(x) Le principe de la superposition des roches a été conna par d^antres naturaliste* , qui cependant ne TonC ni suivi ^ ni développé comme Ta £iit Wemer. Dans le Journal de physique, tome 22 9 an 1783, il y a un Mémoire de Senlavie sur les couches de lave du volcan de Boutaresse, en Auvergne, superposées à des lits de diverses substances. A la page aça de ce Mémoire» Tauteur aVxpnme ainsi: #« l'ai toujours eu en vue le prin- »p cipe que tonte couche superposée à une antre hétéro- 99 gène, est plus récente que rinférieure. Je crois qu'il ## ne manque que des observations en minéralogie , et *t qu**!! ne fiiut plus que quelques méditations locales sua^ 99 la superposition réciproque des granits» des grès, dee 9f marbres, des laves, des poudingues, des mines, des 99 jades, des ardoises, des argiles « des pierres blanche» 99 calcaires, etc., pour écrire l'histoire ancienne du monde M minéral, et pour que cette partie de Thistoire naturelle f9 qu*on considère comme absolument systématique , sans- 99 la connoitre , soit euscepttble d'une sorte de démons- P9 tration fondée sor le principe des superpositions, tf