‹ Institutiones géologiquesChapitre 6 sur 151 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Lorsqu'en 1811 je publiai VlrUroducùonU la Géologie 9 mon principal motif fat de sonder ropinioQ des savans sur quelques idées que je méditais depuis long-temps, et que j'avais annoncées avec beaucoup de réserve dans <l'autre8 précédons écrits. Ces idées se référaient en partie à Tinfluence que le feu ou la matière de la chaleur a pu exercer dans Fétat primitif de notre globe; et en partie à quelques principes généralement reçus et qui , bien que consacrés par Fautorité du plus grand nombre, ne me paroissaient pas correspondre aux observations. , Je ne citerai qu'un seul de ces principes, celui de YinfiUration que plusieurs géologues regardent comme la clef de beaucoup de phénomènes , et qui me semble devoir être resffeint à un bien petit nombre de cir-» constances. Je ne fus point trompé dans mon espoir, et quelques sages critiques dont on m'honora, me firent connoitre quelles étaient les idées qui avaient besoin

DE l'auteur. XXI

d'être ou rectifiées ou développées. Je me suis convaincu encore des défauls de la méthode que j^avais suivie. Je n'avais pas assez divisé les objets que j^avais à traiter, et plusieurs de ces objets quelquefois différens entr'eux , se trouvant réunis en un petit nombre de longs chapitres, devaient nécessairement fatiguer l'attention du lecteur. J'ai donc cru devoir faire une nouvelle distribution des matières^ et les diviser en chapitres et paragraphes, qui étant beaucoup plus multipliés, offirent au lecteur des points de repos, et lui donnent le temps de réfléchir. En outre ^ depuis 1811 plusieurs ouvrages géologiques ont été publiés; et même quelques-uns qui parurent un peu avant cette époque, ne parvinrent à ma i:omioissance que quelque temps après. Si rattachement qu'on a ordinairement pour ses propres idées , me portait à m'aider des ouvrages qui fournissaient des faits favorables à mes opinions^ d'un autre côté, rintérêt

XXH PRÉFACE

cpie prescrit Tamour de la vérité, ne me perinjettait pas de! dissimuler ceux qui présentaient des difficultés contre ces mêmes opinions.

La formation trappéenne qui embrasse toutes les roches basaltiques, est un 6bjet de recherches très-compliquées. Ce protée de la géologie se montre tantôt en société avec des roches très-anciennes, tantôt superposé aux terrains les plus récens, comme sont/ ceux d'alluvion , et cela, sous des formes et des dénominations très-différentes de trapp , — de basalte, — de vake , — de mandelstein , — de graunstein , etc. J'ai donc pensé que je devais m'é tendre un peu sur cet article ; et comme les objets présentés aux sens , frappent plus fortement que lés paroles , j'ai cru faire un chose agréable aux géologues, en leur présentant une série de dessins d'amas colonnaires basaltiques. Quelques*- uns de ces dessins sont, pris d'ouvrages déjà connus, tels que ceux de Strange,

DE L*AOTEUR. XXIII

dé Faujas , de Fortis, etc ; mais beaucoup paroisseht pour la première fois , et jparti-^ culièrement ceux de l'Italie in«'idionaIe. Je dois cettx*ci au vif intérêt que le savant M/ Brocclii, mon collègue et mon ami, a pris à cet ouvrage, ayant eu la cbm«* plaisance de diriger lui-même le travail du dessinateur; et je me fais un devoir de lui témoigner ma reconnoissance. Peut-être quelques-uns de ces dessins , en présentant quelque circonstance à laquelle on n'avait pas encore fait attention, contribueront-ib à la solution de la question: peut-être encore £airont-ils naître dans l'esprit de quelque géologue , l'idée d'en accroître le recueil , et de multiplier les plans perspectifs desr lieux qui présentent la configuration colonnaire prismatique. En comparant les phénomènes qu'on y observe , en examinant les principales circonstances qui les accompagnent, il ne sera pas difficile de donner une ejfplîcation satisfaisant^ du problème.

Page 1