CHAPITRE XXVin
Doctrine des formations»
§ 166. Après avoir exposé Thypothèse qui nous parott sujette à de moindres difficultés , et la plus propre à expliquer la figure et la consolida* tion de notre globe^ il convient d*en faire Fapplication à ces substances pierreuses qui composent la croûte extérieure de la masse terrestre^ et qui sont les seuls objets soumis à notre examen. On a donné le nom de roches à ces substances pierreuses toutes les fois qu^elles existent en grandes masses à la superficie de la terre, et qu^elles forment en tout ou en partie des plaines ou des montagnes. Les géologues modernes ont encore étendu cette dénomination aux substances salines, combustibles et métalliques qu^ils rangent par conséquent dans la classe des roches, c^esti-dire, des granits , des porphyres, des basaltes,
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etc. ; mais dans tout langage scientifique , on doit) ce semble ) avoir en vue deux choses très-essentielles; la première, c^est d^exclpre tout tenne qui peut faire naître des idées fausses ou indéterminées ; la seconde , c'est de s* écarter le moins que possible ^ de la commune manière de parler. Il nous paroît diaprés cela que le nom de roche est • le plus propre qu^on puisse donner aux substances pierreuses, et que c*est à ces sobstances qu*on doit le circonscrire, vu que les caractères soit physiques , soit chimiques qu*elles présentent, sont trop diflférens de ceux des autres substances , pour que les unes et les autres puis* seot être comprises sous une même dénomination. Ainsi lorsque nous voudrons indiquer des masses d'une grande étendue qui forment des montagnes on des plaines à la superficie de la terre, et qui sont composées de substances ou salines ou combustibles ou métalliques, nous nous servirons de préférence du terme dépôt déjà introduit dans la géologie*
§ 1 67. Les roches que nous apercevons à la superficie de la terre, bien qu'elles aient leur gisement dans la même contrée , ne sont pas toutes de la même nature; toutes n*ont pas été produites à la même époque , puisqu^il est évident que celles qui sont placées au-dessous d'autres roches de nature différente, doivent avoir une origine plus ancienne. La nature d'une roche, son association plus ou
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moins fréquente avec d" autres^ et son gisemem ou constant ou variable^ relativement i celles aveclesquelles elle est ordinairement associée, soni les principaux objets qu^on doit examiner dam Tétude de la structure de la terre. C*est par k mot de formation , pris dans le sens ordinaire et commun ^ qu^on a coutume d*indiquer la manière dont on croit ou dont on suppose qu^une roche a été produite; mais Fidée qu'on attache maintenant à ce mot^ répond-elle à ce quUl signifie réellement? Dans les sciences, on introduit souvent des termes qui sont adoptés avec beaucoup d'avidité , parce qu'ils épargnent la fatigue d'entrer dans des détails qui quoique pénibles, sont du moins très^instructifs, et je dirai tnéme nécessaires à la clarté dea idées. Si ces termes sont ou introduits ou adoptés par des professeurs qui aient un nombreux auditoire de jeunes gens toujours prompts à recevoir de nouvelles impressions, une fois mis en circulation ainsi que les monnoies , ils se propagent sans que personne se donne la peine de le» soumettre à Texamen de la raison ou d'en déterminer la véritable valeur. Jadis les physiciens se contentaient de qualités occultes, et les naturalistes de formes plastiques , de jeux , (f écarts de la nature ; les chimistes expliquaient tous les phénomènes par le moyen du ph logistique ; la minéralogie était pleine de schorls ; et maintenant
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en géologie ^ on ne parle plus que de formerions. Quelques auteurs ont tellement multiplié Tusage de ce terme ^ que pour expliquer tout phénomène géologique qu^ils remarquent dans une contrée, ils imaginent aussitôt une formation particulière. Cest pour cela, que nous avons les formations générales , locales ^ circonscrites , indépendantes, subordonnées. Le mot même de formation quelquefois se rapporte au temps , et noas avons les formations primitiifes , de transidon ^ secondaires , tertiaires , etc. ; quelquefois à la nature de la roche , d^où naissent les formai dons schisteuses , calcaires , et celle qui est le labyrinthe de la géologie, et qu'on a appelée trappéenne.
% i68. Le savant géologue Borkowski ( Yoy. Journal de physique , tom. 69/ ) à voulu définir le terme de formation , en disant que par-là , on doit entendre « le type qui est propre à une » certaine époque»; et il ajoute « que les différend ^ rapports constans qui forment ce type , se
> remarcpient dans les périodes les plus longues ^ comme dans les époques les plus courtes :
> mais ces rapports se nuancent selon qu'on ^ observe les extrémités ou le centre de la pé- » riode. Pour que deux roches puissent être ^ appelées de la même formation , il faut et que * les rapports qui caractérisent le type de cette ^ formation , et que Tépoque à laquelle ces
-» roches étaient formées, soient les mêmes. On 3» reconnoîtra le type par la nature de la corn- 3» position de chaque roche ; T époque par les » rapports de superposition , de composition en 3» grand , etc. , d^une roche avec les autres. » Mais lorsque nous voudrons déterminer ou la nature de la composition d^une roche, ou son gisement , c'est-à-dire , le rapport de superposition, il est à craindre qu'il ne nous soit assez difficile de pouvoir fixer nos idées sur des observations générales et constantes; et comme nous nous trouverons dans le même embarras , lorsqu'il s'agira de déterminer l'extrémité de toute période, nous serons ainsi bien souvent exposés à prendre pour type d'une formation , ce qui ne sera qu'une modification de rapports. La définition du mot' formation^ donnée par d'autres géologues, est plus > courte et peut-étl-e plus claire: par ce mot, oni dtHigne l'ensemble des couches ou portions de terrains ou gîtes quelconques des substances minérales, qui paroissent avoir été formées à la même époque et ensemble , et qui partout où l'on les retrouve, se présentent avec les mêmes caractères généraux de composition et dé gisement. ^ § 169. Je suis bien loin de vouloir condamner l'usage du mot formation généralement répandu, et qui est fort propre pour indiquer la producdoa des roches et de leurs différens groupes: ce que je condamne, c'est l'idée, systématique cachée