LIVRE m. CHAP* XXVIII. a
dans ce mot Car si j*aj bien saisi la pensée des géologues modernes^ les diverses formations ne iont autre chose que les diverses précipitations ou chimiques ou mécaniques qui se sont opérées à £ffirentes époques. La masse des montagnes primitives^ disent deux célèbre» géologues^ Hofroann et Eslioger^ est une réunion de précipités, qui, provenant de dissolutions entièrement chimiques, ont en s^accumulant , formé la masse des mon-' tagnes primitives. Dans les premiers temps de la formation de la croûte de notre globe, disait Vemer lui-même à La-Métherie, et lorsque tout était encore couvert de la grande masse de reau de dissolution, les précipitations qui eurent lieu, s^ opérèrent tranquUiement ; les précipités forent chimiques et cristallisés ; de là cet aspect cristallin des granits et des gneiss qui sont les premiers produits de la dissolution, et qui composent les montagnes et les régions qu^on appelle primitives.
§ 170. Ainsi lorsqu*on voudra se faire une dée de la formation d*une montagne primitive , >n devra se représenter dans le lieu où cette nontagne est située , un fluide tenant en dis* Kilation un grand nombre de substances solides; et par conséquent- si la montagne est formée fune seule espèce de roche primitive, comme, i>ar exemple , de granit , il faudra concevou* me grande précipitation simultanée ou plusieurs
a66 nrsTiTUTtONS céoLOGiQtrEs.
précipitations successives , mais toujours des mé-* mes substances. Que si la montagne est composée de diverses roches primitives , ce sera le cas de supposer des précipitations distinctes ^ non-seulement par rapport à leurs époques ^ mais encore relativement à la nature des substances qui en ont été le sujet. Maintenant considérons une montagne primitive , comme ^ par exemple , celle du Simplon. Tous les géologues qui ont traversé cette montagne^ ont reconnu la justesse des observations faites par Saussure et par Ébel ^ sur la différence notable qui existe entre le9 roches du côté septentrional et celles du côté méridional. Du côté septentrional^ qui regarde le Valais , on trouve ^ la base de la montagne <, le calcaire primitif micacé ^ coupé de veines de quartz , et qui alterne avec des bancs de gneiss. Plus haut ^ on voit le gypse primitif qui alterne avec les schistes micacés ; et vers la sommité du passage ^ on remarque le gneiss. Ces roches sont disposées en couches verticales. Dans le revers méridional qui fait face à l'Italie ^ les granits commencent à la base de la montagne^ et continuent jusqu^à une hauteur assez considérable. Viennent ensuite quelques couches de roche calcaire blanche qui sont suivies de couches de gneiss et de granit veiné ^ lesquelles alter** rient avec la roche calcaire blanche et avec les schistes micacés grénatifères. L'inclinaison des
uvM m. cHAP. xxvm. a6'j
WQches de ces roches est tout au plus de 3o à 40 iegrés. Nous ne parlons pas de la diverse pokion des conches ^ vu qu'on pourrait rendre ^ison de cette différence en imaginant comme 9e coutume ^ un bouleversement qui ait soulevé es couches septentrionales beaucoup plus que b méridionales ; mats il nous paroît bien difficile le concevoir comment dans un même fluide et l la même époque , purent s*opérer des précîpbtions chimiques qui produisirent dans un site, ^ granits , et dans un autre ^ des roches calcaires micacées ; dans un lieu^ des couches solides ic sulfate de chaux ^ et dans un autre ^ des gneiss ^ des carbonates calcaires. Lorsque dans une éaûon chimique ^ il se fait une précipitation , ^ par on changement de température , ou par ^ diminution du fluide ^ ou bien par ractioti K quelque affinité élective ^ ou enfin par quelque •me que ce soit , les diverses substances se fondent et s^unissent en une précipitation S^Qirale et commune ^ et s^il intervient entr'elles Hque séparation , cela peut dépendre des di- '^ degrés de solubilité. Il faudrait donc supposer p€ la formation de la montagne du Simplon appartient à diverses époques; que les parties ^ptentrionâles furent le produit de quelques *^îpitès; que d'autres précipités différens fu- '^^^ Torigine des parties méridionales ; et qu'il
a68 INSTITUTIONS GÊOLOCTQnSS.
put arriver que les matières les . plus solubles $i précipitèrent ou avant celles qui étaient moin^ solubles, ou en même temps que celles-ci. En efj fet, quelle différence entre la solidiilitë de 1^ potasse et la , solubilité de la terre siliceuse \ Et cependant il faudrait .admettre que dans h précipitation des granitis;; une grande quantité de potasse se sépara du. âuide aqueux^ et rest^ combinée . dans les feld*spaths. Tout cela quoique possible ^ semble trop mystérieux pour être proi bable. I
§ 171. Un fait géologique, put-étre le seul qui jusqu'à présent , n'ait été démenti par aucune observation;^ est qu'on n'a pu trouver de traoi de corps organiques dans les roches primitives j dans les vrais granits , dans les gneiss, dans le^ mica-schistes, porphyres, etc. Je regarde celi^ comme un caractère bien tranchant pour ce^ sortes de roches, comme un caractère qui doit doiH ner lieu à beaucoup de réflexions , et qui montra cjue la nature a suivi un plan d'opérations tout i^ fait particulier , et quelle a employé des moyen^ bien différetis de ceux qui ont donné naissance auxl autres substances pierreuses. U suit de ce que je viens de dire , que les roches de notre globe peip vent être réduites à deux grandes classes : la première de ces deux classes embrassera les substancesj qui sont contemporaines de la coDsolidadcm de|