LIVRE ni. CHAP. XXX
les vœux de tous les géologues ^ en pabliaot lui-même son système, ne fût-ce que poar faire cesser cette discordance d'idées qu*on remarque dans les ouvrages de ses élèves. Je crains cependant quMl sera fort difficile de donner tuf ce sujet, des règles fixes et constantes. Plus les observations se multiplient, plus s^accroît le nombre des exceptions, et Ton reconnoît Tinsoffisance des théories qu^on a voulu établir, comme si la superficie du globe avait été fabri* quée dans tous ses points sur le modèle de quel-* quelques cantons particuliers. Je n* entends pas dire par là , qu^il ne soit pas infiniment utile (Tobserver ce qui arrive le plus communément: comme les mêmes causes étant données , on voit se réproduire les mêmes effets , une exact» analyse de ces effets pourra nous conduire un joar ^ la connoissance des causes , et nous dévoiler Torigine de toutes les anomalies; je ne combattrai donc que ce trop grand empressement qu^on a de généraliser les objets.
§ 1 85. Si les diverses formations ne sont autre chose que de diverses précipitations , la difficulté qu^on trouve à expliquer comment une précipitation a pu se changer et se transformer en une autre précipitation ( Voy. § 1 70 ), s'accroîtra de beaucoup lorsqu*on voudra à Taide du même principe , rendre raison de Forigine des forma-^ tioos subordonnées* Remontons par Timagination
à la coneolidation de la roche la plus ancienne, c^e9t-à-dire , du gï*anit. Pendant que la matière terrestre était dissoute dans Teaui^ la cristallisatioa du granit eut d^ abord lieu ; ce fut sans doute la plus considérable. Après celle^i commença und autre précipitation différente de laquelle résultai le gneiss. Les deux extrêmes de ces précipita* tious ^ savoir , la fin de la précipitation du granit, et le commencement de la précipitation du gneiss pouvaient fort bien se confondre , et d'après cela , on est peu surpris de voir ces deux «ubstances pierreuses passer réciproquement Tune à Fautre : mais la difficulté est de concevoir comment dans la période de la seconde précicipitation, la nature du précipité a pu subir des changemens si multipliés et si notables , en sorte qu'ici le granit ait paru de nouveau , que là se soit formé le porphyre , qu'aiUeurs ait figuré le trapp , plus loin la serpentine , etc. La seconde précipitation ' une fois terminée , la troisième a commencé; elle a produit le schiste micacé. Il paroît que cette troisième précipitation fût plus mécanique que chimique , parce que le schiste micacé offre peu de traces de cristallisation : cependant dans le cours de la période correspondante à cette même formatiod , se réproduisent encore les précipités chimiques cristallins qui formèrent ces filons de granit qu'on rencontre quelquefois dans le schiste micacé: ajoutons