UVRE III. CHAP. XXXI. SOÇ
et pleins de proéminences , ce qui prouve qu*aù Doins à Tair libre ^ la roche granitique a encore la propriété de se diviser en petites masses le quelque régularité. Trébra ne veut pourtant pas décider s'il y a de pareilles traces d^iine dirision de baqcs de granit dans rinCérienr des montagnes; mais quoiqu'il n'ose pas le nier^ il I du moins des motife d'en douter, d'après les diverses observations qu'il a faites. Observons encore que cet auteur était porté à croire que ces lignes qui donnent au granit un aspect de itratification , ne pénétraient pas dans l'intérieur des montagnes, et que par conséquent elles étaient des effets de la décomposition superficielle. § 19S. A l'appui de ce qu'assure Trébra sur la propriété qu'ont les granits de se diviser en petites masses de quelque régularité , j'ajouterai fue dans le lieu de Sémur dont j'ai déjà parlé li la fin de la descente qui conduit à • un pont^ i*ai observé la superficie d'un granit tellement entrecoupé de fentes presque régulières de la {HTofondeur d'environ un pouce , que cette superficie représentait un ouvrage en forme de réseau , opus reticulatum. Les gros morceaux rhomboïdaux de granit trouvés par Patrin dans me montagne de Sibérie ; les granits de la rive Iroite de la Berda que Fallas a vu se fendre en )arallélipipèdes grands et petits ; les rhomboïdes réguliers de la même pierre décrits par Pasumot
5lO INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
dan» le voyage aux Pyrénées; quelques granirs du Grimsel que Saussure ^ § 1689 ^ a observés se partageant naturellement en prismes quadrilatères d^une très-grande régularité^ démontrent la tendance qu*a cette roche pour se diviser en solides quadrilatères (0^ propriété qui lui est peutêtre communiquée^, comme le conjecture Faujas^ par Fabondance de la matière feld-«patiqiie. Enfin les couches de granit repliées en arc dont parle Saussure ^ § 1 764 ^ me semblent devoir être attribuées à la décomposition^ quî^ lorsqu'elle s*întroduit dans une roche^ peut en détruisant la continuité de ses parties, et en s^insinuant dans différentes directions, lui donner une apparence que Ton croirait originaire , tandis qu'elle n*est que Teffet des causes qui agissent journellement.
(i) Ramond dans son Fayage au Moni Perdu y décrit let formef que prennent let mattei de granit lortqa*ellef ae déme»brent ( Voy. planche i>'« de son ouvrage, où cet fonnes «ont représentées). Ce aavant géologue pense que les granits se dégradent selon les lois de leur structure, et que leurs fentes sont assujetties à une disposition régulière , et représentent les limites d*une cristaUisation qui agissait en diyers centres. Les masse* granitiques tendent à se diviser en petits polyèdres seloa les joints sur la face desquels on reconnott le poli de la nature. Tous les élémens du granit son cristallisés , et il est très--probabIe que cette force de cristaUisation qui s*y développait, «zerca encore son énergie sur leur union , et imprima ses fonnes ans masses granitiques. Ces formes , suivant Ramond , peuvent toutes se réduire an pentaèdre cunéiforme qu*on doit considérer comme , la molécule primitive de la cristaUisath»n du granit.
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§ 196* Il ne sera pas hors de propos d*observer que quoique le granit soit Tune des roches k9 plus dures, il n*est pas moins sujet à se décomposer. Saussure a vu dans le Lyonois , dans r Auvergne, dans le Gévaudau et dans les Vosges, des lieues entières de pays dont le terrain n^ètaic autre chose qu'un sable grossier produit par la décomposition du granit qui forme la base du territoire de ces provinces : et en quelques pays d*Âllemagne , cette roche dans Tétat de décomposition , est si abondante que "^oîgt a dit qu'il n'y a point de minéral qui soit aussi sujet à s'exfolier que le granit et la siénite, ce qu'il prouve par des exemples tirés du Brocken et de la forêt de Thurînge. Pallas a observé que la chatne granitique de la Sibérie à cause de la facilité avec laquelle se décomposent les roches dont elle est formée , paroît avoir perdu beaucoup de sa hauteur primitive , en " comparaison du Caucase et des Alpes européennes. Presque toutes les montagnes granitiques de la Sibérie semblent composées de masses , pour ainsi dire , amoncelées et arrondies par la décomposition , et qui présenteraient aux peintres et aux poètes, les plus belles scènes des travaux des géans de l'antiquité , qui , pour escalader le ciel , entassaient montagnes sur montagnes. Les granits des Alpes ont plus de solidité , et résistent davantage
3ia INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
à Faction des causes décomposantes (Toy. Saussaure ^ Voyage dans les Alpes , § 14^ )• Comme ]a substance qui prédomine dans le granit est le feld-spath ^ et que Tun des élémens des feldspaths est la jpotasse qui y est répandue d^une manière fort inégale^ il est très-probable que c*est de la plus ou moins grande quantité de cette substance alcaline^ que dépend le plus ou moins de facilité qu'a le granit à se décomposer. On peut expliquer de cette manière , pourquoi cette roche s* altère non-seulement à sa superficie, mais quelquefois même à la profondeur de plusieurs toises^ et pourquoi dans un granit fragile, on trouve* des masses de la même roche parfaitement conservées: