‹ Institutions civiles, guerre, sciencesChapitre 18 sur 86 · LES IMPOTS A ROME · texte numérisé non relu

LES IMPOTS A ROME

foule oisive qui pullulait dans les grandes villes vivait des libéralités des empereurs et de ses agents directs; mais c'était aux dépens de la province, et à mesure que la campagne se dépeuplait, le nombre des mendiants augmentait dans les villes d'une façon effrayante. L'impôt, qu'il fallait sans cesse augmenter, produisait pourtant de moins en moins.

« Tant que l'Italie jouit du privilège de l'exemption de l'impôt, dit M. Zeller dans son Histoire d'Italie, tant que les empereurs y répandirent l'or des provinces et les esclaves faits prisonniers sur l'ennemi, une prospérité factice cacha ces causes de ruine. Mais lorsque la capitation, Vindiction, Vor lustral et coronaire pesèrent aussi sur l'Italie déchue, et que les provinces se disputèrent les esclaves pris sur les barbares, la misère, la dépopulation s'accrurent dans une proportion effrayante. Les grands propriétaires, à leur tour, les sénateurs surtout, qui ne pouvaient avoir de fonds et d'immeubles qu'en Italie, furent frappés; et la petite propriété, écrasée, acheva de disparaître. Dans les villes, le corps des curiales,

épuisé par la responsabilité des impôts qui pesaient sur lui, non seulement ne put entrenir les monuments, les murailles, les aqueducs des cités, mais tomba sous le poids des charges qui s'augmentaient tous les jours, et vit ses membres chercher à sortir de la curie pour se réfugier au moins parmi les colons. Les campagnes étaient témoins d'un mouvement contraire; les petits possesseurs ruinés se réfugiaient dans les villes, comptant sur les distributions, cependant plus rares, de pain et d'huile. »

Augmentation des impôts, avec difficulté de plus en plus grande de les percevoir, misère toujours croissante dans les villes et dépopulation des campagnes, tel est le spectacle que nous offre l'empire romain à l'époque de sa décadence.

FIg, 24- — Bons de pain.

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