LES TRIBUNAUX EGYPTIENS
considérait pas comme un délit, ou si c'était un délit il s'efforçait d'en diminuer la peine; ensuite, selon l'usage, le plaignant répondait et le défendeur répliquait à son tour. Après avoir reçu deux fois l'accusation et la défense écrites, les trente juges devaient délibérer et rendre un arrêt qui était signifié par le président.
« C'est ainsi que les procès se faisaient chez les Egyptiens, qui étaient d'opinion que les avocats ne font qu'obscurcir les causes par leurs discours, et que l'art de l'orateur, la magie de l'action, les larmes des accusés souvent entraînent le juge à fermer les yeux sur la loi et la vérité. Aussi croyaient-ils pouvoir mieux juger une
Fig. 25. — Égyptiens comparaissant devant un tribunal.
cause en la faisant mettre par écrit et en la dépouillant des charmes de la parole. De cette manière les esprits prompts n'ont aucun avantage sur ceux qui ont l'intelligence plus lente, les hommes expérimentés ne l'emportent pas sur les ignorants, ni les menteurs et les effrontés sur ceux qui aiment la vérité et qui sont modestes. Tous jouissent de droits égaux. On accorde un temps suffisant aux plaignants pour exposer leurs griefs, aux accusés pour se défendre et aux juges pour se former une opinion. »
Les peintures de Thèbes nous montrent une scène qui paraît se passer devant un tribunal ; des scribes, malheureusementtrès effacés, écrivent les déclarations faites par un personnage qui s'incline profondément, deux autres suivent celui-ci en portant un bras croisé sur la poitrine et l'autre pendant jusqu'à la hauteur du genou en signe de respect {fig. 25).
L'histoire de Joseph, racontée dans la Bible, nous montre que l'emprisonnement était en usage dans l'ancienne Egypte. Mais nous voyons par les monuments qu'on employait aussi les peines corpo-