VII
tionnel que le public connaissait et qui faisait reconnaître immédiatement le personnage qui entrait en scène.
Les masques scéniques dont les acteurs se couvraient la face
Fig. 54.
Masques antiques.
étaient de véritables tètes creuses, dont la disposition concave contribuait à changer la voix et à la rendre plus sonore. Le Catalogue publié par le ministère de l'Instruction publique, à propos de
Fis,'. 5j.
Fig. 56.
Masques antiques.
l'Exposition universelle de 1878, contient les renseignements suivants sur la question si controversée des masques antiques : (( Les recherches auxquelles l'exposition théâtrale a donné lieu ont amené un résultat intéressant pour l'étude des anciens masques de théâtre. Sur la foi d'un vers de Virgile, qui s'applique uniquement aux
LES MASQUES
représentations rustiques et populaires de l'Italie, on pensait que ces masques étaient faits d'écorce ou tout au moins de bois. En prenant pour point de départ de nos expériences les masques et les enveloppes des momies égyptiennes, nous avons acquis la conviction que les masques tragiques et comiques étaient fabriqués avec de la toile mise en forme par un procédé d'estampage et couverte d'un enduit crayeux, auquel on donnait plus de cohésion en y mêlant de la colle. Ainsi s'explique un passage assez obscur de Lucrèce relatif à des masques de craie, qui pouvaient, avant d'être complètement séchés, se retourner à l'envers sous l'action d'un
Fig. 57. — Masque tragique.
simple choc. Deux autres témoignages antiques, jusqu'ici trop négligés, attestent que Thespis inventa les masques simplement de toile, et qu'Eschyle, après lui, trouva les masques recouverts d'un enduit : c'est comme l'histoire du procédé que nous venons de décrire. » Ce procédé était en effet intéressant à connaître, parce qu'on n'a retrouvé aucun masque antique véritable, bien qu'on en ait un grand nombre de représentations.
Quant aux types généraux affectés aux différents genres de masques, il y avait d'abord deux grandes divisions : les tragiques et les comiques. Il y avait au moins vingt-cinq espèces de masques tragiques, six pour les vieillards, sept pour les jeunes gens, neuf pour les femmes et trois pour les esclaves. L'arrangement des che-
veux et de la barbe était différent pour chacun de ces masques, auxquels étaient affectées en outre une teinte et une physionomie particulières. On connaît également plus de quarante types de masques comiques : neuf pour les vieillards, dix pour les jeunes gens, trois pour les vieilles femmes, quatorze pour les jeunes filles et sept pour les esclaves. En dehors de cela, les dieux, les héros et les grands personnages historiques avaient des masques consacrés par l'usage et qui les faisaient de suite reconnaître {fig. 49 à 57). La figure 58 montre un acteur en train d'examiner ses masques.
Fig. 58. — Acteur examinant ses masques.
d'après une peinture de Pompéi. On remarquera que parmi les masques il y en a un qui paraît être une tête de Gorgone, reconnaissable à ses cheveux en serpents.
Les acteurs. — Dans l'antiquité grecque, les femmes ne montaient pas sur le théâtre et leurs rôles étaient joués par des hommes. Il n'y avaH même pas à l'origine d'acteurs de profession ; les représentations théâtrales faisant partie des fêtes de Bacchus, tous les citoyens indistinctement participaient aux farces, aux quolibets, aux bons mots et aux répliques piquantes que ces fêtes entraînaient toujours avec elles. Mais comme les facéties populaires avaient souvent pour objectifs des personnages opulents et haut placés, les chefs de la république à Athènes songèrent à régulariser ces fêtes en leur donnant un caractère officiel, ce qui leur permet-
LES ACTEURS
tait d'exercer leur influence sur la multitude. Les acteurs appelés à jouer dans ces cérémonies furent alors considérés comme des fonctionnaires publics. Le poète, qu'on appelait le maître, parce qu'il était chargé d'instruire les acteurs du rôle qu'ils avaient à jouer, reçut un chœur qu'il avait mission de préparer pour les Dionysies, c'est-à-dire les fêtes de Bacchus. Outre les choreutes,
Fjg. 59. — Exercice pour drame satyrique.
qui étaient chargés de la partie lyrique, il y avait trois acteurs auxquels on réservait les rôles principaux dans la partie dramatique,, Celui qui devait jouer le premier rôle s'appelait le protagoniste, celui qui jouait le second était le deutéragoniste et le troisième le tritagoniste. Mais comme les personnages qu'on devait représenter pouvaient dépasser le nombre de trois, il arrivait souvent que le même acteur pouvait être appelé à jouer plusieurs rôles différents dans la même pièce. Telle était du moins la situation des acteurs dans la scène primitive, car elle s'est sensiblement
modifiée depuis. Il est bon de dire aussi que les auteurs étaient en même temps acteurs, et que le plus souvent ils se chargeaient euxmêmes du premier rôle. Eschyle, Sophocle, Aristophane ont joué dans leurs propres pièces. Parmi les plus célèbres auteurs de l'antiquité grecque, on cite Polus et Théodore. Le salaire de ces acteurs était souvent considérable, car Polus recevait pour deux jours un talent (5.560 francs). Il est vrai que les représentations théâtrales
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Fig. 60. — Musiciennes de théâtre.
n'avaient lieu qu'à certaines solennités et qu'on devait s'y préparer longtemps à l'avance. Les acteurs à cette époque étaient fort honorés et plusieurs furent appelés à remplir de hautes fonctions dans TKtat, notamment celles d'ambassadeur.
La figure 59 nous montre une mosaïque tirée de la Maison du poète tragique à Pompéi. C'est assurément un des documents les plus curieux que nous possédions sur le théâtre antique : on y voit l'intérieur d'une salle que nous pourrions appeler le foyer des acteurs; au centre un vieillard assis, le directeur du théâtre probablement, ou peut-être l'auteur de la pièce, donne ses instructions aux acteurs placés autour de lui. Trois masques, dont deux tragiques et un comique, sont placés à ses pieds sur une escabelle. En face de lui
LES ACTEURS
deux jeunes acteurs écoutent attentivement sa parole; ils n'ont d'autre vêtement qu'une peau de bête autour des reins, ce qui semble indiquer qu'ils se préparent à donner une représentation du genre champêtre. L'un d'eux porte un masque au-dessus de sa tête en manière de coiffure. Un peu plus loin, une joueuse de flûte s'apprête à accompagner la répétition. Enfin, au fond, on voit un
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Fig. 6i. — Concert.
autre acteur qui, aidé d'un de ses camarades, est entrain de passer une tunique à longues manches. Cette coiffure formée d'un masque était d'un aspect assez original, et il paraît qu'elle n'était pas rare chez les gens de théâtre, car on la retrouve encore dans une autre peinture de Pompéi qui représente deux musicienu'^s {fig. 60).
Avant de jouer une pièce il y avait toujours des répétitions. C'est ce que montre la figui^e 64 , dans laquelle une femme lit son rôle avec accompagnement de la lyre et de la double flûte. C'est encore
une lecture que représente sans doute aussi la peinture assez énigmatique reproduite sur la figure 62, mais elle n'est pas accompagnée de musique.
Après la guerre duPéloponcse, la condition des acteurs se modifia singulièrement. Les acteurs, devenant chaque jour plus nombreux, formèrent des confréries pour l'exploitation des théâtres. Ces
Fig. 62. — Lecture.
confréries, auxquelles les subventions des villes ou les libéralités des particuliers venaient souvent en aide, allaient donner des représentations dans les cités où il y avait un théâtre, et y passaient un emps plus ou moins long selon le marché qu'ils avaient conclu. Le salaire de ces acteurs ambulants, faisant abstraction des talents exceptionnels qui jouaient les premiers rôles et étaient payés à part, parait avoir été de sept drachmes (environ 6 francs) par représentation.
LES ACTEURS 73
A Rome, la profession d'acteur n'était nullement honorée comme en Grèce, et elle fut même longtemps interdite aux citoyens romains. Les acteurs étaient presque toujours des étrangers, principalement des Grecs, ou bien des affranchis. La scène romaine admettait les femmes, tandis qu'elles n'ont jamais paru sur la scène grecque ; mais ces femmes étaient par cela seul déshonorées. Un sénateur n'avait pas le droit de rendre visite à des acteurs, et il eût été compromettant même pour un simple chevalier de leur parler dans la rue. Tous les préjugés que la société moderne a longtemps gardés sur les gens qui vivent du théâtre ont leur origine dans le dédain que les Romains ont toujours affecté pour les histrions. Ce dédain, quoiquetrès général, n'était pourtant pas universel, puisque Cicéron était l'ami de l'acteur Roscius. Il faut croire, au reste, que si les acteurs étaient peu honorés, ils étaient assez largement rétribués lorsqu'ils arrivaient à la réputation, puisque l'acteur Esopus laissa à son fils une fortune de vingt millions de sesterces (5.560.000 francs).
Dans le prologue de V Amphitryon de Plante, Mercure s'exprime ainsi en s'adressant au public : « Ce que Jupiter m'a chargé de vous demander, c'est que des inspecteurs s'établissent sur tous les gradins de l'amphithéâtre, et s'ils voient des spectateurs apostés pour applaudir un acteur, qu'ils prennent leur toge pour gage dans cette enceinte même. Si quelqu'un a sollicité la, palme en faveur des comédiens ou de tout autre artiste, soit par lettres, soit personnellement, soit par intermédiaires, ou si les édiles décernent injustement le prix, Jupiter veut qu'ils soient assimilés à ceux qui briguent malhonnêtement une charge pour eux-mêmes ou pour autrui, et placés sous le coup de la même loi. 11 dit que vos victoires sont dues à la valeur, non à l'intrigue ou à la perfidie, et pourquoi le comédien ne serait-il pas soumis à la même loi que le grand citoyen? Il faut solliciter par son mérite, jamais par une cabale; quiconque fait bien a toujours assez de partisans, pourvu qu'il ait affaire à des juges impartiaux. Il veut de plus que l'on donne des surveillants aux acteurs, et s'il s'en trouve qui aient aposté des gens pour les applaudir ou pour nuire au succès de leurs camarades, qu'on leur arrache leur costume et qu'on les fouette à tour de bras. Ne soyez pas surpris que Jupiter s'occupe tant des comédiens ; il n'y a pas de quoi vous étonner, il va jouer lui-même dans cette pièce. Eh! vous voilà tout ébahis, comme si c'était d'aujourd'hui que
LE THEATRE
Jupiter joue la comédie. Ne paraît-il pas dans les tragédies? Oui, je vous le répète, Jupiter en personne aura son rôle et moi aussi. Attention cà présent, je vais vous dire le sujet de la pièce. »
Le Dictionnaire de l'Académie des Beaux-Arts résume ainsi les documents que Lucien, Athénée et PoUux nous fournissent sur le costume des acteurs dans l'antiquité : « Une couronne d'or, un
Fig. 63. — Rôle de roi.
manteau rouge brodé d'or, jeté sur une très longue robe, descendant jusqu'aux talons, le cothurne, une large ceinture, souvent un sceptre d'or ou d'argent, voilà de quoi se composait le costume d'un roi de théâtre. Les reines étaient vêtues do pourpre, les bras couverts d'une étoffe blanche. Le noir, le brun, les couleurs sombres, indiquaient le deuil ou l'exil. Télèphe et Philoctète arrivaient sur la scène avec des vêtements en lambeaux. L'agrenon. ainsi se nommait le costume des devins, se composait uniqut im nt
LES AGTEtJftS
d'un réseau de laine, ou, si Ton veut, d'une espèce de maillot qui enveloppait tout le corps. Tirésias, dans VOEdipe-Roi, paraissait vêtu de l'agrenon. Les prêtresses étaient vêtues de blanc, les chasseurs et les soldats portaient une écharpe rouge. Une peau de bête
Fig, 64. — Scène de comédie. (D'après une peinture antique.)
apprêtée, une besace, un bâton, tel était l'accoutrement des gens de campagne et des bergers,
(( Ces différents costumes étaient complétés par les accessoires nécessaires, tels que lances, casques, massues, carquois. Mentionnons aussi les coiffures variées, mitres, tiares, qui ornaient la tête du tragédien, et indiquons les costumes de la comédie.
« C'était avec un manteau rouge ou noir, un bâton recourbé, que se montraient les vieillards ou Gérontes de la comédie. Un petit
manteau, semblable à celui des crispins du Théâtre-Français, était attaché sur les épaules des esclaves. Les jeunes gens étaient habillés de rouge, les parasites vêtus de noir. Les jeunes femmes portaient une tunique de pourpre bordée de franges, des bijoux et notamment des bracelets. »
Sur la figure 63, nous voyons un acteur assis et tenant un sceptre, sans doute parce qu'il va jouer le rôle d'un roi. 11 regarde une jeune femme qui trace des caractères sur une tablette surmontée d'un masque tragique. On a pensé que ce personnage écrivait probablement le nom de la pièce qui devait être jouée. Un troisième personnage debout regarde la femme qui écrit.
Philostrate, dans la Vie d'Apollonius de Tyane, raconte la singulière impression que produisit la vue d'un acteur tragique sur les habitants de la petite ville d'Hispola dans la Bétique, où la population n'avait jamais rien vu de semblable. « Son talent, dit-il, lui avait attiré quelque réputation dans les villages qui n'étaient pas trop barbares, d'abord parce que les peuples chez lesquels il venait n'avaient jamais entendu de tragédies, ensuite parce qu'il affirmait reproduire exactement les intonations de Néron. Quand il fut arrivé chez les habitants d'Hispola, ceux-ci furent épouvantés avant même qu'il eût dit un mot. Dès qu'ils le virent marcher à grands pas, se dresser sur ses cothurnes, ouvrir une large bouche et se draper dans une robe démesurément large, ils ne purent se défendre de quelque effroi ; mais lorsqu'il se fit entendre et se mit à déclamer, la plupart crurent que c'était un démon qui hurlait à leurs oreilles et s'enfuirent. On voit combien les mœurs de ces populations sont simples et primitives. »
« Il y avait en Grèce, dit Aulu-Gelle, un acteur qui surpassait tous ses rivaux par la pureté de la voix et la grâce des gestes ; il se nommait Polus. Il jouait les chefs-d'œuvre tragiques avec un art et une habileté profonds. Ce Polus perdit un fils qu'il aimait tendrement. Lorsqu'il crut avoir assez longtemps porté le deuil, il reprit sa profession. Dans VÉlectre, de Sophocle, qu'il jouait alors devant les Athéniens, il devait porter l'urne qui est supposée renfermer les cendres d'Oreste. Dans cette pièce, Electre, croyant avoir dans les mains les restes de son frère assassiné, gémii sur son trépas et s'abandonne à tous les transports de sa douleur. Polus parut donc couvert des vêtements lugubres d'Electre, et tenant, au lieu des prétendues cendres d'Oreste, l'urne qui renfermait les ossements de son
LES ACTEURS
propre fils et qu'il avait tirée du tombeau. En les pressant sur son cœur, il remplit tout le théâtre non de cris simulés, mais d'un deuil réel et de lamentations déchirantes. Ainsi quand on croyait que l'acteur jouait son rôle, c'est sa propre douleur qu'il représentait. »
Le personnage de la figure 64 qui, la lance à la main, se hanche si résolument, pourrait reproduire un de ces types vantards chers à la comédie latine et tel qu'on en trouve dans le Soldat fanfaron de
Fig. 65. — Scène de comédie. (D'après une peinture antique.)
Plante, ou dans VEunuque de Térence. Et si celui-là est l'ancêtre des matamores de la comédie moderne, ne pourrait-on pas voir aussi dans son interlocuteur l'ancêtre d'un Crispin ou d'un Mascarille gesticulant sous son petit manteau? On pourrait peut-être trouver dans les pièces comiques des anciens une scène se rapportant à celle-ci.
Le type des courtisanes est bien visible dans notre figure 65. Un esclave ou valet fait un geste ironique en montrant deux femmes debout devant lui. Son vêtement, qui indique une condition servile, se compose d'un habit jaune avec des raies blanches en travers et du petit corset blanc que portaient les histrions. L'une des deux
femmes se cache en partie le visage avec sa main et paraît un peu honteuse des propos qu'elle entend ; elle porte une tunique hleue «t un manteau blanc. L'autre femme, placée derrière la plus jeune, porte un Vêtement rouge, couleur habituelle aux courtisanes ; elle semble présenter sa compagne au valet placé devant elles.
La. figio^e 66 nous montre un vieillard vêtu de blanc et portant la barbe en touffe pointue ; il s'appuie sur son bâton, en regardant
Fier. GG. — Scène de comédie.
deux personnages assis, dont l'un joue de la double flûte, tandis que l'autre, pourvu d'un masque comique, semble l'accompagner en chantant. Le joueur de flûte a un manteau rouge, où l'on remarque une longue pièce rapportée, couleur de pourpre et brochée d'or. Le chanteur masqué est vêtu de blanc.
La sculpture nous offre aussi quelques représentations d'acteurs. Celle que reproduit la figure 68, et dont on voit à côté le masque sur une plus grande échelle, a été découverte à Tralles, dans l'anclehne Lydie, et ligure actuellement au musée de Oonstantinople.
LES ACTEURS
Le Dictionnaii^e de V Académie des Beaux- Arts en a donné la description suivante : « Le personnage que représente cette statuette a la tête couverte d'un bonnet cachant les oreilles ; ce bonnet est noué sous le menton de manière à maintenir le masque, qui est ainsi totalement encadré par la partie antérieure de la coiffure. Le masque est largement ouvert devant les yeux et devant la bouche, et il laisse voir en grande partie le bas du visage de l'acteur. Ces
Fig. 67. — Masque en marbre. Fig. 68. — Statuette de comédien.
Statuettes d'acteurs découvertes à Tralles.
diverses ouvertures sont établies dans de profondes orbites qui donnent à la figure une accentuation nécessaire dans les grands espaces où se développaient les scènes théâtrales chez les anciens. Les cheveux, passant sous le bonnet, flottent sur les épaules. Le vêtement, grande robe à manches serrées qui s'arrêtent sur le poignet, descend de manière à couvrir entièrement les jambes et à ne
laisser voir que les pieds. Les mains du personnage, croisées sur la ceinture, semblent placées de manière à la soutenir. Les jambes sont croisées aussi ; elles amènent quelques mouvements dans la partie inférieure de la robe. »
La figure 69 représente également un acteur comique pourvu de son masque. Le type qu'elle reproduit est assez fréquent dans les monuments peints ou sculptés.
Fig. 69. — Acteur comique pourru du masque.
Le chœur. — « Suivant que le sujet l'exige, dit Barthélémy dans le Voyage du jeune Anacharsis, le chœur est composé d'hommes ou de femmes, de vieillards ou déjeunes gens, de citoyens ou d'esclaves, de prêtres, de soldats, etc., toujours au nombre de quinze dans la tragédie, de vingt-quatre dans la comédie, toujours d'un état inférieur à celui des principaux personnages de la pièce. Comme pour l'ordinaire, il représente le peuple, ou que du moins il en fait partie, il est défendu aux étrangers, même établis dans Athènes, d'y prendre un rôle, par la même raison qu'il leur est défondu d'assister à l'assemblée générale de la nation.