‹ Institutions civiles, guerre, sciencesChapitre 35 sur 86 · VII · texte numérisé non relu

VII

habitants de l'Attique, les auteurs réservent leurs nouvelles pièces pour les grandes Dionysiaques, qui reviennent un mois après, et qui attirent de toutes parts une infinité de spectateurs. Klles commencent le 12 du mois élaphébolion et durent plusieurs jours, pendant lesquels on représente les pièces destinées au concours.

« La victoire coûtait plus d'efforts autrefois qu'aujourd'hui. Un auteur opposait à son adversaire trois tragédies et une de ces petites pièces qu'on nomme satires. C'est avec de si grandes forces que se livraient ces combats fameux où Pratinas l'emporta sur Eschyle et sur Chœrilus, Sophocle sur Eschyle, Euphorion sur Sophocle et sur Euripide, ce dernier sur lophon et sur Ion, Xénoclès sur Euripide. On prétend que, suivant le nombre des concurrents, les auteurs de tragédies, traités alors comme le sont encore aujourd'hui les orateurs, devaient régler la durée de leurs pièces sur la chute successive des gouttes d'eau qui s'échappaient d'un instrument nomm<; clepsydre. Quoi qu'il en soit, Sophocle se lassa de multiplier le> moyens de vaincre; il essaya de ne présenter qu'une seule pièce, et cet usage, reçu de tous les temps pour la comédie, s'établit insensiblement à l'égard de la tragédie.

« Dans les fêtes qui se terminent en un jour, on représente maintenant cinq ou six drames, soit tragédies, soit comédies. Mais dans les grandes Dyonisiaques qui durent plus longtemps, on en donne douze ou quinze et quelquefois davantage ; leur représentation commence de très bonne heure le matin et dure quelquefois toute la journée. »

Les auteurs éprouvaient souvent de grandes difficultés pour faire jouer leurs pièces qui devaient être approuvées par l'archonte. La réception d'une pièce pouvait donc quelquefois être due à la faveur, et même parmi les pièces admises, il y avait des rivalités à cause du concours entre les ouvrages représentés. Ce concours devait avoir pour juge une sorte de tribunal, mais la foule imposait souvent ses décisions, car chaque auteur avait ses partisans. Le vainqueur était comblé d'applaudissements et souvent accompagné par les spectateurs jusqu'à sa maison.

La tragédie. — La tragédie a son origine dans les dithyrambes qui se chantaient chaque année aux fêtes de Bacchus. C'était primitivement de petits poèmes lyriques, destinés à célébrer le dieu don* la mère a été foudroyée par Jupiter et qui lui-même a été mis « n

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