LES GRANDS JEUX ROMAINS
composaient de chants, de danses et de pantomimes diverses. Un monceau de comestibles, rassemblé sous les portiques, était mis à la disposition des spectateurs, et souvent un repas somptueux était offert au peuple après la fin des jeux scéniques, c'est-à-dire vers le milieu de la fête. La seconde partie des jeux romains avait lieu au cirque ou à l'amphithéâtre. Cette partie de la fête, qui consistait en courses de chars ou en exercices de gladiateurs, était celle qui passionnait le plus les Romains, et les représentations théâtrales n'en étaient, en quelque sorte, que le prélude. Elle s'ouvrait par une grande et solennelle procession en l'honneur des dieux, dont on déposait les images sur l'épine après les avoir promenées devant le peuple.
Tous ces jeux étaient extrêmement bruyants, car les spectateurs, impatients et toujours avides de nouveautés, criaient pour voir des ours pendant que les athlètes luttaient, et demandaient la course des chars quand les gladiateurs faisaient durer trop longtemps le plaisir de s'entre-tuer.
La passion des Romains pour ces exercices a duré plus longtemps que leur puissance; il a fallu, pour y mettre fin, les invasions des barbares et l'effroyable misère qui en a été la conséquence.
Fig. 187. — Une naumachie. (D'après une mëdaille antique.
LA GUERRE
LES ARMES
La massue. — Les haches. — Le casse-tête. — L'épée.
La lance et le javelot. — L'arc. — La fronde.
Le casque. — L'armure. — Le bouclier.
La massue. — La massue, l'arme des anciens héros, a dû être employée chez tous les peuples primitifs. Les monuments où sont figurés les exploits d'Hercule ou de Thésée représentent la massue comme un gros bâton, très fort et pesant à l'un de ses bouts, et se rétrécissant du côté où on le prenait en main : le plus souvent on y laissait des nœuds. Cette arme, abandonnée dès que l'art de la guerre s'est perfectionné, apparaît sur plusieurs monuments comme employée par quelques peuples barbares; sur le Virgile du Vatican, on la voit aux mains des Latins qui combattent les Troyens, et sur la colonne Trajane, elle figure parmi les armes dont se servent les Daces.
Les haches. — Les haches, comme les massues, se rattachent à une époque préhistorique ; mais comme la pierre se conserve mieux que le bois, on a pu retrouver un certain nombre de haches qui remontent à une époque antérieure au travail des métaux. On sait que cette découverte a rencontré à son origine bien des incrédules; aujourd'hui tous les musées de l'Europe possèdent une collection de ces armes primitives. Parmi les haches de pierre qu'on peut voir au Musée d'artillerie, il y en a deux qui sont signalées comme particulièrement intéressantes. « Ces haches proviennent des habita tions lacustres, dit la notice du Musée. Elles sont fixées à des andouillers de cerf. L'extrémité de l'andouiller opposée au tranchant de la hache est taillée pour recevoir un manche en fourche,
LES ARMES
qui s'y liait par des courroies de nerfs ou de cuir. Toutes les haches de petite dimension peuvent se rattacher à ce type. On rencontre souvent, et particulièrement en France, un genre de hache pour lequel" ce mode d'emmanchement n'est pas suffisant. Cette hache a la forme d'un œuf aplati dont le petit bout serait pointu. Elle a quelquefois de grandes dimensions, un beau poli et des proportions remarquables. C'est ce qu'on nomme la hache des dolmens. Un des spécimens les plus curieux du Musée, extrêmement rare, nous a fourni la solution du problème de son emmanchement. Cette pièce a été taillée tout entière dans le même bloc de pierre, hache et manche. Deux rainures en saillie dessinent grossièrement, mais nettement, son insertion dans le manche. Elle est placée à son
Fig. i38. — Hache de bronze.
milieu, de sorte qu'on pouvait se servir du tranchant et de la pointe de l'arme comme dans les haches d'armes du moyen âge. »
A une époque qu'il n'est pas possible de préciser, les hommes, ayant appris à travailler les métaux, ont reconnu que l'étain, combiné avec le cuivre, produit un alliage plus dur et plus pesant que ces deux métaux séparés : c'est ce qu'on appelle l'âge de bronze. Les haches de cette époque sont assez nombreuses. Elles s'emmanchaient de plusieurs manières : dans quelques-unes, le manche devait être fendu pour s'adapter sur les deux côtés de la hache. Dans d'autres, il s'emmanchait dans une cavité centrale, creusée dans la hache, comme le montre la figure 438.
Les haches de bronze qu'on a retrouvées en assez grand nombre sur le sol de la (iaule étaient coulées dans des moules. 11 se peut que ces moules fussent en terre ou en pierre, mais la plupart de ceux qu'on a retrouvés jusqu'à ce jour sont de bronze, comme les haches, et ils ont été coulés comme elles. Ces moules sont composés de deux pièces symétriques. La figure 439 est un moule à hache celtique découvert en Angleterre, etla figure 44-1, un moule à hache