LES COMBATS D ANIMAUX
symboles des luttes de la vie dans lesquelles on ne doit jamais se laisser abattre.
Fig. i34. — Combat de coqs. (D'après une peinture de vase.)
Un combat de coqs est figuré sur une mosaïque de Pompéi. L'un des deux adversaires lève la tête avec orgueil, tandis que le vaincu
Fig. i35. — Coq vainqueur, (D'après une mosaïque de Pompéi.)
semble s'affaisser tout honteux. Derrière eux on voit leurs propriétaires. Celui qui possède le coq vainqueur tient une couronne et
un enfant lui présente une palme. Dans sa main il tient encore le sac dans lequel on enfermait le coq avant la bataille. Un jeune homme et un enfant montrent par leur air affligé le chagrin que leur fait éprouver la défaite de l'autre coq {fig. 4Sb).
Le musée de Latran, à Rome, possède un petit bas-relief provenant d'un monument funéraire, où l'on voit la fin d'un combat de coqs. L'hermès, devant lequel est une table chargée de couronnes e de palmes, semble indiquer une palestre. Un enfant ou un génie
Fig. i36. — Coq victorieux. (D'après ua bas-relief antique.)
amène devant l'hermès le coq victorieux, tandis qu'un autre s'éloigne en pleurant et tenant dans ses bras son coq qui paraît avoir succombé dans la lutte {fig. 436).
Les combats de coqs figurent quelquefois sur les sarcophages, pour indiquer l'intrépidité du défunt. Néanmoins l'usage des combats de coqs a été beaucoup moins répandu parmi les Romains qu'il ne l'avait été parmi les Grecs.
Les Romains étaient passionnés pour les combats d'animaux féroces. Les récits de ces combats paraîtraient imaginaires, s'ils n'étaient attestés par un grand nombre d'écrivains, qui en parlent tous de la même manière. Pline en raconte ainsi l'origine :
« Q. Scévola, fils de Publius, dit-il, étant édile curule, fit le premier combattre plusieurs lions à la fois. Sylla, qui fut depuis dictateur, donna dans sa préture un combat de cent lions à crinières. Après lui, le grand Pompée en fit paraître dans le cirque six cents, dont trois cent quinze à crinières; et César, pendant sa dictature, donna un combat de quatre cents lions. »
LES NAUMACHIES 137
Outre les combats d'animaux entre eux, il y avait des spectacles consistant en divers exercices que les animaux apprivoisés faisaient devant le public. A la dédicace du théâtre de Marcellus, Auguste montra dans l'amphithéâtre un tigre apprivoisé. L'empereur Claude en fit voir quatre à la fois. Le Carthaginois Hannon est le premier qui osa manier un lion et le montrer apprivoisé. A Rome, cela est devenu fréquent : Antoine se faisait traîner en compagnie d'une comédienne, sur un char traîné par des lions. Pline parle d'une sorte de danse exécutée par des éléphants.
« Aux combats de gladiateurs donnés par Germanicus, dit-il, des éléphants exécutèrent quelques mouvements confus et grossiers, en forme de ballet. Leurs exercices ordinaires étaient de lancer des traits dans les airs, de faire assaut comme les gladiateurs, et de jouer ensemble en figurant la pyrrhique. Ensuite ils marchèrent sur la corde et même quatre d'entre eux en portaient un cinquième étendu dans une litière, comme une nouvelle accouchée. Ils allèrent se placer à table dans des salles remplies de peuple, et passèrent à travers les lits, en balançant leurs pas avec tant d'adresse qu'ils ne touchèrent aucun des buveurs. »
Sous l'empire, des animaux de tout genre parurent dans l'amphithéâtre. C'est dans les jeux du grand Pompée que le rhinocéros parut pour la première fois. Marcus Scaurus fit voir au peuple de Rome un hippopotame et cinq crocodiles dans une pièce d'eau creusée pour les jeux de son édilité.
Les NAUMACHIES. — « César, dit Suétone, agrandit le cirque des deux côtés et y ajouta à l'entour un lac circulaire. Les plus nobles jeunes gens y firent rouler des quadriges et des chars, ou voltiger des chevaux, et, se partageant en deux troupes de différents âges, ils célébrèrent les jeux troyens. Cinq jours furent consacrés à des combats de bêtes. On finit par une bataille entre deux armées, composées chacune de cinq cents fantassins, de vingt éléphants et de trois cents cavaliers. Pour laisser plus d'espace à leurs manœuvres, on avait enlevé les barrières du cirque, et on y avait substitué deux camps opposés. Des athlètes luttèrent pendant trois jours sur un stade fait pour la circonstance dans le voisinage du Champ de Mars. On creusa un lac dans la petite codette, où des galères tyriennes ou égyptiennes, à deux, à trois et à quatre rangs de rames, montées par un grand nombre de combattants, s'y livrèrent
une bataille navale. Ces spectacles avaient attiré de toutes parts un si prodigieux concours d'étrangers, que la plupart logèrent sous des tentes dressées dans les rues ou dans les carrefours, et qu'un grand nombre d'individus, entre autres deux sénateurs, furent écrasés ou étouffés dans la foule. »
Les naumachies sont des édifices spéciaux destinés à des représentations de combat naval. Ils se composaient d'un vaste bassin plein d'eau, qu'entourait un bâtiment de forme circulaire ou ovoïde : ce bâtiment était destiné aux spectateurs, qui y prenaient place comme dans les cirques ou les amphithéâtres. Il y avait à Rome plusieurs naumachies, dont il n'est pas resté de ruines ; mais on en voit une représentation sur une médaille de l'empereur Domitien que reproduit la figure 437. Suétone rapporte que, dans un spectacle donné sous le règne de Claude, on vit se heurter une flotte de Sicile et une flotte de Rhodes, chacune de douze trirèmes, au bruit de la trompette d'un Triton d'argent qu'un ressort fit surgir au milieu du lac.
Les grands jeux romains. — Les jeux publics des Romains étaient de plusieurs sortes. Il y avait des jeux solennels, les plus importants de tous, qui revenaient périodiquement et dont les frais très considérables étaient supportés par le sénat ou l'empereur. Ce sont ceux qu'on appelle les grands jeux, et qui constituaient une fête populaire à la fois nationale et religieuse. Outre cela, il y avait des jeux honoraires, que l'on donnait une fois pour toutes à l'occasion d'un triomphe ou de la dédicace d'un temple, et des jeux votifs, c'est-à-dire donnés en raison d'un vœu fait dans des circonstances intéressantes pour la république. Enfin il y avait fort souvent des jeux occasionnels qui étaient quelquefois d'une magnificence extrême, et dont les frais étaient supportés par un particulier désireux de conquérir la popularité, ou par un fonctionnaire, qui quelquefois se ruinait pour donner de l'éclat à son administration. Tous ces jeux consistaient en pièces de théâtre, luttes athlétiques, combats de gladiateurs ou d'animaux féroces, processions, batailles simulées, et autres cérémonies avec lesquelles on voulait amuser le peuple romain.
Les jeux romains, ou grands jeux, étaient annuels et duraient environ quinze jours. C'était toujours par des représentations scéniques ou pièces de théâtre que l'on commençait. Los intermèdes se