VII
Fig. 189. — Casque macédoDien.
sont de diverses couleurs. On en voit au musée de Naples dans des peintures des tombeaux de Pœstum.
Les casques grecs sont quelquefois pourvus d'une visière faisant saillie sur le visage qu'elle est chargée de protéger, comme on le voit sur les figures 480 et 484.
Fig. 190. — Casque antique.
Dans les moments où on n'était pas aux prises avec l'ennemi ou rejetait la visière en arrière, comme le montrela^g^wre YS^, et lorsqu'on en venait aux mains, on la rabattait de manière à protéger les yeux. Toutefois les monuments présentent des scènes de combat où la visière est relevée ou rabattue indistinctement (/"igr. 480 à 187).
Les casques grecs sont en général bombés par derrière; cependant on en voit quelques-uns, comme celui qui est représenté sur la figure 486, qui sont complètement ronds et dépourvus du cimier.
LE CASQUE
Mais cette dernière forme est beaucoup plus commune chez les Romains que chez les Grecs. La crinière, qui dans quelques-uns de ces casques descendait très bas, n'était pas un simple ornement. Elle était destinée surtout à préserver le cou [fig. 487). ha. figure 488 montre un casque thébainde l'âge héroïque. Elle est tirée d'un vase
peint et représente Cadmus. Ce casque, de forme conique, est d'ailleurs assez rare.
Le guerrier macédonien, dont la figure 489 montre la tête casquée
Fig. 192,
Casques antiques.
à côté de celle d'un cheval, est tiré de la grande mosaïque de Pompéi et représente un des compagnons d'Alexandre. Il est placé immédiatement derrière le roi; on peut facilement voir sur cette figure les détails du harnachement du cheval, dont la décoration est d'ailleurs très sobre.
Voici un casque dont la forme générale est celle d'un bonnet phryf gien : le front est décoré d'une tète coiffée d'un masque de lion. Un lion ailé, d'un caractère asiatique, orne les ailerons qui garantissent les oreilles, et le corps du casque est entouré d'un collier de perles, dont une petite tête occupe le centre. Un grand panache accompa-
LA GUERRE
LES ARMES
gnait probablement cette belle pièce dont le travail paraît appartenir à l'époque d'Alexandre [fig. 490).
Le casque reproduit sur la figure 49i est au musée du Louvre : il occupe une place d'honneur dans la salle des bijoux. Il est difficile de dire à quelle nation il faut rattacher cette curieuse arme
Fig. igS. — Casque ëtrusque du musée Campana.
défensive qui a été trouvée dans la Grande Grèce, mais dont forme n'est reproduite sur aucun monument connu. Il a sans doul appartenu à un chef riche et puissant et il est aussi remarquable pî la délicatesse du travail que par la bizarrerie de son aspect. Il e^ de forme conique et surmonté de deux ailerons de fer qui lui doi nent un |)eu l'apparence d'une lyre.
Une fourche à deux dents est plantée sur le sommet du casqi dont la base est ceinte d'une couronne de feuilles de laurier en oi
LE CASQUE
La figure 192 se rapproche un peu de la précédente par sa forme
conique et provient de la même contrée. C'est encore au Louvre qu'on peut voir le casque représenté sur
là figure 493 : il faisait partie du musée Campana où il était catalogué
comme étrusque. Sa forme générale le rapproche beaucoup du casque romain, mais la visière qui redescend en pointe pour garantir le nez rappellerait plutôt les casques grecs. Le front est décoré
Fig. ï94 à 197. — Casques romains,
d'une tête de Méduse et la partie supérieure est surmontée d'ornements qui étaient probablement le support d'une aigrette.
Les casques, que portent les soldats sur les monuments romains, sont d'un caractère très simple. Ils sont d'une forme généralement arrondie et n'ont pas d'aigrette (fig. 49 i à 200).
Ils ont généralement aussi des mentonnières, ou tout au moins des ailerons pour garantir les oreilles.
Les casques des centurions se distinguent parce qu'ils étaient munis d'un cimier qui était quelquefois plaqué d'argent et orné de plumes sombres.
Il est difficile d'assigner une
' nationalité au casque représenté
sur la figure 200 : il a la forme générale d'un casque romain, mais il
est pourvu d'un appendice pour garantir le nez, détail qu'on remarque
— Casque romain.
surtout dans les casques grecs. Mais ce qui fait la particularité de ce casque, c'est l'aileron en forme de tête de bélier qui est rabattu sur
Fig. 199. — Casque romain. Fig. 200. — Casque bélier.
roreille et qui, contrairement à l'usage, ne paraît pas mobile. Ce
Fig. 201. — Casque carthaginois.
casque ne semble pas disposé pour recevoir un panache, mais il es| pourvu par derrière d'un appendice destiné à garantir le cou.
LE CASQUE
On a voulu voir un portrait d'Annibal dans le médaillon que présente la figure 20L Si l'authenticité du personnage peut être révoquée en doute, le casque n'en est pas moins curieux, parce qu'il montre le costume d'un chef carthaginois à l'époque des guerres puniques. Sa forme générale se rapproche du casque grec plus que du casque romain, quoiqu'il participe des deux. Les trois plumes que nous voyons en avant se trouvent quelquefois sur les monuments qui représentent des Samnites, des Campaniens ou des Grecs de l'Italie méridionale. Le fait au surplus n'a rien de bien surprenant, puisque les Carthaginois étaient à l'époque des guerres puniques maîtres de
Fig. 202. — Casque gaulois.
Fig. 2o3. — Casque barbare.
la Sicile, et fortement mêlés aux habitants de la Grande Grèce. L'aileron que l'on voit sur le côté, et qui est destiné à protéger l'oreille, se retrouve quelquefois dans les casques italiens de cette époque.
La figure 202 nous montre un casque gaulois dont la forme diffère essentiellement de tout ce que nous avons vu jusqu'ici. Il ne faudrait pas en conclure toutefois que les armées gauloises avaient dans leur armement un uniforme très rigoureusement observé. Il est très probable au contraire que les chefs gaulois s'habillaient un peu à leur fantaisie et que nous avons ici une forme de casque particulière à un individu et non typique.
Il en est de même du casque représenté sur la figure 203. Sa forme, étrangère aux armées grecques et romaines, fait involontairement penser aux armes du moyen âge. Ce casque, qui a probablement servi à un soldat barbare d'une nationalité inconnue, devait préserver entièrement le visage, mais comme il est d'une seule pièce et ne renferme aucune partie mobile, il devait être singulièrement incommode et d'une chaleur accablante en été.
LA GUERRE
LES ARMES
L'armure. — Les Égyptiens se servaient de plusieurs espèces de cuirasses ; les plus communes étaient faites avec de la toile de lin, dont plusieurs pièces étaient collées l'une à l'autre à l'aide d'une préparation. On faisait aussi des cuirasses avec du cuir qu'on garnissait de bandes de métal. Quelques-unes de ces armures semblent même d'une construction assez remarquable {fig. 204, 205).
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Fig. 2o4.
Fig. 2o5,
La cuirasse de l'armure antique est un corselet fait tantôt de cuir, tantôt de métal uni ou bien formé d'écaillés ou de bandes métalliques. Chez les Grecs, antérieurement aux guerres médiques, la cuirasse était quelquefois formée de deux pièces de métal distinctes qui affectaient de se ^modeler sur la forme du corps : une des deux pièces garantissait la poitrine et le ventre, l'autre servait à garantir le dos. Des fragments de cuirasses de ce genre ont été trouvés dans un tombeau de Pœstum. Les armures grecques présentent au surplus des types très divers f/?^. 206, 207).
Un autre genre de cuirasses, beaucoup plus compliquées et par
l'abmure 169
conséquent plus coûteuses, était formé de parties mobiles et reliées
Fîg. 206 et 207. — Armures grecques.
ensemble au moyen de charnières. Les cuirasses de ce genre n'étaient
Fig. 208. — Soldats romains.
portées quejpar,;de grands personnages ou dés officiers supérieurs.
LA GUERRE
LES ARMES
La cuirasse des soldats romains était généralement en cuir avec des bandes de fer et ils portaient avec cela une espèce de tunique à manches courtes qui descendait jusqu'aux genoux et couvrait les hanches. On en voit un modèle très complet sur la figure 208, qui représente des soldats romains attaquant les Daces postés sur une colline. Quelquefois la cuirasse étaitgarnied'épaulettes pour garantir les épaules et se terminait par des bandelettes de cuir.
La colonne Trajane nous montre plusieurs exemples de cuirasses
Fig. aog. — Soldat cuirasse d'(5cailles.
composées de petites pièces en forme d'écaillés semblables à celles d'un poisson, en ce sens que les écailles, circulaires dans leur extrémité inférieure, se recouvrent l'une l'autre d'après un système parfaitement régulier. Quelquefois ce sont les écailles d'un reptile qu'on a voulu imiter, et alors elles sont angulaires à leurs extrémités et forment comme autant de losanges superposés <lont l'angle est toujours dirigé en bas. La colonne Antonine montre des cuirasses dont les écailles reproduisent exactement celles de la vipère. Enfin on voit sur un bas-relief de l'arc de Trajan un corselet dont les écailles sont disposées en plumes d'oiseau. On Aoit que ces écailles présentaient une assez grande variété dans la forme, mais