LA FRONDE
employé beaucoup l'arc comme arme de guerre, au moins dans leurs armées régulières. L'usage en était généralement restreint à la chasse, exercice dans lequelles jeunes gens étaient extrêmement adroits. C'est au même titre que l'arc nous apparaît chez les Romains, car jamais cette arme ne fut introduite dans leurs armées, si ce n'est par des troupes auxiliaires.
L'arc nous apparaît au contraire chez la plupart des peuples barbares avec lesquels les Grecs ou les Romains se sont trouvés en lutte. Nous le voyons chez les Scythes et chez tous les peuples de la haute Asie. Les Parthes furent de très habiles archers et c'est avec l'arc, leur arme de prédilection, qu'ils causèrent aux Romains de si grands désastres. Mais il faut remarquer que les Parthes étaient des cavaliers qui combattaient en fuyant, et il en a été de même pour la plupart des peuples dont l'arc était l'arme principale. Les Numides, qui après avoir été les implacables ennemis de Rome devinrent ses fidèles alliés, combattaient avec les mêmes méthodes.
La fronde. — La fronde est un instrument de guerre très primitif qu'on trouve au début de toutes les civilisations, et dont les sauvages se servent encore aujourd'hui. Il n'est donc pas étonnant que la fronde figure parmi les armes égyptiennes : on la trouve en effet sur les peintures de Thèbes et de Beni-Hassan. La fronde égyptienne consiste en une lanière de cuir ou de corde tressée. Elle est large dans le milieu, se rattache à la main par une boutonnière et se termine par une mèche qui s'échappe du doigt au moment où on lance la pierre.
Les Grecs et les Romains se sont aussi quelquefois servis de la fronde, néanmoins c'est surtout chez les barbares que cette arme a eu de l'importance, parce que sa fabrication n'exigeait pas une industrie bien avancée. Les balles que lançait le frondeur étaient quelquefois en plomb, mais la plupart du temps, elles consistaient simplement en pierres ramassées dans les chemins ou sur les champs de bataille. Les Romains se servaient de lingots de plomb dont quelques-uns portaient des inscriptions, telles que : « frappe avec force » ; — ou bien : « lance », etc. D'autres portaient le numéro de la légion.
Le casque. — Le casque égyptien présente plusieurs formes différentes, mais il n'a pas la grande aigrette qui donne une si belle
tournure aux casques grecs (fig. 47b, 476). Quelquefois les casques égyptiens sont coniques ; d'autres sont sphériques et se nouent par de petits cordons attachés sous le menton. Il y en a que décorent de petites bandes métalliques. La plupart descendent assez bas pour
protéger la nuque. Les casques des [soldats égyptiens sont généralement faits de joncs tressés.
Les rois portaient à la guerre un casque couvert d'une peau de panthère et orné de l'urœus, petit serpent qui dresse la tête et qui est l'insigne des Pharaons. Un large ruban accompagnait quelquefois le casque et pendait sur les épaules [fig. 477).
Les casques grecs primitifs étaient faits avec des peaux d'animaux. Les héros aimaient à se coiffer avec la peau dure et hérissée des bêtes féroces qu'ils avaient tuées. Il est même probable que ces peaux couvraient toute la personne, comme on le voit sur les
casques d'ancien style où Hercule porte une peau de lion, et ce n'est que dans une époque postérieure que l'on songea à
Fig. 175. Fig. l'jG.
Casques égyptiens.
Fig. i^'j. — Casque d'un Pharaon.
Fig. 178. — Casque.
faire, pour préserver la tête, une armure spéciale. La peau du cliien paraît avoir été fréquemment employée dans les temps primitifs, mais celle du taureau, qui offrait beaucoup de solidité, dut être préférée de bonne heure. Lorsqu'on commenrn à faire des casques véritables, quelques-uns furent encore recouverts avec la tête d'un
LE CASQUE
Fig. 199. — Achille et Ajax. (D'après une peinture de vase.)
Fig. 180. Fig. 181.
Casque grec faisant saillie sur le front.
animal, comme on le voit sur la figure 478, qui est tirée du fronton du temple d'Egine. Mais le casque ici représenté appartient à une
Fig. i8a à 187. — Casques grecs.
époque à peu près contemporaine des guerres médiques, et la tète d'animal qui en recouvre la partie antérieure n'est qu'un luxe décoratif.
LE CASQUE
Casque thébain.
Le casque des temps héroïques, tel qu'on le voit représenté sur une multitude de vases, était pourvu d'un masque mobile qui s'adaptait entièrement au visage ; des ouvertures étaient pratiquées dans ce masque pour voir et pour respirer.
Au moment du combat on plaçait ce masque, qu'on remontait ensuite de manière que le bas couvrît seulement le front. La figure 479 nous montre un casque grec de la forme la plus ancienne. Il est surmonté d'un cimier très élevé portant une grande aigrette. Ces aigrettes étaient presque toujours faites en crins de cheval ; dans les casques de cette '^'
époque toute la queue retombe quelquefois par derrière.
Les casques étaient souvent ornés d'ouvrages en relief, repoussés, ciselés ou rapportés en différents métaux. Le cimier était surmonté
d'un panache ou de crêtes fixées dans des rainures et faites ordinairement de crins de cheval. Quelquefois il y avait deux ou trois de ces crêtes et celle du milieu se terminait par une longue de crins que le vent agitait. C'est ainsi que, dans Homère, le petit Astyanax est effrayé par la crinière du casque d'Hector. Les crêtes des côtés étaient courtes, droites et raides ; et quelquefois en fils d'or. Les panaches étaient souvent soutenus par des figures en relief, comme des sphinx, des chevaux, des griffons, ou d'autres monstres fantastiques. Quelquefois le panache est détaché du casque et supporté par une tige droite. Les casques avaient aussi des ailes ou des plumes élevées de chaque coté dans des coulisses, comme nos plumets. Ces ailes