LES ROIS GRECS
autorité effective {fig. 7 et 8.) Le roi marche toujours le premier à la guerre, et dans les banquets il a droit aux meilleurs morceaux. Son pouvoir incontesté est entouré de respects, comme celui des patriaches dans l'ancien Orient ; mais le roi est souvent l'ami et le
Fig. 7. — Insigne d'autorité. (D'après une peinture de vase.)
compagnon des hommes qu'il commande, et on ne voit jamais en Grèce l'étiquette et la hiérarchie des monarchies orientales.
Dans la période suivante, le tyran prend un tout autre caractère. Celui-ci est presque toujours un chef populaire, un parvenu qui s'est rendu maître de la citadelle et qui de là peut imposer ses volontés à la cité. Au reste, le terme de tyran n'est pas toujours
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INSTITUTIONS flIVILES — LE GOUVERNEMENT
pris en mauvaise part dans l'antiquité, comme il l'est de nos jours; il y a des bons et des mauvais tyrans. Un tyran n'est pas, pour les Grecs, un homme qui abuse de son autorité pour satisfaire ses vices aux dépens de la justice, c'est simplement un homme dont l'autorité
Fig. 8. — Insigne d'autorité. (D'après une peinture de vase.)
n'est pas légitime ou consacrée par les lois du pays. 11 exerce le pouvoir parce que la faction dont il est le chef est devenue prépondérante, et, s'il est renversé, ses partisans et ses amis partageront son exil et sa mauvaise fortune, comme ils en ont partagé la bonne. Tel a été, par exemple, le règne de Pisistrate à Athènes. Le pouvoir des tyrans, étant toujours sorti de circonstances exceptionnelles, est nécessairement regardé comme passager par tous ceux qui n'appar-