MONARCHIE EN ASIE
du roi d'Assyrie, comme le montre la figure 4. Quand il est dans l'intérieur de son palais, le roi est toujours entouré de musicienset d'eunuques {fig. 2).
Le personnage que montre la figure S est un des grands officiers de la couronne. Il est couvert d'une robe qui descend jusqu'aux pieds et se termine en bas par une frange de gros glands. Elle laisse complètement libre une partie de la poitrine ainsi que le
Fig. 6. — Roi de Perse.
bras, qui est seulement couvert de deux riches bracelets. L'autre main est posée sur le pommeau de l'épée, ce qui indique la fonction militaire du personnage. Le rôle des eunuques dans le palais s'explique de lui-même, mais on comprend plus difficilement l'importance qu'ils paraissent avoir eu dans la maison militaire du roi. Il paraît pourtant bien certain qu'ils occupaient une fonction déterminée parmi les guerriers qui accompagnaient le roi. Les basreliefs en font foi ; sur la figure 4 nous voyons un eunuque archer et sur la figure S un eunuque portant l'épée au côté.
Les vastes provinces qui composaient l'empire d'Assyrie n'étaient pas toutes administrées de la même manière. Les unes, qui for-
maient l'ancienne Assyrie, étaient gouvernées par des agents relevant directement de l'autorité royale ; les autres, c'est-à-dire les pays conquis, appartenaient généralement à des princes nationaux, tributaires du roi en temps de paix et obligés en temps de guerre de lui fournir des troupes, mais leurs fonctions étaient héréditaires. Ils faisaient moins l'office de préfets que celui de grands vassaux. Les rébellions assez fréquentes que le roi d'Assyrie avait à réprimer étaient punies avec une extrême dureté ; mais quand un des princes rebelles avait péri dans les supplices, son fils lui succédait paisiblement et il était rare que le roi d'Assyrie songeât à modifier la forme du gouvernement ou les usages nationaux.
L'organisation de l'empire des Perses était à peu près la même que celle de L'Assyrie. Les satrapes ou gouverneurs de provinces étaient de deux sortes : les uns étaient les chargés d'affaires du roi; les autres, considérés comme vassaux, devaient seulement le tribut annuel au monarque et les soldats pendant la guerre. Quelques-uns de ces vassaux portaient le titre de rois et le souverain de l'empire était appelé grand roi, ou roi des rois. Plusieurs bas-reliefs de Persépolis représentent le grand roi. Son attitude est toujours la même ; il est assis sur son trône et porte dans la main droite un long sceptre et dans la gauche un bouquet de plantes symboliques. Quelquefois le personnage placé derrière lui est un eunuque ou une femme, élevant le chasse-mouches au-dessus de la tête du roi; quelquefois aussi c'est un des grands officiers de la couronne qui se tient debout derrière le fauteuil royal et porte en main la plante sacrée {fig. 6). Le trône du roi est assez élevé et ses jambes, disposées d'une manière hiératique, sont toujours placées sur un tabouret.
Les rois grecs. — Il faut distinguer soigneusement les rois de l'âge héroïque, les tyrans ou rois de la période républicaine et les monarques souvent très-puissants de l'époque macédonienne. Dans l'âge héroïque, les rois, que les poèmes homériques appellent pasteurs des peuples, n'ont pas un pouvoir bien nettement déterminé parce qu'il n'existe pas de loi écrite qui puisse en fixer la limite et les attributions. On les voit présider aux assemblées du peuple, commander les armées, offrir les sacrifices aux dieux, régler les cérémonies publiques. Ils portent le sceptre, qui dans l'antiquité est toujours l'attribut de la souveraine puissance, et que les femmes de haute condition ont en main, bien qu'elles n'exercent aucune