CHAPITRE V
SoMiiAJHE. — Marine sous l'Assemblée natianaU, la CootmIIss, If Dir» tourelle Consulat et l'Empire. — L'Assemblée nationale et Umt fine; ordonnances de 1791. — La marine tons la BépnblifM; décrets des 22 et 24 octobre 1795 (80 Tendémiaire -at S bnwin an IV) sur les écoles de marine et rinstmction detélèvH.- Le premier Gonsnl et la marine; combats de mer; éeda dagUi maritime. — Projet de descente en Angleterre. — L'Empereari M ministre Decrès et ses amiranz. — Système de cioiaière, eoa ioi» ces. — Impulsion donnée aux travanx de la marina apièt Iapta4i TilsiU — Instruction des officiers. — Création de deux éeda navales à Brest sur le Tourville, à Toulon snr le Dmquesm^ — >IM de la marine en 1813.— Ministres de la marine de la RépobUqMA de l'Empire.
Quand la Constituante, en 1790 , voulut se compte (le ce qu'était une marine, les uns lui afiBnnènl que c'était une administralion, d'autres soutinrent que ee ne pouvait être qtiune armée (1). On n'était donc ptf d'accord, ou plutôt on ne tenait pas à Tétre.
Aussi les ordonnances de 1791 , émanant de TAssemUéB nationale, ne réoi^nisèrent pas le corps illustre de h marine française ; elles le détruisirent à ce jpmnt qsB malgré toute notre vitalité native, il eut bien de h pan à se relever pendant tout le cours de l'Empire. Les oitonances furent dictées par un sentiment de méfiance et di sourde jalousie qu'on ne peut assez sévërement qualifier: pour satisfaire ce sentiment, on abdiquait Tempire de k
(1) Amiral Jurieu de la Gravlère. {Revuê des ûeux-MomieSf Mi
UVRE PREMER i5i
et cette prépondérance sur les contrées lointaines importante pour qu'on dût donner aux chefs d*exfédition les pouvoirs les plus étendus ; ils devaibnt^ loin 4e b métropole, faire face à toutes les éventualités.
< Vos élèves , avait dit Prieur , ce sont encore des c oflBciers de marine ; nous n'en voulons ni par une porte « ni par une autre. >
Que voi]1ait*on alors? Faire prévaloir le principe d'égafilé, même aux dépen$ des plus cbers intérêts de la patrie.
Malgré les plus sages observations des membres de TAseemblée qui avaient appartenu à la marine, tout fMcien personnel, atec les écoles d'application et les •Uéges^ fut supprimé et remplacé par un corps dont la poiivelle composition offrait si peu de garantie qu'on aurait pu la croire conseillée par les ennemis de la France, et non déddée par ceux qui étaient délégués par elle pour mainlenir sa puissance et ses droits.
On créa donc des amiraux, des capitaines et des lieutenants de vaisseau, des enseignes entretenus , puis un nombre indéfini d'enseignes non'-eniretenus qui, âgés de sioins de quarante ans et ayant navigué deux années pour le service de l'Ëtat, pouvaient prétendre au grade de lieutenant de vaisseau. L'avancement était pour un sixième au dioix du roi, le reste à l'ancienneté.
Le dixième des places d'enseigne entretenu était réservé lux maîtres ; le reste des vacances était rempli au moyen de concours auxquels pouvaient prendre part tous les marins ayant navigué quatre ans, soit sur les bâtiments de TÉtat soit sur ceux du commerce.
Nous ne nous arrêterons pas à toutes les dispositions
152 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION MILITAIRE
bizarres de cette loi qui dénotait , dit M. de CriBeno; {Écoles navales) , c une ignorance complëtedes prindpci
< constitutifs de tout corps oi^nisé. > Gomme cet écrînii, nous avons déjà exprimé plusieurs fois cette pensée c (|rï
< faut avant tout à un corps militaire plus qu'à tout watt « la permanence qui conserve, perpétue les traditiooBel c engendre la confiance parmi ses membres. >
Ce qui frappe surtout dans cette nouvelle l^latioa, c'est de voir sans cesse confondues par leur personnel h marine militaire et la marine marchande qiû , en auens cas, ne pouvaient avoir ni le même esprit, ni lea mémesMdances. Quel était donc pour le pays et pour ces aspirants A près de quarante ans cet avenir que ne favorisaient moaom des précieuses qualités de la jeunesse. On dit en Angleterre qu'après treize ans révolus tout temps passé swrtem est perdu pour la marine.
Une seconde loi du 10 août 1791 établit dans louais ports des cours publics d'hydrographie et de navigatioD.
La loi du 14 octobre combina le système du choix am celui du concours : sur trois cents emplois d'aspirants» deux cents étaient donnés aux élèves et aux volontaim qui avaient navigué, cent étaient donnés au oonoonre. U programme d'examen , quant aux mathématiques, oooh prenait l'arithmétique, la géométrie, les éléments de navigation et de statique ; l'âge d'admission à l'emploi d'aqirant était de dix-sept à vingt ans.
La loi du 51 janvier 1793 (12 pluviôse an I), dkift par les circonstances exceptionnelles dans lesqudks b pays se trouvait placé, se rapprochait, dans une de ss principales dispositions, de l'usage anglais ; eUecréutao
LIYRC PRBMIBR 185
eoDCours un emplm d'iostilutear sur les bâtiments de guerre de plus de 120 canons ; deux fois par jour; des courà de heture, d'écriture, de calcul et de théorie de la nàfigation Aaient ouverts à bord pour les novices et les matdots ^ koDS d'y assister. Ceux qui les avaient suivis avec succès étaient envoyés dans les ports pour suivre des cours plus atiDcés. {Journal des Sciences militaires.)
A leur tour, les arsenaux furent désorganisés, soumis
à des administrateurs incompétents et inhabiles, à Tex-
sion des officiers militaires devant alors accepter sans
Bimure le matériel et les vaisseaux qu'on leur donnait
accomplir de périlleuses missions. 11 semble qu'on
diercbait à mardier à contre-sens de toutes les idées saines
€t raisonnables.
La direction du feu des vaisseaux fut même confiée à des officiers étrangers à la mer, chargés de commander et d'instruire les canonniers de marine.
Cependant les scènes révolutionnaires devenaient dans les ports de plus en plus sanglantes ; les excellents offiders de l'ancienne marine française avaient dû se soustraire par la fuite aux fureurs populaires. Des vides nombreux et irréparables s'étaient donc faits dans ces cadres si complets, au moment même où la guerre allait éclater avec fureur sur terre et sur mer.
La Convention remplit d'abord la moitié des vacances i l'ancienneté, droit qui souvent exclut la capacité, puis envoya dans les ports des commissaires chargés de lui désigner des officiers dignes, autant que possible, de remplir les emplois vacants.
Bientôt, ce furent les sociétés patriotiques qui décer-
154 INSTITUTIONS D^ÉDUGATION mUTÂIRE
nèrent ces emplois^ et, par les décrets du 18 manelS juillet 1795 (% ventôse et du 21 mesûdor an ïj, hOotvention dut conBrmer ces nominations ; cependant dh j mit la condition, probablement indbservée dans gaduMi uns de ses points importants, d'abord d'un œrtifioÉt de civisme et ensuite d'avoir commandé pendant voyages à la mer ou d'être lieutenant de vaisseau, de la dernière promotion.
Il fallut bientôt abaisser toutes les barrières, et le décRi du 9 juillet 1793 (10 thermidor) autorisa le minirtR à choisir suivant sa convenance. Le ministre en pnto pour placer d'un seul bond dans le cadre des officim généraux des marins qui avaient pu recevoir pendui quelque temps les leçons de ces praticiens dont les €» naissances et la bravoure étaient si connues dans toris l'Europe et auxquels alors l'Angleterre était trop bat reuse d'accorder l'hospitalité. Parmi ces nominatkw nous trouvons celles des hommes qui ont le plus WÊxqi dans la marine sous la République et l'Empire, VilhMk- Joyeuse, Richery, Rruix, Decrë» , Hamelin, Thâfeodi Emériau, Gantheaume, etc., etc.
Le 27 septembre 1793 (6 vendémiaire an Il)i ki corps de l'administration et du génie maritime diqwarent : c Chaque chef de service, dit M. de Crisensfi c correspondait directement avec le ministre, et ksai»c naux devenaient, de par la loi, des places puUiqueBok c tout le monde , à l'exception des officiers de marin € avait le droit de commander. >
Ce fut dans ces déplorables conditions que la R^ blique déclara la guerre à l'Angleterre et à la HoUande.
De toutes ses colonies , la France n'avait conservé que kiles de France et de Bourbon, qui, pour mieux dire, itaieDt conservées elles-mêmes. Le Gouvernement, après fme de Toulon, tenta les plus grands efforts pour tenir (à aux Anglais. Une escadre se formait dans ce port ee des éléments presque tous tirés de la marine mar- Aude.
€ La bravoure, dit Lacretelle^ ne manquait pas à ce nouveau corps, et Tenthousiasme du jour devait la rendre
encore plus impétueuse, mais comment concilier les
principes de la Révolution avec cette discipline sévère et
despotique, qui seule peut faire le salut et l'honneur de t puissantes escadres? >
Ne fallait-il pas que l'amiral Vil)aret-Joyeuse qui, avec 'escadre de Brest, allait combattre l'amiral Howe, obéit à ean-Bon-Saint-André , ancien ministre protestant et lembre du comité du salut public?
Aussi le 2 janvier 1794 (15 nivôse an II) , les Anglais irent vainqueurs comme ils le furent encore le 4 juin 795 (16 prairial an III).
Mais dans la première journée , l'honneur ne fut pas erdu et l'épisode du Vengeur, qui se fit sauter plutôt que e se rendre, vint prouver que ces marins ne manquaient uede science et que l'Angleterre aurait encore à compter lus tard avec la marine française.
On essayait pourtant à revenir aux anciennes écoles, aais ces essais étaient plus qu'éphémères.
Le 22 septembre 1795 (30 vendémiaire an IV), paraisait un décret organisant neuf écoles, dont une navale, dnsi que nous l'avons indiqué dans notre premier chapitre.
186 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION MILITAIRE
Les aspirants de marine devaient se rendre dans les poito de Brest, de Toulon et deRochefort après avoir étéadui à un concours comprenant les connaissances élénieiilM ordinairement exigées. Ils devaient être embarqués sorw corvette destinée à leur instruction , puis après ûx Mb de mer, rentrer dans le port pour y suivre tous les trmn des ateliers.
Enfin, pendant un an, ils devaient naviguer sous b ordres d'habiles officiers et faire une campagne au kag cours. Ils n'auraient pu être admis à l'examen d'ense^ entretenu qu'après avoir fait leur service sur les den corvettes. De plus on soumettait les aspirants andens m mêmes conditions.
C'était faire un grand pas en avant, et on le fit imoièdiatement en arrière, deux jours après, par suite des (fispositions de la loi du 24 octobre 1795 (2 brumaire aoIV)* qui, du reste, venait modifier celle de 1791.
Devant de tels faits et de pareilles contradictions, c'a! bien le cas de répéter avec Fourcroy que $i tout aoait M créé, tout restait encore à faire.
Cette loi du 2 brumaire réduisait le nombre des aaph rants à 200 et les divisait en deux classes ; la premièra 8B composait des jeunes gens de quinze à ^ngt ans ïïjvà navigué au moins pendant vingt-quatre mois, dont sixflV les bâtiments de l'État, et ayant été soumis à un eiiiM sur la géométrie, la théorie du pilotage, les élémeDls A tactique et la manœuvre du gréement ; ils étaient entretenus à tour de rôle et pendant deux ans ; ceux de h deuxième classe devaient avoir de douze àdix-hiûtaos, tf mois de navigation et subir un examen sur rarithmétiqak
Chaque jour le Gouvernement cherchait à épurer les adres et à les réorganiser ; mais si les écoles sont nécesnires au bon recrutement des troupes de terre , à plus ANTte raison l'armée de mer ne peut s'en passer ; cette irmée a toujours, en effet , devant elle deux ennemis à eombattre : l'homme et les éléments.
Le 4 décembre 1794 (14 frimaire an III) , on établis- Miit à Paris, à Montpellier et à Strasbourg, trois écoles destinées à former des officiers de santé pour le service des hôpitaux de la marine. Le 31 (11 nivôse), on créait des écoles de navigation et de canonnage.
Nous passons les lois et ordonnances sur les arsenaux ; celles-ci comme les autres c étaient loin de répondre aux c nécessités du moment. Néanmoins et en dépit des € t>bstacles qui arrêtent encore ses pas, la marine comc mence dès ce moment à renaître de ses cendres ; elle c n'a pas encore d'organisation : elle n'a presque plus de c vaisseaux ; les matelots, surtout lescanonniers, lui man- € quent : elle n'a pas d'écoles ; des combats opiniâtres et c des expéditions meurtrières font chaque jour de nouc veaux vides dans ses rangs ; mais les dernières années € du xvni* siècle voient le corps des officiers se reformer € quelque peu sous la conduite et grâce aux exemples des c capitaines qui ont survécu à la tourmente. Lacrosse, € Bouvet, THermitte, Decrès, Lucas, Hamelin, Duperré, c le Joaille, Second et d'autres encore montrent la route c dont la trace avait semblé un instant perdue >
La principale école était alors les traversées, la rencontre de rennemi, le combat. Les luttes étaient acliarnées, l'honneur du pavillon restait intact ; et trop souvent, avec
458 INSTITUTIONS d'ÉDUCATIOII HlUTAIRE
leurs forces écrasantes, les Anglais faisaient éproamàh France des pertes irréparables.
Bonaparte avait réussi à tromper leur vigihnoe et ï débarquer son armée en Egypte; mab la bataille d'Aboriv du l"" août 1798 (13 thermidor an YI) , après hqrib des magnifiques armements de TouIod il ue resta qs deux vaisseaux et deux frètes , lui avait finit repritr comme un partage arrêté par les destins Vempire itewn aux Anglais, et celui de la terre auœ Français.
L'amiral Brueys , les capitaines Casa-Bianea et k Petit-Thouars (1) furent tués à leur bord ; Teonemi reilÉ vainqueur et maitre du champ de bataille, nonaunde cruelles blessures.
Le 22 septembre 1799 (6°^ jour complémentûn de fructidor an YII), Bonaparte quitta l'Egypte avee'ki frégates la Muiron et la Carrhre et deux petits bitimadi: il échappa aux croisières anglaises et dâxirqua à Fr^ le 9 octobre (17 vendémiaire).
(1) Nous avons dit dans notre première période (LEvn O, ( page 318), que le capitaine du Petit-Thouars avait été chargéi en 11% d'aller à la recherche de M. de La Péronta. L'école de La Fttdhe b revendique comme un de ses plus glorieux élèves. Du PeUt-TlMMHi% né au chftteau de Boumois, le Si août 1760, près de Seamnr, entra àU Flèche à rage de neuf ans. D*un caractère bonillaat et peu haliltné eh contrainte, il s'évada, mais fût bientôt repris. L'nn de aet malins, li» vaut Dolomieu, l'empêcha d'être renvoyé par les doclrinalree. En ITTI^ il fut envoyé à l'école de Paris et se mit sérieusement u travaiLAli suppression de cette école, en 1776, il fût placé en qualité de cadet àm un régiment d'infanterie et y devint sous-lieutenant. Ayant dewmiii entrer dans la marine, il subit un examen à Rochefort, et le 1« MB 1778, fut admis le second au concours. Nommé commandant d« A» nant au moment de l'expédition d'Egypte, il y reçat ion vieil ma Dolomieu, que Bonaparte avait désigné pour raccompagner eo ipiM de géologue et de minéralogiste. Blessé à mort sur son bane de fad à la bataille d'Aboukir, il expira en s'écriant : « Équipage du ne rendez jamais votre pavillon. »
De ce moment, il entrait pleinement dans la carrière.
Dès son enfance, il fut destiné à la marine, c Suivant i le conseil de M. de Marbeuf, écrivait Charles Buona- € parte son père , il a tourné ses études du côté de la t marine ; il a si bien réussi qu'il avait été destiné par
< M. de Kéralio pour Técole de Paris, et ensuite pour le € département de Toulon ; la retraite de l'ancien inspec-
< leur à changé la destination de mon fils (1) >
Cependant Napoléon ne fit que deux traversées, celle de
Rrance en Egypte, général en chef, et celle de Rochefort h Sainte-Hélène, souverain découronné.
Celles de Corse et de Tile d'Elbe sont sans importance eomme distance.
La République avait mis entre les mains du premier Consul une armée aguerrie, qui avec ses généraux s'était formée à l'ennemi. Elle avait du ses premières victoires à cette furie française à laquelle les premiers adversaires de la Révolution ne purent résister. Ces mêmes qualités se retrouvaient sur nos vaisseaux ; mais en mer, il faut eombattre arte non casu. En quelques jours donc la République put mettre en ligne plusieurs armées formidables en se servant des débris de l'ancienne ; elle ne put refaire notre marine. Napoléon parut souvent en désespérer et chercha d'autres armes pour combattre cette nation
(1) Cette lettre de M. de Buonaparte aa ministre, relative à ane demande d*admi8sion pour son troisième fils à l'École militaire, explique la présence dans les cartons de la marine de la note indiquant la date précise de la nomination de Napoléon en qualité d'élève de l'école de Brienne. Nous l'avons citée dans notre première période. ( Liv. Il, chap. Tui, pag. S46.)
i60 INSTITUTIONS I)*ÉDUCAT10N MILITAIRE
anglaise à laquelle il avait voué une hûne impholik. Delenda Carthago.
Cependant, aussitôt qu'il eut pris les réoes du Goaivnement, il chercha à réorganiser k marine : il ne arffrait le désordre nulle part : il le poursuivait partout eh 1 pouvait l'atteindre, même dans son intérieur. Urégfatfir arrêté du 27 avril 1800 (7 floréal an VIII) , tons 1» détail relatifs aux arsenaux et donna l'autorité supérieure dM les ports à un fonctionnaire élevé, le Préfet tomàm,^ correspondait seul avec le ministre.
Le premier Consul ne pouvait pas faire sur mer liei les efforts qu'il jugeait utiles.
La Convention et le Directoire lui avaient légué le fardeau entier. En juillet 1800 (messidor an VIIl), eib voit s'occuper des plus grands préparatife pour portefiéi concert avec l'Espagne, des secours en Egypte et omW i nos soldats exilés en communication avec la roèrB-pelriiiv I Pendant le cours de l'an IX, il cherche à réunir leiWÏ marines française, espagnole et hollandaise 8iM,k prétexte de recouvrer les colonies, mais le moâfM^ avoué était de porter de nouveaux secours à VEfnl^ Gantheaume, Bruix et Cosmao-DumancHr avaient reflk commandement de ces escadres.
Le combat d'Àlgésiras, 6 juillet 1801 (17 an IX) , où trois vaisseaux français combattaient six anglais en en détruisant deux , celui du Gi| Troude contre trois vaisseaux et une frégate rekvènitk moral de nos marins. Les pertes matérielles étaient b mêmes, mais les Anglais ne purent pas nous dispoiffk gloire de ces combats, oii, à défaut d'instruction théorif*
UTRE PREMIER 101
oflficiers venaient s'aguerrir et s'exercer à la <pie.
a février 4802 (pluviôse an X) , trois escadres comdées par Villaret-Joyeuse , par la Touche-Tréville et theaume reçurent la mission de transporM^à Saintmgae l'armée du général Leclerc. Un grand esprit mifraternité régnait entre les différentes armes, lirai Lâtouche-Tréville descendant un jour à terre ' dégager le général Pamphile- Lacroix, entouré de breux ennemis, lui dit en arrivant à lui avec ses slots. c Sur mer , vous étiez sous mes ordres ; sur rre, je suis sous les vôtres. »
'il n'y avait pas d'écoles pour les officiers de marine, en avait au moins une pour les ingénieurs-construcs de vaisseaux. Il faut remonter à 1749 pour en mver l'origine sous le ministère de M. de Maurepas. s avons dit dans notre première période {Livre II , ). VIII, page 303), que ce ministre avait donné ninistration d'une petite école de génie maritime à )uhamel-Dumonçeau, qui, dans ses tournées d'insion, avait pu s'assurer de l'ignorance des constructeurs a marine. On y avait d'abord envoyé MM. le comte ^)ntis et Desiauriers, qui, au bout de deux ans, étaient mus très-babiles et supérieurs à tous.
In avait placé en même temps le sieur Lubert dans lier du fameux Bouchardon pour en faire un sculpchargé de l'ornementation des vaisseaux. Un réfient fut faille 1" avril 1786 sur toutes les parties de instruction ; il établit deux catégories d'élèves :
es ingénieurs-constructeurs de vaisseaux, et ingé- II. 11
162 INSTITUTIONS o'ÉDUCATION MILITÀIRB
nieurs des bâtiments civils de la marine. Le 6 mû IISI. il fut créé cinq places d'élèves à Técole des ingémeoRr constructeurs de Paris pour la marine marchande. Ofe école fut respectée par la O>nva(ition.
Le 22 octobre 1795 (30 vendémiaire an IV), il ta décidé qu'il ne serait plus admis à Técole des constructeurs que des jeunes gens ayant Cût au an à l'école Polytechnique. Les élèves de la promodoiéB 1794 (an II) rentrèrent pendant un an ou deux à cène école, de manière à remplir les conditions de YuM précité. Us retournèrent après ce temps à TéoGle des imfnieurs-constructeurs. Elle était dirigée à cette époque p le commandant Borda (1) , qui a laissé un nom si dans la marine. Elle avait été placée dans le renfermant le dépôt de plans, cartes, etc., de la le personnel se composait d'un inspecteur diireoteor dtf études, d'un ingénieur professeur, d'un profeaseorA dessin, d'un secrétaire, d'un modéliste en chef sadaril tracer le plan, de deux maîtres charpentiers, d'unmribt d'équipage et d'un maître vœlier.
Le programme d'études consistait dans le tr»t ds plans, Tarchitecture navale , le charpentage, les trMéi< calculs pour le déplacement, le centre de gravité à carène, la position du méla-centre, le centre de grariléè système.
(1) Borda ( J.-Ch.)^ derAcadémie des sciences, né à Dax en 17n,ai^ rut & Paris en 1799. Il fut employé d'abord dans radminlstntta ë% marine et chargé de plusieurs missions scientiflquea. U s'^^Uqui*' tout à l'art nautique; capitaine devaissean, il pronva qu'il était Mif brave et aussi habile dans la pratique qoe savant en théorie. ïmvIêf. seau-école de la marine française porte actneUement le nom de es H* rin distingué.
UYIE PREMIER 165
On devait étudier *le vaisseau tant armé que lëge, tant saune droit qu'incliné jusqu'à la quille éventée, les Mditions de voilure, d'arrimage, de gréement, le traité e initures de Forrait et celui de gréement de Lescalier. ID y exigeait le dessin de la figure et de l'ornemeut. Les lèves n'étaient envoyés dans les ports qu'après un sâneux mnen. (^Archives de la marine.)
le 25 septembre 1801 (3 vendémiaire an X) , le prelier Consul fit transférer à Brest l'école spéciale du ifinie maritime de Paris ; le directeur avait le même rang loe les chefs de ce corps.
n créa le l"*' janvier 1802 (11 nivôse an X) , quatre MDpagnies d'apprentis canonniers de la marine.
Le premier Consul poursuivait avec ardeur la tâche de réorganiser la marine ; il établit sur le littoral les dépôts fa demi-brigades des colonies, oii il envoyait constam- ■ent des recrues. 11 accordait de nouveaux crédits et Usait construire douze vaisseaux; il pressait l'amiral Decrès. ministre de la marine. Chaque heure était pour lui d'un prix inestimable.
L'idée d'effectuer une descente en Angleterre n'était pots nouvelle. Guillaume-le-Conquérant avait ainsi conquis ^ couronne. Louis XYI et le Directoire avaient fait des P^aratifs dans ce but. Une invasion seule pouvait mettre ^ à cette rivalité maritime si ancienne et si vivace et terminer les Anglais à traiter. L'infériorité était du côté ^ la France, qui ne possédait en 1803 que 50 vaisseaux et 60,000 matelots ; l'Angleterre en avait 1:20,000 pour armer 75 navires de premier rang. Puis le feu de ^*6Dnemi avait fait seul des vides dans son personnel d'of-
164 msTiTCTioNs d'édvcation militaire
ficiers incessamment recrutés dans d'ezoelleQtes pipniëres. Comment depuis longtemps Napoléon n'en héil pas établi et fait pour l'armée navale œ qu'il nài intelligemment accompli pour ses troupes de terre) ta ce moment il ne voyait qu'un but devant lui : TÂngleterre ; il sentait qu'il lui fallait dix que sa marine put égaler sa rivale ; il se dérida & la deh cente comme le moyen le plus prompt. Decrès et amiraux ne partageaient pas son avis : ils étûent et l'Empereur non-seulement ordonnait, nudsvooUlAR obéi sans faire la part de la mer.
Il fallait alors lutter avec les vagues; le temps dek vapeur n'était pas encore arrivé, de la vapeur au nofi de laquelle on les courbe maintenant ious tejMtwe» sir vant l'expression de l'amiral Jurien de la Graviers.
Rien n'indique mieux les positions respectives à ministre et du maître que la lettre de DecrbsàrEmpemr, du 20 août 1805 (4 fructidor an XIII). c C'est sortoi c dans ce moment, où je puis arrêter l'émisnon desoiM c funestes, selon moi, au service de Votre Majesté, q* « je dois insister fortement. Puissé-je être plus heofea c dans cette circonstance , que je ne l'ai été préeéAic ment.
c Mats il est malheureux pour moi de eemnattri t € métier de la mer, puisque cette connaissance n'olitip c aucune confiance et ne produit aucun résultat dtfito
c combinaisons de Sa Majesté Et il faut être iri»^
c ministre de la marine, subjugué par Votre Unjtti^ c ce qui concerne la mer , vous sert mal et ifeotW*' c pour la gloire de vos armes, s\l ne devient nifûîM^-. >
LITEE PEEMIEB i6K
Cette lettre était Fcouvre d'un digne serviteur ; elle faire sentir à Napdéon son infériorité sur oette ^, à Napoléon qui n'admit jamais qu'on pût discuter jpe wdres et dont cependant la réponse fut celle d'un paiid souverain* Il fiiut se rappeler qu'il s'agissait de le Mn renoncer à son entreprise de descente m Angleterre «laau moins de le décider à rajoumer.
€ Dans la situation des choses, A Villeneuve reste à € Cadix, que&ut-il faire? Eleves-vous i la hauteur des « circonstances et de la situation où se trouvent la France « al l'Angleterre, ne m'écrivez plus de lettre comme celle f que vous m'avez écrite, cela ne «gnifie rien. Pour moi c îe n'ai qu'un besoin, c'est de réussh*. > 22 août 4805 0 fructidor an XIII). {Bibliothèque du Louvre.)
Decrès propose à l'Empereur de diviser ses trop nom- Ireuses escadres, faibles surtout par leur peu d'instructioQ, en sept ou huit croisières, de cinq à six vaisseaux «hicuoe , en les composant des meilleurs officiers et des iBeilleurs bâtiments. Aidées par d'intrépides corsaires nonis de lettres de marque, ces escadres devaient faire ^nx Anglais cette guerre de partisans , qui souvent est l'arme victorieuse des faibles contre les plus forts, les ftligue et ruine leur commerce. On pouvait ainsi exer- ^^ plus partiellement les équipages, les surveiller dans ^Mis leurs actes, et former de bons officiers ou chefs ^escadre, c Les douze cent quatre-vingt-dix-sept ^ navires réunis sur les côtes de la Manche n'étaient, ^ malgré les services incontestables qu'ils rendaient, ^ nullement propres à former des officiers. La plupart * d'entr'eux , commandés parades enseignes ncm-entre-
166 INSTITUTIONS d'ÉDUGATIOR MILITAïaE
c tenus appartenant aux plus basses classes, fonuMl c autant de foyers de désordres scandaleiix aniqMii c prenaient part les fournisseurs des vivres et les adac nistrateurs de Tinscription maritime ; c'était à boriè c ces navires que les jeunes gens se destinant à la nam c accomplissaient le plus souvent le temps de serai € exigé pour Texamen d'aspirant, et reoeviientlesp»' « miers principes de leur futur métier. {De CrîMMf ; « F. LecorUe, Mémoires d^un officier de marine.) »
L'Empereur avait beaucoup de généraux de terre. Mil peu d'amiraux : Latouche-Tréville et Bruis n'avaienlpi été remplacés. « La guerre et la victmre forment seob ta c bons généraux, dit M. Thiers. >
A notre avis elles les forment, mais elles ne les fat pas, il faut auparavant la base solide de rinstroctioB. U guerre , au reste , n*avait pas manqué depuis dix an^ mais notre marine, tout à coup désorganisée par Yèair gralion, s'étant trouvée notablement inférieure à ceDe fa Anglais, on se renferma dans les ports, et le^amnfl perdirent non le courage, mais la confiance. La plnpH* de leurs dépêches témoignent de ce manque de oonfiiw dans les instruments qu'ils avaient entre les mains; < ji
< me tais, écrit Gantheaume à Decrës , en attenfart € les événements, ne voulant pas pour peu de dioser»
< portuner, et je me borne à désirer qu'il veuîUa m* c rendre justice »
c J'ai passé tout mon temps à chercher Thomme dih c marine sans avoir pu le trouver, a dit NapoUoat € Sainte-Hélène,... Pourquoi cet homme (M. de Soflnaji c n'a-t-il pas vécu jusqu'à nous ; j'en
c Nelson , et les aflfoires eussent pris une autre toar- « Dure. » {Mémorial de SaintS'^Hélhne.)
L'Empereur dut enfin renoncer au vaste projet qu'il iffth formé, l'amiral Villeneuve n'ayant pas pu amener H flotte dans la Manche.
L'établissement naval et militaire de Boulogne devint lie et permanent, et en i809, un bataillon de 1 ,200 marins, qui y était attaché, fut incorporé dans la garde.
La bataille de Trafalgar devint un véritable désastre pour h marine française, c Quelques-uns des capitaines, dit € M. Thiers, étaient excellents, mais parmi les officiers c il s'en trouvait un trop grand nombre empruntés c récemment au commerce et n'ayant ni les connaissan- € ees, ni l'esprit de la marine militaire. >
Les artilleurs étaient d'ailleurs inhabiles : puis, notre marine n'avait pas de système de tactique navale approprié à la nouvelle manière de combattre ; les Anglais se fipprochaient déjà de celle qui a donné en Italie la victoire aux Français sur les troupes autrichiennes.
Cette bataille navale, où la bravoure française brilla une fois encore d'un nouvel éclat, fut une grande leçon pour le Gouvernement. On commença à comprendre qu'il but des années pour former une marine, et qu'on ne doit le présenter en ligne qu'avec des équipages et des officiers éprouvés.
Napoléon fit donner, en i805, aux constructions navales m développement extraordinaire, mais il paraissait déseslérer de la marine française, c A partir de ce jour, dit K M. Thiers, Napoléon pensa moins à la marine, et voulut K que tout le monde y pensa moins aussi. »
168 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION MILITAIRE
Il résolut, au moyen du blocus continental, de la mer par la terre. L'idée de ruiner une puissaimiv un blocus entravant complètement son commeroe» itèà pas nouvelle. Sanuto, Téconomiste du xi?* siède, hé conseillé d'interdire toute relation commerciale oto l'Egypte et l'Occident, afin de détruire toutes les de richesses du Soudan et le vaincre plus faeifement.
Le système des croisières conseillé par Decrès n\ pas réussi dans son ensemble ; le ministre en attriln b cause à l'infériorité et au matériel généralement défeduoBi
Aussi, en 1807, les travaux de la marine ae à quelques secours expédiés aux Antilles.
Toutefois, nous voyons pendant le cours de cette année, et après la paix de Tilsit, l'Empereur ùrdaaaatm redoublement d'activité dans les constructions navales à l'Empire.
Il voulait, en réunissant les marines ruasa, hoUandiii^ française, espagnole et italienne, tenir les Anglais conlî* nuellement en surveillance et en haleine, et donner mN à de gigantesques projets après les avoir puisés de tooki façons. Seuls ils lui résistaient ; il tourna donc tons M efforts contre eux.
Il commença enfin à s'occuper de l'instruction de sesofr ciers . Il voulut qu'ils connussent parfaitement la manoBOM du canon, qu'ils en appréciassent la portée et leseffetsMii* encore que lescanonniers, qu'ilsdurent exercereux-mtaA
Plusieurs escadres concentrées à Toulon furant lil**^ mises à des exercices journaliers : oflficiers et mmHf furent ainsi rompus à la manœuvre. Ces eflbris ne Mitèrent pas infructueux.
UYRB PREMIER MP
La question était donc reprise par la base, riostruction. Uns œ n'était encore que Tinstruction pour ainsi dire pratique ; avec le noviciat tel qu'il était imposé aux jeunes pens, la théorie devait être bien négligée. On ne conçoit pM, nous le répétons encore, que TEmperair, qui, dès le iéimt, s'occupa avec tant de sdlicitude de la création de les écoles militaires, n'en ait pas fait autant pour la mrine dont s'écartaient tous les fils de bonne famille. On n'embarquait que les membres gangrenés.
Si, dès son arrivée au pouvoir, il eut préparé l'avenir de fmnée navale, il aurait eu, déjà en 1807, un noyau de jnmes officiers suffisant pour remplir ses cadres et dresser IBB équipages (i).
De leur côté, les Anglais n'accordaient ni paix, ni bève. On connaît tous les efforts qu'ils firent, en 1809, pour détruire tous les établissements militaires de la iMirine impériale et surtout leur passion pour la destruoîon d'Anvers.
Enfin, le 27 septembre 1810, deux vaisseaux, le ^€Hirv%lle à Brest, et le Duquesne à Toulon, furent dis-
(1) 11. de Las-Cases avait adressé à l'Empereur un projet pour traos- ^^mer le Champ-de-Mars en une naumachie, qui eut servi d'ornement au palais du Roi de Rome. 11 lé creusait assez profondément Oiv recevoir de petites corvettes, qui eussent été construites, équipes, montées par les élèves de Técole de marine qu'il établissait à Koole militaire. Tous les princes de la famille Impériale eussent été contraints d'en faire partie pendant deux ans, quelle qu'eût été d'ailleurs ^Hr destination ultérieure. On eut engagé les grands de l'Empire k en Klit autant de quelques-uns de leurs enfants. Ce moyen pouvait rendre ^ marine populaire et nationale en France. Le mémoire qui en faisait ^«otion ne parvint pas à l'Empereur. « Si j'eusse eu connaissance de cela, dit l'Empereur à M. de Las-Cases, cette idée m'eût plu ; je l'eusse ddt examiner; elle pouvait avoir, en effet, de magnifiques i^nltats. d
{Mémorial de SamU^Hélénê.)
170 INSTITUTIONS d'ÉDUGÀTION MILITAIRE
posés pour deux écoles de marine, devant se chacune de 300 aères âgés de tràie à qamxe aokOh exigea d'eux ce qu'on demandait en Angleterre aux Am du Naval-Cadet (orthographe, les quatre preauèresili^ le calcul décimal, celui des carrés et des cubes).
L'instruction devait durer trois années. Ib exercés au métier pratique dans les chantiers, ateliers des ports et sur des corvettes, où ib manœuvres de bord; il fallait 120 jours de sous voile pour passer de la seconde classe à h pranhe^ et 400 jours pour être nommé aspirant. la rnnÎM; manquant alors de théorie écrite pour la pratique, taam il en existe pour les troupes de terre, TinstnicticMi dsiÉ être peu uniforme.
Aucun système n*est sans inconvàiienta , mais mk les études pouvaient devenir sérieuses ; les aqxmlBM se formaient plus eux-mêmes comme ils le pouvaionlct sans que personne s'occup&t d'eux. Ces écoles, fa* dées trop tard pour que l'Empire pût en profiter, prifi* rërent singulièrement les progrès futurs. Les aqînV nommés avant cette nouvelle création, se mirent au tnni pour ne pas être dépassés par leurs cadets ; ce travail M favorisé d'ailleurs par la permanence des flottes et des ammentsqui avaient produit, dit M. de Crisenoy, c cette anlf et cette cohésion quimanquaientdepuistantd'annéei.»
La marine comptait, en 1813 : 10 vioe-anuiaBi 22 contre-amiraux, 156 capitaines de vaisseau, SU «^ pitaines de frégate, 728 lieutenants de vaisseau, l&i^ seignes et 494 aspirants de première classe. On ne peA en thèse générale, demander dans un règlement de ooflopl*
LITRE nBlDBR fTI
|M ee qu'on a reçu. Or, Napoléon, en prenant la pointiêfi ti |ireinier Consul, ne re^ du Directoire qu'une nutritte imrganisée, sans cheft, sans officiers, sans maldots ; MIS venons de yw ce qu'il laissait après avdr tenu pea« iHit quinze années les rênes du gouvernement. Que AlAt-il pas fait pour sa marine avec son esprit d'organisahn, s'il n'atait pas été trop préoccupé par ses grandes pmteB en Allemagne, en Italie» en Espagne pendant les* inelles il faisait souvent combattre ses équipages avec; Ma^troupes de terre? Personne mieui que lui ne oompiiC œ qu'on pouvait attendre dans toutes les carrièrai li tecours de la science, mais personne aussi n'alla plus Était au but par l'application et par la pratique. Mapo- Mbn fit tout ce qu'il put, il faut le reconnaître, pour que lu jeunes marins fussent avant tout des hommes de pra- Htpt et d'action. Malheureusement, il ne fut pas suffi- Miment secondé; l'étrange position de son fidMe minista, les fréquentes hésitations de ses amiraux, souvent fris entre l'inflexibilité de la volonté du maître et l'imfsasibilité de lui obéir, causèrent de Acheux désastres ^, au lieu d'accabler le corps de la marine, semblèrent BqiMmdant le fortifier et resserrer les liens de cette diaci^ine, base de toute force armée, surtout h la mer.
Sous la Convention nationale, les ministres de la ma- ^ fiirent Monge, Dalbarade, Redon de Beaupréau.
Sous le Directoire, Trc^et, Pléville-le-Peley, Bruix, ttbnrdon de Yatry.
Sam le Conmlat, Forfait.
Soiia l'Empire, duc Decrès.
En quittant la France, l'empereur Napoléon I* la lais-
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sait dotée de Téoole Polytechnique, iostitutioii unie qu'il avait militarisée, des écoles spéciales d'infanterie* de cavalerie de Saiot-Gyr et de Saint-Germain, du Pijtanée impérial militaire, et de deux écoles navales.
Les gouvernements qui se succédèrent depuis, yoih rent modifier les bases de ce système, oiais furent ton^m obligés d y revenir en changeant seulement quelqn détails nécessités par la marche du siècle et lesprogrèeei toutes choses.
Qu'on bâtisse un palais, un simple édifice ou une cfaMmière» le premier tracé, les fondations et les précaotiw de solidité ou de durée seront tous pris proportioiMDiment d'après les mêmes règles et les mêmes erreoiafe transmis par les anciens. Ainsi de VédueatUmt aiv ^ Yinstruction militaire.
Que le ciel soit pur ou chaîné d'orages, n'i nons jamais les études élémentaires et certaines; études établissons l'observation continuelle des nouvelles, des moyens de destruction plus actifs, décooferii ou employés par l'ennemi» de la configuration dop^iei Ton peut être appelé à combattre, de ces lignes dé ferdoil l'emploi intelligent donne la victoire au prenûer ami
Ah ! que rien ne soit négligé, que le travail et la ftfitition dans le travail qui a tant servi Frédéric II, «il imposés à tous et d'autant plus imposés que le p^àbé plus élevé et rend plus responsable.
N'oublions jamais qu'à notre époque, une seule vidtf^ décide souvent du sort d'un grand EmjMre et qM 1^ meilleur moyen de rester invincible, é'éèl d'oosfr i> crainte de ne pas toujours Vélre.
. — ll«*mirfffiof|( 181 4-1880). — Restauration. —Arrêté da Brnement provisoire du 8 avril relatif aax élèves des écoles, rivée à Paris du comte d'Artois et de Louis XVIII.— Réorgaonderarmée; maison du Roi.— Ordonnance dn RoidnSO Jailr M 4 rétablissaot l'École militaire de 1751 et supprimant les I spéciales de Saint-Cyr et de Saint-Germain, et le Prsrtanée , Flèche réiustitué sous le titre d'École militaire préparatoire, le général Dupont de Chaumont, ministre de la guerre, né gouverneur des écoles militaires, 80 juillet 1814; M. le al de Richement, commandant de l'école spéciale provisoire aint-Cyr. — Ordonnance du Roi portant organisation des I militaires, 23 septembre 1814. — École de Saint-Germain Dment de la suppression. — L'école d'artillerie de La Flèche 14; visite du duc d'Angouléme; suppression de Técole d'are de La Flèche, 15 aoAl 1814. — Ordonnance du 18 novem- Sl 4 pour l'admission d'élèves pensionnaires aux écoles mili- . — Rétablissement de Tordre de Saint-Louis et du Mérite lire. — Dotation spéciale de l'hôtel des Invalides, des écoilitaires et de l'ordre de Saint-Louis, li décembre 1814. — Le zhaX Soult, ministre de la guerre, 3 décembre 1814. — Grince du t3 décembre 1814 portant établissement à Saumur école d*instruction pour les troupes à cheval. — Evénement ent- Jours. — M. le général Clarke, ministre de la guerre, LTS 181 5, suit le roi à Gand ; le maréchal Davout le remplace mars. — Le général Duteil, le colonel de Meulan, le général ier à La Flèche; le général Bellavène à Saint-Cyr. — Retour mis XVIII, juillet 1816. ^ Le maréchal Gouvion-Saint-Gyr, tre de la guerre, 8 juillet 1815. — Ordonnance du Roi sur les ndes d'avancement, 18 juillet 1815. — Licenciement et réor- &tion de l'armée, maison du Roi, garde royale, août et sepre 1815. — Ordonnance du Roi concernant Saint-Cyr deveécole préparatoire militaire, 6 septembre 1815. — Le général ignac et l'école préparatoire, dite petite école; visites du duc rry et de Louis XVIII; résultats de la petite école. — Ordon-
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nance du roi concernant les écoles militairet^ ipédate klÉI- Gyr, préparatoire à La Flèche, 81 décembre 1817. -« DiiaiaiaiHi les avantages faits aux élèTes de l'école prépantoive milUriB.- Cours des écoles militaires, examen d'Admiaaion, oidOHM du 10 juin 1818.
La fortune si longtemps fidèle à reoipereur Hwfàlm avait abandonné ses drapeaux : c Son départ pour 11 c d'Elbe, dit M. Thiers, avait débarrassé les Bourbonfc c la présence d'un redoutaUe enDemi, qui, bien qiV c battu, effrayait encore les puissances victorieasei. >
Le comte d'Artois » second frère de Loiûs XVI, M entré à Paris le 12 avril 1814 et s'était étabfiaozMiries. Avant l'arrivée de ce prince, le gouvemeuMOtfifvisoire avait, le 8 avril, rendu un arrêté ooneemant li formes et la direction de l'éducation des en&ots. Il y di-^ cidait que ces formes et cette direction senûent rendwl^ l'autorité des pères , mères . tuteurs ou familles , et qM tous les enfants qui avaient été placés dans les éeohB» lycées, institutions et autres étabUssements pobfics Hf le vœu de leurs parents leur seraient rendus sur kstj demande.
Le roi Louis XYQI , arrivé le 3 mai, prit immédiib-' ment les rênes du Gouvernement dans des di qui eussent effrayé les plus hardis oomme ks habiles.
Il fallait, en effet, avec des finances obérées et dont nouvelles charges de guerre allaient encore diminoer ressources , réorganiser l'armée et pourvoir surfool l'existence de soldats et d'officiers de tout grade venant des garnisons ou des prisons étrangères. V^ autre côté, le Roi voulait rétablir sa nudaon
UVRE SBCOND 17S
augmenter le nombre des compagnies de gwrdes hi corps en y joignant les compagnies rouges; il pensait |M c'était le meilleur moyen de sauvegarder sa couronne I de placer immédiatement une foule de jeunes gens HMMTteoant aux familles qui étaient restées fidëes à sa
ordonnances du 12 mai 1814 réorganisent tous ■corps d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie et du génie. •Wdonnance du 25 rétablit les compagnies de gardes Ip corps au nombre de six ; celles du 15 juin, les com- Vgpiies des cbevau-légers et des mousquetaires ; celles li i5 juillet, les compagnies des gardes de la porte, des plr«uisses, des grenadiers à cheval et les deux compar- Irics des gardes du corps de Monsieur, frère du Roi. iSbrdonnance de l'organisation du corps de la marine est li 1* juillet 1814.
Le 30 juillet, Louis XVIII s'occupait des écoles mili- Wbtes : malgré tout son bon vouloir et sa remarquable feirspicacité déroutant souvent les trop zélés, il ne pou- WX pas toujours échapper aux réminiscences du passé. ^ général Dupont de Ghaumont , devenu ministre de la Ijjkre après sa longue disgrâce, présenta à la signature ii Boi une ordonnance dont les termes propres à flatter Incienne noblesse pouvaient faire craindre que ses ■bnts seuls eussent l'entrée aux écoles militaires ; ce piî était inexécutable et impossible. L'expression seule- ■HDt était fâcheuse. Il y eut certainement beaucoup d'exal^tion dans les dires du public : Tefiet n'en fut pas
« Nous étant fait rendre compte , disait le Roi dans
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c son préambule, de la situation des écoles nûfitaira ft c voulant que l'organisation de ces étabtissemenbntv c rapport avec celle que nous avons donnée à Vuakft c nos ordonnances du 12 mai dernier ;
c Ayant reconnu qu'une seule éoolemilitûrepaaal c suffire aux besoins du service ;
c Désirant, en outre, récompenser les aerneeili c officiers généraux et supérieurs de nos années tfAitt c jouir la noblesse de notre royaume des avani « ont été accordés par l'édit de notre aieul du mois ds jnc vier 1751, relatif à la fondation de TËoole.militainM.».
Les trois écoles militaires de Saint-Gyr, de Germain et de La Flècbe étaient supprimées^ et ïtêà Royale militaire, créée par Tédit de 1751, se Uomil rétablie à Paris dans l'ancien hôtel bâti par Loû XTf avec les modifications nécessitées par les dicgnslaii»
Tous les élèves anciennement nommés étaient miitenus dans leurs droits et réunis à Saint-Gyr J/bê^F nouvel ordre.
La maison de La Flèche devait sernr d'éodb f toire militaire et de recrutement & l'école spédala.
Quels étaient donc alors les projets ultérieiim sur les bâtiments de l'école de Saint-Gyr, en ps rendre ceux de l'hôtel de Paris à leur andenni tion et à supprimer la maison de Saint-Denis venait de le faire pour les succursales d'Econen, deili^j beaux et des Loges?
Cette ordonnance ne les indique pas; mais on i|N^ çoit déjà Tintention d'assurer à l'élève de La Fftdii * avenir préservé des chances du concours génénl.