CHAPITRE II
- ResiauraHon (1816-1880 ). — L'école de La Flèche depoiB 1816 ; iDaoguration de la statue d'Henri IV; 10 noTembre 1817, Tiaite de M. le duc d'Augoulème ; révolte de 1818, ses causes; les èpées du duc de Berrj et du prince de Condé ; les généraux 6a- ▼oty, Montfort, Obert et Danlion; révolte de 18S8 ; viaite de M*« la duchesse d'Angoulème ; le myrthe d*Henri IV ; MM. le général Gampredon, Castel, Poisson, Biot etLetronne, inspecteurs généraux dea éludes ; 1825, visite du marquis de Glermont-Tonnerre, ministre de la guerre ; attaques contre la maison de La Flèche, 18t9 ; suppressions ; défense par MM. de Gonny et de Lamandé, députés ; résultats de l'école préparatoire militaire, de 1816 à 1880 ; uniforme ; armement. — École des chevaliers de Saint-Louis à Senlis. École préparatoire de M. Loyauté, lieutenant-colonel d'artillerie. — Institutions préparatoires pour Saint-Cyr à Versailles. — Nécessité des écoles préparatoires militaires. — L'école spéciale militaire de SaiDt-C3n*; création, 81 décembre 1817 ; organisation, 10 juin 1818 ; régime intérieur; uniforme ; pension de 800 francs à trois élèves ju8qu*au grade de capitaine, S6 septembre 18S1 ; Armand Carrel, n« 88, et de Ghièvres, n<> 410; Brimades; cours et études; revue du 25 août ; le roi Louis XVIII mourant ; sortie des élèves nommés sous* lieutenants ; sabres ou épées donnés par le roi; généraux ayant successivement commandé l'école spéciale militaire de 1818 à 18âO ; résultats comparatifs de l'école spéciale militaire de 1818 à 1830. — École des pages considérée comme école spéciale militaire ; leur uniforme ; leurs habitudes et leur régime intérieur ; l'épée et l'anneau des pages. — L'école Polytechnique de 1814 à 1880.
Le Prytanée de La Flèche, devenu depuis le 30 juillet 1814 école Royale militaire préparatoire, Ait placée, en 1815, sous le commandement du comte de Meulan, qui, le 13 octobre, appelé au ministère de la guerre en qualité de directeur du personnel, eut alors le colonel de Préval pour successeur.
202 INSTITUTIONS D*ÉOUGÂTIOII MILITÂIBE
L'ordre du jour du 19 janvier 1816 portait que k H un service solennel coauoDémoratif de la mort daU Louis XYI serait célébré dans la diapelle de l'école: »* lui du 17 signale la nomination au grade de eaponlè l'élève Richepanse, n'*34, que le gouvernement deUB»tauration plaça bientôt comme sous-lieutenant daos ■ régiment: il fut tué plus tard sous les murs de Gomi» tine.
Le 14 mars, anniversaire de la bataille dlvry, eat ta l'inauguration de la statue d'Henri IV dans le fént^ conduisant de la cour Royale an parc, en préaeoes k tout le personnel de l'établissement et des autorités de h ville.
Au commencement du mois d'août 1817, M. le |Wrai Gavoty prit le commandement et Ait installé je M. Dupont de Ghaumont, inspecteur géoéral des ébob militaires.
Le 10 novembre. Monseigneur le duc d'Angodêai vint de nouveau visiter l'école préparatoire, à laqueDe ta bientôt réunie celle de Saint-Gyr.
Cette maison devait naturellement se ressentir da floatre-coup de toutes les secousses des années précédeatak Le ministre avait adressé de vifs reproches, rdatift « manque de discipline et à la faiblesse d'instruction qv avaient été constatés ; quelques tiraillements se fitaW clairement apercevoir dans le personnel. De là eette# volte de 1818, qui motiva l'envoi comme délégué do gar vemement de M. le ^néral comte de Loverdo, et l'espo^ sion de plusieurs élèves» qui furent replacés dans des collèges royaux.
LIVUE SECOND 203
Au mois de i * 1819, M. le général Gavoty, nommé inspecteur gén d'infanterie» fut remplacé par litféiiéral baron de Montlbrt» et le colonel de Pré?al par fecolonel de Montzey , qui commandait la place de Don&y. ( ces diefs, auxquels avaient été adjoints le commalH de Buor, les capitaines Delpy de la Roche» de La- I et Saget, tout rentra alors dans le calme û nécessaire aux bonnes études.
Les deux écoles préparatoires avaient fourni à Técole ipéeiale ouverte en novembre 1818» 57 élèves.
L'ordre du jour du 17 février 18â0 annonçait aux êbfts l'assassinat du duc de Berry : ils en furent d'autant plus frappés que ce fils de la maison de Bouiixm» : àmt le caractère franc et ouvert avait plu à Tannée» tom- ^ Mit sous le poignard d'un assassin» comme son aieul» I Ibodateur de la maison qui abritait leurs jeunes années. L'école militaire de La Flèche dmianda au Rm l'él fée de ce Prince» qui fut immédiatement envoyée et placée sous la tribune de gauche» disant le pmdant à celle àa Prince deCondé. Ces deux épées» longtemps reléguées an fond d'un magasin depuis 1830» sont maintenant honorablement déposées à la bibliothèque du Prytanée impérial.
Pour exciter l'émulation de ses élèves» le général de MoDtfort mettait à Tordre du 13 août 1819 le récit de la revue passée par le roi à Saint-Gloud. Le bataillon de Saint-Cyr y était commandé par leur ancien camarade .Pointe (1). c Chacun de vous» avait dit Louis XVIII,
{Vf Taé capitaine de grenadiers an 28* de ligne» en aitaqoaot les btrrieades dreasèes en 1881 par les insurgés de Lyon.
904 INSTITUTIONS d'ÉDUCATIOII MILITAUE
c a dans sa giberae le bâton du marédial de Regpi;! c dépend de lui de l'en fidre sortir. >
Vers les commencements de Tannée 1890, b gUoI de Montfort fut atteint d'une cécité qui fit de rapides pngrès ; cependant, grâce au zèle de ses coopérateors» oupt fournir au ministre de la guerre des preaves ] Tamélioration des études et du bon eqprit qm ]
Le général Obert, son remplaçant au printenqis iM, ne fit pour ainsi dire que passer. Alors arrivn le génM Danlion, ancien colonel commandant en second de TMi spéciale. Il entra en fonctions au mois de sqiteadm j&ê ne les quitter qu'en 1830. c Ferme et énergique, ifid- « quefois despote» dit M. Clère, plus souvent homme è c cœur et de touchant dévouement, relevant dans un n»c ment d'épidémie le moral de la jeonesse qu'il com— c dait au prix d'un deuil dans sa propre fiumlle, le gfaénl c Danlion, par la netteté et la prédsion rigoureuse ds M c ordres, sut imprimer à notre école une mardis asac velle. >
Ce portrait est vrai ; peut-ètreque les souvemrs de buscoup de nos camarades ne concordent pas avec ce que nom venons de transcrire; mais plus qu'à tout autre, il bm est permis de l'affirmer, puisque ce qui pouvait panin acerbe et dur dans les ordres du général, élût adouci par l'aménité du commandant en second, le de Montzey, dont les soins paternels avaient dcpai longtemps gagné le cœur des parents et des élèves sumêmes.
Vers la fin de 1823, le général Danlioneutà
tentative d'émeute, qui nécessita la présence d'un
«endron de chasseurs en garnison au Bians. PlusieurB
^ furent raivoyés et le calme se rétablit pour ne (dus
t troublé pendant tout le temps de Teustencede Técole
fféparatoire.
. Feu de temps auparavant. M*"* la duchesse d'Ângou- Itae, parcourant les provinces de TOuest, s'était arrêtée à féoole de La Flëdie, où elle fut magnifiquement reçue. EUe voulut visiter le fort Henri qu'affectionnaient partiodièrement le Roi et la Reine de Navarre, et fit de sa main Wûfb bouture du vieux myrthe, dit Henri IV, qui provenait èm andens jardins du marquis de Là Yarenne.
M. le général du génie Campredon, MM. Biot et Leimiiie étaient, à cette époque, inspecteurs généraux des écoles militaires. M. Biot, après sa visite du 8 mai ^SMf T MODa la cloche d'alarme.
€ Depuis plusieurs années, dit-il, l'étude des mathé- «« nnUques s'était élevée graduellement sans nuire aux € hamanités, mais elle vient de tomber tout à coup à un c point d'abaissement et de faiblesse également contraire € au bien du service et à l'intérêt des élèves. Une déplo- € nble inertie semble s'être emparée, ajoute-il, de la plus c part de ceux qui doivent se présenter aux examens de € Saint-Cyr. >
On le voit, sentinelles attentives, les inspecteurs généraux des études ne permettaient pas que le privilège pût devenir un motif de paresse.
Ce fut alors que M. Lemoine, professeur de mathématiques, consacra gratuitement et avec un infatigable dévouement tous ses loisirs aux retardataires, qui n'ont
906 INSTITimOlffS D'ÉDCGATIOlf nUTAIBE
jamais dû oublier oe bien&it. Bien plu» t»d, h cm d'honneur fut placée sur la poitrine de oelin qm ni donné à tant d'autres le moyen de la gagner sur le chaf de bataille. Honneur à sa mémoire !
De temps en temps quelques élèves se détaehneil fv entrer soit dans la marine, soit à l'école PbtjtednfBt M* BoUe (1), MM. du Conëdic, petit8-4il8 da conmudM de la Surveillante, devaient bien tenir leor phœ àm le corps de la marine, où les suivit M. de Gali^ MM. Garridel et de Béville devinrent officiers da gfaib et M. Danlion oiBcier d'artillerie. Les études de La Flèeb restaient donc à la hauteur de celles des autres étabBai» ments. Comme partout ailleurs, il y eut qaelqoeibîi te temps d'arrêt, mais la maison s'en relevait promplMMBK
Le marquis de Clermont-Tonnerre , ministre de il guerre, aussi élégant littérateur (2) que vaillant aoUrt. vint, le 27 septembre 182K, s'assurer par lui-mCmedi l'état de la maison militaire qui était placée sous sa IsHll direction. Il en partit parfaitement édifié sur les bmim et l'importance d'un établissement toujours rasié si pi connu.
Au moment du sacre de Glnries X, il ne fitt pssosUf dans la personne de ses deux chefs, BIM. DaidiQoetii
(1) M. BoUe, no 509, est actaellement contre-aminl. 11 éUtt ^Êmkë l'école préparatoire militaire à celle d'Angoalême.
(2) a Je ne puis m'empécher de rendre ici hommage, éorit Ti « évéque d'Orléans, à ce noble vieillard, et de dire tonte Ti « que m'inspire le grand exemple qu'il a donné, loi qui, « été Taillant soldat, puis ministre de la gnem, a ai a honoré sa retraite par le culte des lettres, et enrichi, avant de ■••* « rir, notre littérature et notre langue de cette tradooiloii « qui est véritablement une œuvre achevée. » [De la intellectuelle).
UVRE SECOND IW7
Hwtzej , qui reçurent la croix de commandeur de la Igtgioo d'honneur. Il y a donc lieu de croire que la maisoii 0$ La Flèche méritait Tâoge que nous trouvons dans les iPfltOD manuscrites de M. de Sourdon. c Le bon esprit, f m*}M heureuses inclinations, l'émulation, régnaient parmi * af. Jm élèves; leurs progrès dans les études témoignaient
.jg^jda zèle des professeurs Leurs talents militaires
IftttOQtiendront la gloire de la monarchie , et la patrie, ifv fiàre de ses enfants , s'applaudira des sacrifices qu'elle ^ f/f fiût pour leur éducation. >
; tp Nous ne terminerons pas ce livre avant d'avoir prouvé ^ (pila prédiction du secrétaire des conseils de l'école, |iMÎen officier du régiment d'Auvergne, s'est réalisée hien [HiMlelà de ses espérances»
hv Pa' son ordre du 20 novembre t826, le général pré- ] vint les élèves qu'en date du 23 août le Roi avait décidé le les officiers sortant de Saint-Gyr prendraient rang léêMÈS Tarmée d'après le numéro qu'ils avaient obtenu aux ' jmpaiens de dernière année. Il leur faisait observer que le iprt d'une carrière dépendait souvent d'un classement |^I18 ou moins élevé.
Pourquoi à cette même époque ces nuages s'amonoelant ^Mhdessus de la maison d'Henri IV? Pourquoi ces attaques «mtre cette réunion d'enfants de l'armée où les plus nécessiteux arrivaient tour à tour ? Pourquoi ces menaces?
Dès 1828 , le ministre de la guerre, pressentant les
exigences du côté gauche de la Chambre des députés, avait
dierché à réduire le budget en supprimant des emplois
,, que, jusque-là, on ayait reconnu nécessaires. Le f avril
206 INSTITUnONS D'ÉDCCATHm muTAm
1829, ceux de colonel» de deux capitaines et de autres employés furent supprimés. Ce sacrifies n'sfikfB suffi, c Je demande la suppression des écoles mSâm^ c s'écriait à la tribune M. Eusëbe de Salverle (1), jm t que tant qu'elles subsistent, les Français ne soMlfi c Clément admissibles aux places d'offiôers , foiifi c ces places sont dévolues d'avance aux élèves dMS c écoles; je le demande, parce qu'il est contraira ai c principes de la Charte que les places d'officierBSiMBta c partie le patrimoine d'une classe privilégiée, fl^'f c dirai plus, d'une classe élevée et instruite aux iifm € de l'État. •• Je demande donc une réduction de 854^ c francs sur le budget de l'école de La Flèdie i
Il n'y a pas à répondre à de pareils arguments» faux dans leur base que contraires à la raison et aalhl de l^tat.
M. de Salverte demandait tout simplement la sion de cette maison.
M. de Conny, député de la GirondCi et M. de inspecteur général des ponts-et-chaussées , député Sarthe, signalèrent à la Chambre les succès de Téoolrè La Flèche.
Qu'il nous soit permis d'extraire du partie du discours de M. de Conny, discours qui, iaofU^ tement, motive le long labeur auquel nous nous livré : c Depuis l'année dernière, dit M. de Comij, c réformes dictées dans des vues d'économie oat c opérées; elles ont atteint le commandant en
(i) Moniteur. Séances des S9 et tO juin «Nt.
«oie (1); il a été éloigné d*UQ établissement qui Tera longtemps le souvenir des qualités rares qui juent si éminemment ce respectable officier ; les l'ont pleuré ; c'était un père qui se séparait de tmts (^Moniteur). »
romandant de Buor prit alors la seconde place de rt, avec un personnel simplifié, la maison continua er sous la direction ferme et énergique du général
voulu dire que vers les dernières années le niveau des avait baissé, que les Fléehois arrivant à Ijr montraient une infériorité réelle. Nous avons i (2) non seulement qu'ils avaient, depuis i820, ir épée aussi fermement que leurs condisciples , d'ailleurs par leur naissance et leur éducation 3s, mais encore que sur les 250 officiers d'étatmtrés à l'école d'application pendant les douze es années, époque de la Restauration, l'école toire y comptait , en 1852, 59 de ses enfants, le grade de général jusqu'à celui de capitaine ement. Et souvent les élèves provenant de La et dénués de fortune, ne pouvaient prétendre à lu corps d'état-major faute non de science, mais t.
3 réponse a paru péremptoire.
le MoDtzey (François-Antoine), né en 1768 à Rambenriller mort à La Flèche en 1842, maréchal de camp, commandeur es de la Légion d'honneur et de Danebrog, chevalier des e Saint-Louis et du Phénix, ancien colonel commandant en B l'école préparatoire militaire, de 1819 à 1828. » ftur les écoles préparatoires adressées en 1852 au Prince-préir If . de Montzey {Archives de la guerre).
2i0 INSTITUTIONS d'ÉDUCATIOII MILITàIEE
L'année scolaire commençait au 10 octobre et fifliait le jour de la Saint-Louis, 25 août.
La permission d'aller en vacances n'était aeoorih qu'aux bons sujets ; aucune sortie pendant le ooindi l'année. Tout élève puni était privé du parioir, s^dyélîl appelé. L'observance, à ce sujet» était telle, que le miéchal de Bellune, ministre de la guerre, passant ilâ Flèche en 1823, refusa de voir son fils alors élèves |«i qu'il était en prison.
L'uniforme des officiers et des élèves était en drap Un avec un liseret amaranthe , les boutons au chifie (mronné du Roi. Les oificiers portaient Taiguillette etMi les servants la livrée royale.
De 1816 à 1817, les élèves portèrent la culotteconli et des bas bleus chinés : on y substitua le pantalon, fltb chapeau à corne fut remplacé par le schako.
Pour armement le fusil de dragon et un autre modèb de moindre dimension, qu'on avait envoyé de SainM^ pour les plus jeunes : les bufileteries noires.
Tels sont les détails que nous avons pu recueillir m conserver dans notre mémoire sur Técole militaire péparatoire de la Restauration. Nous indiquenus en ktf lieu et place dans quelles conditions et sous quels tiM elle fut conservée après 1830.
L'association des chevaliers de l'Ordre royal et ni' taire de Saint-Louis fonda aussi sous la protectioa k Madame, duchesse d'Àngoulême, une école préparriM à Senlis. On y élevait gratuitement des fils de titnfaîM de cet Ordre. Dom Groult d'Ârcy et M. Guérard en fana les directeurs. Le maréchal Canrobert, les génénuz êr
Faillj, Granchamp, Nesmes-Desmaretz, de Lespars et iatres officiers distingués y firent leurs premières études. Cette institution perdit, en 1830, son caractère semi-offièid et finit par disparaître avec ses directeurs.
M. Loyauté, lieutenant-colonel d'artillerie, créa à ses risques et périls et avec autorisation du Gouvernement, mie école préparatoire aux examens d'admission à Técole militaire.
Il l'avait établie au château des Boullais, près de Tour- BOD, à neuf lieues de Paris.
La pension était de 1 ,500 fr . , l'âge des admis de treize à fe-sept ans. La première année, latin (classe de troisième), féoffraphie^ arithmétique^ dessin; la seconde année^ géométrie y trigonométrie^ dessin et lever de plans; la troisième année, latin (rhétorique), alghbre, mécanique, statique, minéralogie^ notions de chimie, perfectionne-iment d'écriture; la quatrième année, fortifications de €ampagne, hydraulique, fonderie, salpêtrerie, poudre, fèrges, fabrication d'armes, bois, construction, cordages^ nœuds, manœuvres de force, tir, mines, artifices de guerre. — (Archives de la guerre).
Nous retrouvons dans cette institution, dont les élèves, comme ceux de Senlis, subissaient les chances du concours générai, une certaine analogie avec celle que M. le dievalier de Lussan, ingénieur, avait voulu établir à l'hôtel d'Entragues, rue de Tournon, en 1734, et que le ministre de la guerre Bauyn-d'Angervilliers ne voulut pas autoriser (Première période, livre II, chap. i, page 116). lu Nous ne citons que comme mémoire les institutions uni- <iueroent destinées à préparer à l'examen du concours gêné-
212 INSTITUIONS D*ÉDVCATION MILITAIRE
rai et tenues à Versailles par des professeurs de Saint-djr.
On ne s'occupait là que de revoir toutes les paitiaà programme d'admi^ion et non d'une préparaUon de lotgue main à la pratique de la vie militaire, butpriinpl de ces maisons qu'une sage administration a toujours o» servées ou rétablies, et que les tendances révolutionniini ont constamment cherché à ruiner par leurs bases.
En principe, chez les puissances étrangères, réduate militaire des jeunes gens destinés à être officiers o» mence presqu'au sortir de renfanoe, et quand, demiènment encore, nous voyions dans le Champ de Mars k Prytanée impérial de La Flèche un jeune bataillon défikr comme une vieille troupe avec son drapeau et ses officiai devant l'inspecteur général de Martimprey» imn» dm disions : c Non, ce n'est pas une simple parade, c'ctf € une préparation au plus honorable et au plus dur Jb c métiers, et si tous en ce moment étaient questknofa c sur leur vocation, tous répondraient : Je serai sMat^t
Nous posons donc ici une première conclusioo : U raison d'Ëtat veut l'établissement d'écoles militaires préparatoires dans la plus grande extension posnUe etai nombre suffisant pour que nul ne puisse dire qu'on n'a pi pu ou pas voulu lui faire faire son novidat militaifk Ainsi tomberait la seule objection qui ait un peu de valetf contre le maintien d'un établissement unique dansfltf genre^ mais qui ne peut recevoir qu'un nombre imimM de ces enfants de l'armée, dont les titres sont et ont ioa* jours été incontestables.
L'école spéciale militaire avait été instituée et réofgH . nisée par l'ordonnance du 10 juin 1818.
D'après ces bases ainsi posées, elle commença à maréier, alimentée d'un côté par les élevés de l'école prépa- .Mtoire, de l'autre par les admis du concours général. Les ?l^ dlâHits étaient faciles ; plus de la moitié des élèves sor- |iitieDt de l'école préparatoire et étaient rompus depuis Sélngtemps à la discipline militaire; ils retrouvaient à I Sûnt-Cyr des chefs aimés^ qu'ils connaissaient dès l'enl^lmce et auxquels ils étaient habitués à obéir. Les '^91 élèves venus du concours général formèrent avec eux ^Jt premier noyau dont les traditions se sont fidèlement ^ ilnyies d'année en année.
Uâ^ Le programme des études était sagement gradué et l^gHxIéré dans ses exigences. Au mois d'août 1819, le profaner bataillon de France, commandé par le général comte d'Albignac et le colonel de Morel, prenant le pas sur toutes les autres troupes à la revue du Roi, put déjà prou- . fer qu'aucune ne lui était supérieure pour le maniement ^ des armes et la régularité des manœuvres poussée jusqu'à ^k perfection.
Le bataillon de Saint-Cyr se composait de huit compagnies, commandées chacune par un sergent-major, deux •argents et quatre caporaux qui avaient autorité sur leurs camarades. L'uniforme était alors un habit bleu à revers, la collet et les liserés de couleur amaranthe, pantalon Ueu, épaulettes rouges, souliers, guêtres de drap et ichakos ; buflleteries blanches, fusil de dragon et sac de soldat. Les élèves sous-officiers portaient un rang de fils d'or sur leurs épaulettes.
Le grade de sergent-major avait son importance pour l'avenir de celui qui l'obtenait ; il pouvait, en effet, rem-
214 INSTITUTIONS D'ÉDUGilTIOIf MlUTAIBE
plir plus tard dans les corps les emplois A'^AfAâmajor et de major dont les titulaires devadrat, d'aprtsk termes de la loi sur ravancemeaty avoir porté les grioi de sous-of&cier.
La nourriture était généralement bonne et aune; le » vice se faisait avec de la porcelaine» et c'était un vérilA luxe pour les élèves de Téoole préparatoire, hafaitoéik manger dans de Tétain.
La tenue générale de l'école spéciale de Saint-G^ était bien moins luxueuse sous tous les rapporta ftt celle de l'ancienne École militaire de Pms, et d'à autre côté était loin d'être aussi rigoureuse que edi du Prytanée de l'Empereur , qui avait voulu que tai s'y rapprochât autant que possible du r^me de la Oh serne.
En passant d'une école à l'autre, les élèves de Tëodl préparatoire ne trouvaient d'autre changement dans km existence que celui d'études plus élevées et d'i militaires les rapprochant de jour en jour du but voulaient atteindre. Les élèves se destinant à la cavalM • et qui remplissaient les conditions voulues, comme aplh tude et fortune, recevaient des leçons d'éqiûtation, flW préjudice de toutes les manœuvres d'in&nterie, auxqueBu ils étaient astreints comme les autres.
Cette partie du programme ne fut changée qu'en Iflflb comme nous aurons à le dire, au moment de la crértM de l'école de cavalerie de Versailles.
Ce fut vers cette époque que l'habit boutonnant did|| remplaça celui à revers, et qu'on forma une de grenadiers et une de voltigeurs.
LIYRE SECOND 245
Le roi Louis XVIII se souvint que lea trois meilleurs de TËcoIe militaire de Paris recevaient de lui h de l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, dont i était grand-maitre^ avec une pension de 100 fr. Il ne |pn pas qu'il fut opportun de distinguer ainsi ceux qu'on plâl^ialerait. Par son ordonnance du 26 septembre 4821 , l^açoorda une pension de 300 fr. à trois élèves choisis plcialcment [parmi les gradés, et dont les familles étaient limiées de fortune. Cette pension devait les siûvre juspfsD grade de capitaine.
Ij.ISd parcourant la liste des élèves de la première promo- ÎP« nous rencontrons, au n"* 88, celui de Carrel, sorti P 1820 et entré au 29* régiment de ligne avec le grade I» wu^-lieutenant.
Chacun connaît cette nature forte et énergique, aux Ijwtinrti généreux ; nous n'avons pas à discuter ici les ppflidents de sa courte carrière militaire. Seulement, à lamineur de l'esprit de camaraderie traditionnel dans nos Ijjfppks, nous devons dire que Carrel, traduit en 1824 dbtant un conseil de guerre, qui naturellement devait DOOKdure à la peine de mort, trouva tout à coup un ardent Séfenseur dans le lieutenant de Chièvres, n"" 410, attaché k Tétat-major général de l'armée d'Espagne.
Plus tard, en 1832, de Chièvres menacé du même sort, iMr suite de sa fidélité à la maison de Bourbon et traduit iBB cour d'assises, voyait debout devant lui pour le dé- Aadre, Armand Carrel, accouru au plus vite de Paris, et piésentant par sa seule présence, aux juges étonnés, un "■t^ésistible argument.
Tous deux sont morts à cette heure; et à tous deux
216 INSTITUTIONS d'ÉDUOATION MIUTAIRE
honneur et bon souvenir au nom de tous les Amie l'École militaire de Saint-Gyr !
Ces souvenirs de Técole devaient suivre Armand (M jusqu'à sa dernière heure.
Tombé mortellement blessé h Saint-Mandé àm m duel avec M. de Girardin, en 1836, il fut transportéèï M. Payra, élève sous le n"" 211 et ancien oiBcier èk garde Royale ; il y expira deux jours après, entoofé h , soins les plus fraternels.
Il est à remarquer que Carrel eut à se prononeer J cette question de brimades qui a préoccupé jusqu*! préÉt j les dirigeants et les dirigés à TËcole militaire. DMt élèves, dont lun était le fils d'un ofBder très-nnn|Éif ] de Tère Impériale, en opprimaient un troiâènie.li'] général d'Âlbignac ne voulut pas s'établir juge, que, dans une afiaire de camaraderie, les devaient jouer le rôle principal. Un conseil d'élèves donc nommé; Carrel en fut le rapporteur et sans hésitation au renvoi. Les délinquants furent par leurs familles.
Dès le début, ce système de brimades fut doue cit; j damné, et si nous avions sous les yeux le réquiâtainii celui qui plus tard devait prendre la tète du parti '^j l'opposition, nous y trouverions certainement des mit j péremptoires pour le condamner à notre tour. PMfi donc la longue durée de cette oppression passée irWl d'usage?
À-t-elle été reconnue nécessaire dims one mesure pour plier au métier ces jeunes gens sorlart à centres où ils n'avaient connu que toutes les doueeui
Il foyer paternel? L'autorité a-t-elle donc cru devoir hmier les yeux sur ces traitements devenus d'année en Énée moins supportables par les brimés, qui pou- Ment , en raison des chances diverses de Tavance- $Êmt, voir plus tard les brimeurs au nombre de leurs llterdonnés. Les brimés devenaient Tannée suivante jll hrimeurs par Tunique raison souvent qu'ils avaient M brimés.
A côté du faible avantage d'un assouplissement plus pMmpt aux formes et aux usages de la vie militaire» se itre ce fait grave et malheureusement trop avéré,
I beaucoup de jeunes officiers se sont retrouvés ea face l'haines vivaces , de rancunes invétérées et qu*il a fallu
fen général le sentiment de camaraderie fut inculqué profondément dans nos cœurs pour ne pas succomber les conséquences d'un pareil abus.
Nous avons indiqué déjà quels étaient les cours divers fie comprenait l'instruction donnée aux élèves de TËcole Militaire spéciale.
Ils formaient un ensemble assez complet pour qu'un officier put continuer seul avec succès ses études d'application. Et nous posons en principe que, sous peine d'annubtion et d'arrêt dans son avancement, tout officier doit âever un édifice sur les bases qu'on lui a posées à l'école ipéciale.
€ Tout ce que vous avez fait jusqu'à présent, écri- • vait d'Aguesseau à son fils, n'est encore qu'un € degré , qu'une préparation pour vous élever à des c études d'un ordre supérieur. >
Dans le courant de Tété, les élèves de la première divi-
218 INSTITUTIONS d'ÉDUCÂTIOII MlUTAIEE
sioD allaient lever des plans en pleine campagne iak direction des d&ciers ingénieurs-géographes.
Les sorties du dimanche étaient courtes et mmilm seulement à ceux qui n'avaient pas encouru de paiiM et pouvaient être surveillés pendant ce moment de HmiI par leurs parents ou des correspondants bien oommtk leur rentrée, chacun était examiné avec rigueur. Watà vacances d'ailleurs, les deux années s'écoulaient à l'école.
Seulemmt, la veille de la Saint-Louis, le batailks, chefs en tète, partait de Saint-Gyr avec armes et et allait coucher à TËoole militaire de Paris sur de la pilp étendue dans les appartements du principal toute communication était interceptée avec les de la garde qui y étaient casernes.
Le lendemain matin, 25 août , après une îi sévère, le bataillon était conduit à la parade dans k des Tuileries et placé en tète de toutes les troupes. le défilé, il exécutait, sous le commandement d'un major élève, quelques-unes de ces manœuvres qui taient toujours Tétonnement du public. Puis, les étant formés , les élèves défilaient sur deux raiigi à k suite des corps constitués dans la salle du TrAne. D mm souvient encore d'avoir vu, le 25 août 18S4, le Bii Louis XYIII mourant , assis dam? son fauteuil , b Mi tombant sur sa poitrine et retrouvant cependant asiadi force d ame pour faire, disait-il, /uffu'oii dernier mamml son métier de Roi.
Après cette cérémonie, les élèves allaient s'asseoir dus la salle de l'Orangerie à une table somptueusement
UYBE SECOND SI8
itooroaient le soir à Saint-€yr par la route de Ver-
im.
^30 septembre» le général donnait connaissance à
\}m élèves rassemblés de la liste de sortie des élèves de
pfieinière division qui , à de rares exceptions près ,
nment le brevet de sous-lieutenant.
hicun d'eux, dans le même ordre, était appelé chez
Aiaéral et désignait Tanne et le corps dans leqod tt
ilit servir.
0 colonel prenait alors une épée ou un sabre sur la
» desquels étaient très-distinctement gravés ces mots :
§Êmé par le Roi, > et remettait cette arme à Télève
ier en rengageant à s'en servir bravement pour le
md du pays.
éÊB élèves boursiers seuls touchaient une somme de
I cents francs pour frais de premier équipement. Le
ie datait toujours du 1^ octobre et l'arrivée obligatoire
Dorps du 1^ janvier. Les places à Técole d'état-major
lent exclusivement réservées aux élèves placés en tète
la liste ; quelquefois un page prenait rang parmi eux.
Les généraux qui commandèrent successivement l'Êcok
itaire spéciale sous le règne des Bourbons, de 1818 à
SO, furent le comte d'Âlbignac, de 1818 k 1821 ; le
omte Obert, de 1821 à 1825 ; te comte de Durfort, de
25 à 1827; le prince de Broglie-Revel , de 1827 k
SO. Ils furent secondés par les colonels de Morel, Danlion
Condé.
Les élèves furent, en général, pendant cette période
i^évoués à la famille alors régnante ; quelques-uns,
is en petit nombre et à certaines époques , laissèrent
apercevoir quelques tendances impérialistes < au reste, par des souvenirs glorieux pour leurs oMrt leurs familles : elles ne furent la cause d'aucune mbôÉàligence entre eux et leurs camarades.
Toutes les institutions doivent être jugées d*aprtilM résultats. Quarante-huit années se sont écoulées dspèb fondation par Louis XVIII de Técole spédale miHlMf k Saint-Cyr. Nous allons en faire la statistique pour k^ d'ofScier général, but flnal auquel chacun cherche ifp» venir , en n'y comprenant que les élèves des doue pi»* miëres promotions et admis à Saint-Cyr d'après leséni concours séparés, celui de La Flèche et le amam général.
Au résultat total , nous ajouterons plus tard «hu éâ autres promotions produites sous l'empire d'une orgoisation différente. ' i
De 18i8 à 1830 inclusivement, il a été admis dm l'armée 1,991 élèves de l'école spéciale de Saint-Gjr.flin 2,110 entrées pendant cette période de trdie wam Sur ce nombre nous en retrouvons 188 parvenus soili la dignité de maréchal de France, soit au géntobt.
Nous avons dû placer au nombre des élèves entras ftf le concours général, six officiers généraux qui ontoMK mencé leur éducation militaire dans la maison de La VUt et ne voudraient pas qu'on leur contestât leur titre II Fléchois. Ce sont MM. les généraux de division bMi Renault, sénateur, et Bourbaky ; les généraux de Mpà Garbuccia, mort en Grimée ; Thomas, mort en Afriqoe; Lâdreit de la Gharrière et comte de Chanaldlles.
Le général de division baron de Bérille et l'intendtfi