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surtout à refaire; mais l'esprit médical s'emparera nécessairement de la pensée philosophique qui l'anime, et par sa convergence intellectuelle il lui imprimera le mouvement décisif par lequel toute œuvre légitime se développe, s'élève, se perfectionne et s'impose.
Que chacun donc se mette à l'œuvre, mais que ce soit avec une solide intelligence plutôt qu'avec des mains habiles; car Byron l'a dit avec une raison profonde : «Il faut autre chose que des doigts pour conduire à fin les travaux de l'esprit; ils ne sont ni d'argile, ni de pierre, et, pour en consommer l'enchaînement, il faut être frappé de ce rayon de la flamme éternelle qui ne brûle pas, mais qui jette sur toute chose les plus éclatantes lumières.»
Voilà effectivement la condition fondamentale. Celui qui, au don précieux qu'elle suppose, réunira la faculté d'apporter, dans la méditation delà doctrine hippocratique, l'attention féconde qui double les forces, celui-là saisira le génie de la philosophie qui lui est propre, et il ajoutera peut-être d'utiles commentaires à cette philosophie sublime qui embrasse le système entier des connaissances humaines, et dans laquelle les faits s'enchaînent aux faits, les lois se dégagent des principes, et les prin-
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cipes eux-mêmes se résolvent en un principe unique qui domine tout et explique tout.
Puisse, du moins, cette philosophie des principes éclairer tous les esprits et diminue^ le nombre de ces sombres pionniers de la tombe, qui, toujours courbés sur le cadavre qu'ils invoquent à tout propos et hors de propos, épuisent leurs forces dans des recherches souvent stériles, et sortent quelquefois de la vie sans avoir même jamais pu comprendre le premier mot de la médecine !
Dans tous les cas, en attendant que les destinées de la médecine s'accomplissent, le livre des Institutions présentera le résumé philosophique de ses principes à ceux qui n'auraient pas la patience de le dégager des œuvres compactes d'Hippocrate, et il répondra ainsi au vœu de Descartes, qui voulait qu'il y eût pour chaque science un bréviaire à l'usage de ceux qui n'ont ni le temps ni le loisir nécessaires pour consulter avec fruit les tables de l'histoire.
De cette manière, tout médecin pourra désormais apprendre rapidement, sans effort et sans fatigue, ce qu'il faut absolument qu'il sache touchant Hippocrate, ses œuvres et sa doctrine; et