NOTICE HISTORIQUE ET CRITIQUE
tratiou qui lui est devenue personnelle;, toute la célébrité de ses prédécesseurs et de ses contemporains.
La Somme hippocratique se compose de soixante traités, les uns antérieurs à Hippocrate, les autres datant de son époque, ou attribués, soit à ses fils Thessalus ou Dracon, soit à Polybe, son gendre, ou à ses successeurs.
Quoique tous ces traités soient écrits en ionien, dialecte très-renommé" au temps d'Hippocrate, la pensée le style, la science même, y décèlent la coopération de beaucoup d'écrivains. Ces traités offrent par leur ensemble le tableau encyclopédique de la médecine traditionnelle, et sous ce rapport, autant que par l'excellence de leurs principes, la collection qu'ils constituent est vraiment digne du surnom de livre d'or (omnem scientiam et sapientiam prœbens) qui lui a été donné par Suidas, savant auteur qui vivait à Constantinople en 1096, sous le règne de l'empereur Alexis Comnène.
La collection hippocratique contient : des Lettres à Démocrite, à Heraclite, à Artaxerce; des Décrets aux Athéniens; des Discours destinés à faire aimer la médecine; des préceptes et des avis sur l'art d'exercer la médecine (traités de l'Art, des Préceptes et de la Loi); des livres de métaphysique (les traités de la Création du monde et des êtres, de la Nature de l'homme et de la Cause première); des Sommes magistrales et dogmatiques (les Aphorismes, qui sont les véritables codes de la science et de l'art) ; des livres de pathologie générale (les traités des Humeurs, des Affections et des Predic-
SUR LES OEUVRES d'hIPPOCRATE . 3
tions); des livres de symptomatologie, de sémiologie, de pronostic (les Coaques) ; un livre d'étiologie transcendante, (le livre des Airs, des eaux et des lieux, dont Montesquieu s'est si bien inspiré pour composer son bol ouvrage de l'Esprit des lois) ; des préceptes sur la diététique (du Régime dans les maladies) ; des traités spéciaux sur l'anatomie (les Articulations, les Fractures, les Maladies des femmes et des filles) ; des données générales sur le traitement des maladies; enfin, des livres sur les Épidémies qui sont tous remplis de vues pratiques sur les maladies populaires et leur pathogénie.
Tous ces écrits se classent d'eux-mêmes en deux grandes divisions. La première comprend les traités généralement attribués à Hippocrate ; la seconde renferme ceux qui ne sont pas aussi authentiques, quoiqu'ils datent à peu près de la même époque. On cite parmi les premiers : les livres du Pronostic ; des Prédictions ; des Humeurs; de la Nature de l'homme; des Airs, des eaux et des lieux; des Aliments; du Régime dans les maladies aiguës; des Lieux dans l'homme; du Laboratoire du chirurgien; des Fractures; des Articles; du Mochlique; des Plaies de tête ; des Epidémies (livres I et III) des Aphorismes; de l'Ancienne médecine; et enfin, le traité du Médecin, qu'un des plus savants maîtres de l'école de Lyon, le professeur Pétrequin, a restitué d'une manière aussi nette que brillante aux œuvres authentiques du père de la médecine.
La collection hippocratique contenait-elle, dans l'origine, d'autres livres que ceux que nous venons d'éuu-