‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 17 sur 84 · NOTICE HISTORIQUE ET CUITIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE ET CUITIQUE

mérer, comme \Q prétendent quelques érudits? Nous n'en savons absolument rien, e,1 nous croyons que nul n'en sait davantage, attendu que, pour être édifié à ce sujet, il faudrait encore avoir en main une de ces tables ou canons antérieurs à nos catalogues modernes, et qui, comme eux, indiquaient les titres des ouvrages les plus estimés; or, il est prouvé que ces recueils précieux étaient déjà perdus du temps de Galien.

Quoi qu'il en soit, la collection hippocratique forme une mine précieuse que les hommes les plus savants se sont de tout temps évertués à exploiter, chacun à sa manière : les uns en élucidant les textes, les autres en dégageant les principes que renferment ces textes; enfin, les plus érudits, en faisant connaître l'esprit de la doctrine hippocratique. Parmi ces érudits et en première ligne, nous trouvons Galien, surnommé à juste titre le prince des médecins.

Les écrits d'Hippocrate, très-rares d'abord, et conservés pendant longtemps clans les temples de Cos, ont été appelés, en même temps que les autres manuscrits précieux, à faire partie de la bibliothèque d'Alexandrie. A dater de cette époque, d'ouvrages spéciaux et nationaux qu'ils avaient toujours été, ils sont devenus populaires, et ont formé comme autant de codes à l'usage des nations civilisées.

Toutefois certaines causes se sont opposées d'abord à la diffusion de leurs lumières; la plus puissante, sans contredit, a été l'ignorance même des langues, En effet, aux premiers siècles de l'ère chrétienne, très-peu de

SUR LES OEUVRES d'hIPPOCRATÈ. <>

çens comprenaient les langues anciennes; et quand on trouvait en ses lectures une citation grecque, on s'arrêtait court, comme devant un tronc d'arbre contre lequel on se heurte en son chemin, et l'on s'écriait : « Ceci ne se lit pas, c'est du grec! »

Ce triste crépuscule des lettres se prolongea jusqu'en 1540 environ, époque à laquelle les réfugiés grecs, accueillis en Italie par les Médicis et en France par Louis XI, répandirent le goût et la connaissance des langues ; mais, nous le répétons, le grec, le latin, l'hébreu et l'arabe furent jusque-là assez mal cultivés ; ils étaient même peu familiers à beaucoup de ces fiers docteurs du moyen âge qui se saluaient entre eux des grands noms de subtils, d'admirables, de séraphiques et de très-fondés!

Mais il est un fait autrement sérieux : c'est que de nos jourson rencontre parmi les médecins, des hommes ayant charge d'instruction, qui demandent ironiquement ce qu'on peut apprendre dans les vieux auteurs, et particulièrement dans Hippocrate? Ils ne savent pas, ces maigres instructeurs, que la lecture des livres hippocratiques est la lecture môme des tables de la science, et que les dogmes inscrits clans ces codes immortels sont à la médecine ce que les lois du Digeste sont à la jurisprudence.

Qu'ils interrogent donc les hommes considérables, .M. Littré par exemple, cet esprit aussi versé dans la connaissance des langues qu'exercé à la haute critique philosophique, et il leur apprendra que «les textes d'Hippocrate sont interprétés et fixés dans leur ensemble depuis une antiquité qui ne remonte pas à moins de

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