‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 32 sur 84 · OU DE LA MALADIE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

OU DE LA MALADIE EN GÉNÉRAL

quelles sont les longues, les courtes, les mortelles, les non mortelles; quand elles se dénaturent, quand elles augmentent, quand elles diminuent; si elles sont fortes ou légères, susceptibles de guérison ou non. Dans ce dernier cas, pourquoi elles sont incurables et quel soulagement on peut leur apporter.

Il faut savoir distinguer les maladies qui viennent aux hommes par le défaut ou le vice des forces naturelles, de celles qui viennent par les lésions des organes. De plus, comme on souffre souvent du mal des autres par sympathie, de même certains maux causent des affections sympathiques provenant de douleurs qui ont leur siège ailleurs.

Les maladies sont plus ou moins appropriées à chaque espèce cle temps ; les âges aussi sont bien ou mal affectés de certaines saisons, de certains lieux et de certaines manières de vivre.

Ce sont surtout les changements de saisons qui produisent les maladies, et, dans chaque saison, les grands changements de chaud et de froid, et les autres à proportion .

11 faut examiner, relativement aux constitutions des maladies, ce qu'elles sont, et dans quelles saisons, dans quels lieux elles régnent plus ou moins.

Pathogénésle.

Tout changement contre nature est suivi de douleurs, et les douleurs se dissipent par leurs contraires, indé-

t)E LA NOSOLOGIE

pendamment de ce qu'il y a de particulier à chaque maladie. Ainsi, les personnes d'une constitution chaude que le froid rend malades, sont soulagées par le chaud ; — il en est ainsi de tout le reste.

Il y a une autre manière dont se forment les maladies ; elles viennent quelquefois par tes semblables, et les mêmes choses qui ont causé le mal, le guérissent.

Les différences des maladies dépendent de l'aliment, du souffle vital, de la chaleur, du sang, de la pituite, de la bile et des autres liquides ; des chairs, de la graisse, des vaisseaux sanguins, de la trachée-artère, des nerfs, des muscles, des membranes, des os, du cerveau, de la moelle épinière, de la bouche, de la langue, de l'estomac, du ventre, du diaphragme, du péritoine, du foie, de la rate, des reins, de la vessie, de la matrice, de la peau. En effet, toutes ces parties conspirent ensemble et séparément, leur étendue est grande et petite.

Les maladies donnent pour signes : le picotement, la douleur, les déchirures ; un sentiment quelconque ; les sueurs, les sédiments des urines'; le repos, l'agitation ; la jaunisse, lehoquet, la convulsion, et tous les autres symptômes qui tendent au bien ou au mal, faisant en même temps connaître le mauvais état du tout ou des parties. Il y a aussi des signes pris du volume en ce qu'il augmente ; et clans cela encore, il y a le plus et le moins.

Là où il y a de la chaleur ou du froid, il y a maladie.

La partie du corps où se montre la sueur correspond au siège de la maladie ; s'il y avait quelque partie affectée avant la maladie, c'est là qu'elle a son siège.

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