‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 31 sur 84 · DE LA NOSOLOGIE , OU DE LÀ MALADIE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA NOSOLOGIE , OU DE LÀ MALADIE EN GÉNÉRAL

La maladie est l'état de l'incommodé ou de l'incommodité.

L'homme est malade quand il ne peut pas exercer normalement ses fonctions naturelles et animales, et qu'il n'éprouve pas le bien-être (evawOïiffia).

Ce qui dans l'homme sain fait les actions saines, fait également dans l'homme malade les actions morbides. Quœ faciunt in homine sano actiones sanas, eadem in œgro morbosas.

Chaque individu a ses maladies proportionnées à ses forces.

Il y a deux grandes espèces de maladies : les incommodités et les soulèvements. Les incommodités proviennent d'un dérangement quelconque dans quelque partie du mécanisme ; les soulèvements consistent dans un effort synergique de l'organisme contre des agents morbi-

Piques, étrangers ou contraires à l'économie animale (1).

La nature de la maladie est la môme pour toutes; les maladies ne diffèrent qu'en raison du siège qu'elles occupent. Je pense qu'elles ne se montrent sous tant de formes diverses qu'en vertu de la grande diversité des parties où le mal est placé. Leur essence est une, la cause qui les produit est une aussi ; mais quelle est cette cause unique? C'est ce que je vais essayer d'expliquer.

Le corps de l'homme se nourrit de trois choses : $ aliments, de boissons et d' air ; il mange, il boit, il respire. On nomme vents ou esprits l'air ou le souffle qui est dans le corps ; au dehors, on le nomme simplement air.

C'est l'air qui produit les plus grands phénomènes; son pouvoir mérite toute notre attention. Les vents au dehors sont un assemblage d'air. Quand l'air est violent, il arrache les plus grands arbres, et il les enlève avec leurs racines; il couvre la mer d'écume; par lui, les plus grands vaisseaux sont portés à la' cime des flots, tant il a de force; et cependant il est invisible, la raison seule l'aperçoit.

Rien ne peut se faire sans l'air, il est présent à tout et partout; en effet, où ne se trouve-t-il point? L'intervalle immense qui sépare la terre du ciel est plein d'air; il produit les changements que l'hiver et l'été amènent! Épais et froid pendant l'hiver, clair et chaud pendant l'été, il donne passage au soleil, à la lune et à tous les astres. Il est l'aliment du feu, qui ne pourrait subsister

crate ll'^ " ***** ^ dc la émulée par Hippo-

sans lui. Le soleil, qui revient tous les ans dans les mêmes lieux de l'espace, y trouve constamment un air pur. Il n ' est pas difficile de reconnaître que l' intér ie u r de la mer participe aussi à l'air ; les animaux qui y nagent ne jouissent point de la vie sans lui : il leur serait impossible d'avoir le souffle nécessaire à la vie, s'ils ne le prenaient ou de l'eau ou à travers l'eau. La lune repose sur l'air; c'est lui qui emporte la terre ; il n'y a rien enfin qui n'éprouve ses effets.

J'ai parlé de la force que l'air imprime aux autres choses, j'ajoute qu'il donne la vie aux hommes. C'est aussi l'air qui fait les maladies. L'influence de l'air sur le corps de l'homme est telle, que l'homme peut se passer de tout le reste, vivre pendant deux ou trois jours, et même davantage, sans manger ni boire, tandis qu'il meurt promptement dès que les voies deYair sont interceptées, tant l'air a de pouvoir sur l'économie animale.

Les hommes se trouvent souvent privés de telle ou telle chose durant leur vie, car elle est pleine de vicissitudes. Mais on les voit constamment prendre l'air et le rendre durant tout le temps qu'ils vivent. — Il est donc certain qu'il y a en eux un commerce perpétuel avec l'air. Il me fallait faire voir que la principale cause des maladies, ne provient d'autre chose, sinon de ce que l'air est trop fort ou trop faible ; de ce qu'il se précipite dans le corps, ou de ce qu'il y entre chargé de miasmes délétères. — Il suffit d'avoir établi d'abord ce principe général.

Il faut connaître les maladies et ce qui les cause;

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