CHAPITRE PREMIER
DE LHYGIÈNE.
A ceux qui se trouvent dans une situation commode et qui n'aiment ni l'argent, ni les agréments du corps, ni autre chose autant que la santé, je puis indiquer un régime qui la leur assurera le plus qu'il est possible. Je me glorifie d'en avoir trouvé les règles le premier; ceux qui s'y conformeront en sentiront tous les avantages. Personne avant moi, que je sache, n'avait entrepris d'en faire un corps de doctrine ; je l'estime autant que toute autre découverte de notre art.
Cela se réduit à connaître la manière dont le corps est affecté par toutes les choses qui l'entourent avant qu'il tombe dans la maladie, à découvrir si les aliments sont plus forts que les exercices que l'on fait, ou Les exercices plus forts que les aliments; ou bien, s'il y a une juste proportion entre les u is et les aul/ei : c'est
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la prépondérance de part et d'autre qui fait les maladies ; le juste équilibre constitue la santé.
Tous les corps ne se ressemblent pas; les âges sont différents, les maladies elles-mêmes diffèrent entre elles ; les saisons influent sur la nature. 11 y a des tempéraments qui ne peuvent soutenir une maladie que d'autres supportent facilement. Les années ont entre elles leurs différences, les saisons ont les leurs, il faut, par conséquent, établir les soins de la vie sur toutes ces différences.
Il y a deux conditions importantes à remplir pour se bien porter : manger convenablement, travailler ou agir selon ses forces. L'économie est sujette à l'influence d'une foule d'agents dont il faut connaître l'action.
De l 'action des différents agents de la nature sur l'économie.
1° L'air (pabulum vitœ) fait souvent les maladies ; les coliques, les passions iliaques, les tranchées, les douleurs, sont, de l'avis de tout le monde, produites par l'air. C'est le passage de l'air d'un endroit à l'autre qui les cause. Quand il frappe contre des parties tendues qui n'y sont point habituées et qui sont très-sensibles, il agit comme un trait poussé avec force qui passerait à travers les chairs. Il fait alors des déchirures ou des tiraillements, soit aux hypochondres, soit aux flancs, soit à tous les deux à la fois. C'est pourquoi on travaille à soulager les maladies par des applications chaudes à l'extérieur ; la peau, échauffée, laisse passer l'air, qui\
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sortant du corps avec la sueur, donne quelque relâche.
L'air froid est l'ennemi des os. — Frigidum inimicum ossibus, dentibus. nervis, cerebro, spinali medullœ; calidum vero, utile.
D'autre part, les enfants sont plus vigoureux quand ils sont élevés en plein air et nourris au soleil.
Il faut savoir, au sujet des vents, que tous ont nécessairement la propriété d'humecter et de refroidir le corps des animaux et les productions de la terre, parce qu'ils sont généralement dus à des neiges, ou à des glaces, ou à des courants des fleuves, ou bien à des émanations des grands lacs, ou bien au refroidissement ou à l'humidité de la terre.
Plus ces causes sont étendues, fortes ou faibles,
| grandes ou petites, plus ou moins les vents soufflent. Il en est des vents comme de la respiration des animaux ;
I plus ils sont grands, plus leur souffle est fort. Les vents diffèrent à raison de la situation du pays ou des lieux d'où ils viennent. — Ils sont, sous ce rapport, plus ou moins froids ou chauds, plus ou moins humides ou secs, sains ou malsains. Voici ce qu'on sait de la nature de chacun.
Le vent du nord est froid et humide, parce qu'il vient d'un climat que le soleil ne pénètre pas de sa chaleur, qu'il ne dessèche pas en en pompant les vapeurs. Ce vent arrive dans les pays habités avec toutes ces qualités, mais sa nature s'altère à mesure qu'il avance dans des pays plus éloignés de son origine.
Les vents soufflent du midi dans certains pays avec