DE L'HYGIÈNE
toutes les qualités du veut du nord. Ainsi, pur exemple, s'ils passent avec force sur beaucoup de neige ou suides glaciers , les nations qui les reçoivent en cet état doivent en éprouver les mômes effets que produit chez nous le vent du nord. Ils ne sont donc pas les mêmes pour tous les pays, pour toutes les régions.
Lorsqu'ils viennent des lieux échauffés par de fortes ardeurs du soleil, leur humidité est absorbée, ils sont nécessairement secs et l'atmosphère en devient plus légère. Voilà pourquoi le vent du midi est, chez nous, chaud et sec; il doit conserver, dans les lieux voisins, ces deux qualités, la chaleur et la sécheresse, qu'il a prises clans la Libye, où l'on voit que les végétaux sont manifestement secs, tandis qu'on ne l'aperçoit pas si facilement à l'égard des hommes. L'air ne pouvant prendre de l'eau, ni de la mer trop éloignée, ni des fleurs, ni des animaux, ni des végétaux, est fort altéré.
Lors donc que l'air passe sur la mer, il se sature d'eau et il apporte beaucoup d'humidité sur les premières terres où il arrive, en sorte que le vent du midi est alors chaud et humide, à moins que la situation particulière du pays n'y fasse des changements. On doit raisonner ainsi des autres vents relativement à leurs qualités clans les diverses contrées.
Les vents qui nous viennent de la mer, à proportiou qu'ils avancent dans la mer, deviennent un peu secs. Ceux qui nous viennent des neiges, des glaces, des fleuves, des étangs, sont froids et humides, et ils font participer à ces qualités tant les animaux que les végé-
de l'hygiène. 161 taux. Ils donnent la santé aux corps qui ne pèchent que par trop de froid ; ils occasionnent des maladies dans les corps chauds, en raison des grands changements qu'ils y font du chaud au froid. Les habitants des lieux chauds et humides près des grands fleuves éprouvent habituellement les mômes choses.
Les autres vents, suivant qu'ils soufflent dans une direction qui tient du nord ou du midi, sont sains à proportion qu'ils portent un air plus pur ou plus vif et qu'ils donnent l'humidité nécessaire à la chaleur vitale.
Tous les vents qui viennent des terres sont nécessairement secs ; le soleil et la terre les dessèchent. L'air, ne trouvant point ailleurs d'où prendre sa nourriture, la puise dans les animaux et dans les végétaux. Quand ils soufflent des montagnes sur les villes, non-seulement ils dessèchent, mais encore ils mettent de plus un grand trouble clans l'air que nous respirons, et ils deviennent, pour le corps de l'homme, une source de maladies, à raison des troubles occasionnés dans l'atmosphère. Il importe donc beaucoup de connaître le pouvoir et la propriété des vents.
Le froid est l'ennemi des nerfs, le chaud est leur ami. Les convulsions que le froid produit, le tétanos, le frisson de la fièvre, sont soulagés par le chaud. — C'est en raison de cela que le chaud est agréable, il dissipe les douleurs qui proviennent du froid.
Les lombes, le dos, la poitrine, les hypochondres sont mal affectés par le froid ces parties aiment le chaud, elles en demandent l'application,