CHAPITRE IV. — Principes , dogmes et préceptes
Principes. — Le corps est composé de... — La nature est la cause de toutes les fonctions naturelles. L'esprit est le principe de l'intelligence. L'homme est double. — Le principe de tout est le même. — L'unité est la base, la condition et la fin de l'économie animale. — Toutes les parties de l'économie concourent à l'entretien de la vie et de la sanlé. — Il n'y a dans l'économie qu'un principe actif et unitaire; ce principe, c'est la nature. — La nature fait à la fois la nourriture, l'accroissement et la reproduction. — Les animaux ont leur nature. — la nature agit sans avoir besoin de maître. La nature en chaque espèce s'exprime par des phénomènes et par des actes. La maladie est un état contre nature. — Agents modificateurs de l'économie. — Causes morbifiques. — Quid divinum. — Humeurs radicales. — De la coclion. — Des crises. — La coction prépare l'expulsion de l'humeur nuisible; l'acte par lequel la nature opère cette expulsion
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s'appelle crase ou jugement. — Affections humorales, comment elles so terminent. — Voies d'expulsion employées par la nature. — Il faut étudier la marche naturelle des maladies et lo développement successif des crises. — On tire de la connaissance des crises des prédictions et des règles. — Des jours critiques, des jours pairs et impairs. — Chaque chose a son cours naturel et ses changements que le temps amène. — Les septénaires influent beaucoup sur le corps. Émonctoires naturels. — La fièvre. — Les dépôts.
Dogmes. — La vie est courte, l'art est long, l'occasion est prompte, le jugement est difficile. — Dogme primordial et principe de tous les autres dogmes : la nature est le principe qui anime et régit l'économie. — C'est la nature qui fait que toutes les parties concourent, consentent, ont des affinités. — La nature attire et retient ce qui est bon ; elle sépare et rejette, au contraire, ce qui est nuisible à l'économie. — La nature a dos facultés qui lui sont propres; ■ — ce sont elles aussi qui font passer le sang, les esprits et la chaleur dans toutes les parties. — La nature est une. — C'est la nature qui guérit les maladies. Elle connaît par elle-même les voies convenables sans avoir besoin d'être dirigée par notre intelligence. — C'est elle qui nous apprend à ouvrir et fermer les yeux, à respirer, etc. Le larmoiement, l'éternument, l'expectoration, la toux, le vomissement, la fièvre, sont des efforts naturels et parfois salutaires. — La nature suffit à tout et pour tout. — La nature est une, mais infiniment variée.— Elle n'a qu'un but, qu'un effort, tout le corps y participe par une sympathie universelle. — D'où vient le nom économie? — On aide la nature par une foule do remèdes dont l'expérience a sanctionné l'effet. — Le médecin ne doit jamais être que l'interprète et le ministre de la nature. — Dans chaque partie du corps il y a des parties pour concourir à l'ouvrage. — Sous l'action de la nature obéissant à l'ordre suprême l'organisme forme un tout dont les diverses parties sont ellesmêmes subordonnées les unes aux autres. — De là le nom économie, qui veut dire gouvernement intérieur. — ohovofiîa, d'oîxo;, maison, vôpo?, règle. — Le principe qui gouverne l'organisme est le même que celui qui régit l'univers. — Il est impossible d'établir en médecine des règles absolues et invariables ; la nature diffère de la nature, l'âge de l'âge, et ce qu'on fait un jour avec avantage on ne peut pas toujours le continuer le lendemain. — Il faut peu de chose pour guérir. — La jeunesse tient souvent lieu de remèdes. — Beaucoup de maladies sont
salutaires. — Ceux qui ont des hémorrhoïdes ne sont sujets, ni à la péripneumonie, ni à des phlegmons, ni à des ébullitions. — Il en est de même des dépôts et des fistules qui guérissent d'autres maux. — Ces accidents sont comme les crises d'un travail intérieur. — La fièvre elle-même est un des grands moyens de guôrison employés par la nature. — Igitur febris est affectio vilœ conanlis morlem avertere. — Ce que certains maux ont de commun fait que les uns sont un obstacle à ceux qui s'y joindraient. — Il est beau de voir comme le corps trouve dans sa propre nature ce qui lui convient; — mais il est beau surtout de savoir imiter la nature. — Le pus est l'aliment des plaies pour la régénération des chairs. — La moelle est l'aliment des os.
Les préceptes. — Le médecin doit savoir tout ce qu'on a su avant lui. ■ — Trois choses se réunissent dans l'art : la maladie, le malade et le médecin. — Ce n'est pas assez que le médecin fasse son devoir, il faut qu'il soit secondé par le malade, par les assistants et par les choses externes. — La médecine a deux objets supérieurs : guérir le mal et ne rien faire qui nuise. — Il faut que la médecine connaisse et combatte la cause du mal. — Quand l'emploi des remèdes devient nécessaire, on a recours tantôt aux contraires, tantôt aux semblables.
— On se détermine encore par le bien ou par le mal que le malade ressent de l'emploi de tel ou tel remède, à juvanlibus et lœdenlibus. — Beaucoup d'accidents qui paraissent terribles ne le sont pas, et réciproquement. — Il faut méditer sur les constitutions diverses des saisons. — Il faut savoir saisir 1 a-propos. — La médecine n'a qu'un petit nombre d'occasions opportunes. Celui qui les connaît les attend ; il distingue les symptômes essentiels des accidentels, qui ne tiennent point à l'occasion. — L'occasion opportune pour les aliments est de les donner quand le corps peut les surmonter. — Il y a des moments favorables dans les maladies, dans les symptômes, dans le traitement. Il faut quelquefois agir vite. Avant d'essayer à augmenter les forces, il faut examiner quel est l'état du corps et celui de l'âme à la suite des aliments et des boissons qu'on aura fait prendre. — Tous les aliments ont de quoi nuire et de quoi faire du bien; dans les uns c'est seulement plus à découvert que dans d'autres. — Il faut savoir distinguer quelles sont les maladies qui viennent aux hommes des facultés qui sont en eux, et ceux qui viennent de la figure des parties.
— On appelle faculté... On appelle figure des parties la conformation des parties qui composent le corps humain. — Tout homme prudent
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doit apprendre à se diriger dans le cas de maladie. — Il doit s'informer des moyens qu'emploient les médecins. — Il doit savoir à certains égards tout ce qu'un particulier peut apprendre pour en user et s'en servir comme le ferait un maîire. — On doit observer attentivement les maladies dès le commencement. Quant à ce qu'on donne aux malades, il faut observer s'ils s'en trouvent bien ou mal. Il faut s'habituer à connaître dans les changements qui surviennent et leurs suites et leurs causes. — Il faut savoir quels sont les effets du travail d'esprit, des profondes recherches, des méditations, de ce qu'on voit, de ce qu'on dit, des chagrins, de la colère, de l'ambition, et de tout ce qui exerce son pouvoir sur l'esprit et sur le corps.