‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 81 sur 84 · LA CAUSE PREMIÈRE , SUR LA CRÉATION ET SUR LA NATURE DE . L'AME · texte numérisé non relu

LA CAUSE PREMIÈRE , SUR LA CRÉATION ET SUR LA NATURE DE . L'AME

Ce que nous appelons le feu est immortel ; — c'est le feu qui arrange tout ; — il connaît tout, il voit tout, il entend tout. — En lui est l'âme, l'intelligence, le mouvement. - Les anciens^ lui ont donné le nom à'éther. — L ether, — la terre, — l'air, — l'eau. —

La nalure de l'homme est un mélange de feu et d'eau. — L'âme. — La vie de l'homme est septénaire. — Le germe fécondé acquiert son développement en sept jours. — L'enfant est viable à sept mois ; la première dentition a lieu à sept mois ; la seconde à sept ans ; la puberté à quatorze ans. — L'âme reste toujours la môme. — Elle ne change jamais de nature. — En cela elle diffère des corps. — Le cerveau exerce le plus grand empire sur l'homme ; — l'air lui donne la sagesse. — Les sens et les organes le servent comme il juge convenable. — C'est dans le cerveau que réside la prudence. — L'air se porte d'abord au cerveau et y laisse sa fleur. Le diaphragme : c'est par abus qu'on a donné le nom de phrénique au diaphragme. — Le cœur n'est pas le siège de la tristesse et des soucis. — Le cœur et le diaphragme ont le principe de leur action dans le cerveau. — Certains prétendent que le sang est le principe de l'entendement. — Il est certain, du moins, qu'il influe sur l'entendement, Rien dans le corps ne contribue autant que le sang aux opérations de la raison. — Chaque animal a son âme. — L'âme qui entre dans l'homme est un mélange de feu et d'eau faisant une portion de lui-même. — C'est l'âme qui fait un grand animal d'un petit. Après que la chaleur s'est retirée du corps, l'esprit de la chaleur s'exhale, et l'âme s'échappe de sa demeure corporelle, abandonnant le froid simulacre de l'homme encore composé de sang, de bile, de pituite et de chair ! — Naître et mourir ne sont que des modes différents de la même chose. — Naissance, c'est mélange ; mort, c'est séparation. — Commentaires sur quelques mots employés par Hippocrate: — 0soç, mtvtia, Ivoppm, yvciq, fo Bùov. — Le mot fvaiq dérive de <pûw, qui veut dire, je produis, je donne le mouvement et la vie. — Ce mot a été traduit ensuite par les mots nalure, force vitale, vie.

CHAPITRE III. — Fragments DE PHILOSOPHIE ET DE LITTÉRA- TURE MÉDICALES 262

De la nature de l'homme. — Je ne dirai pas que l'homme est tout feu, tout air, eau ou terre ou autre chose; — quand on prétend savoir bien des choses, il faut toujours être victorieux dans la discussion. — Si l'on sait, en effet, ce qu'on dit, on le prouve manifestement. — Les médecins sont comme Mélissus. — La pituite ne ressemble nullement au sang, ni le sang à la bile. — Les remèdes ont chacun une action spéciale ou spécifique. — Les humeurs augmentent ou diminuent ;

hl*"l TABLE ANALYTIQUE.

chacune selon sa naluro, sous l'influence diverse des saisons. — Le sang, la bile, la pituite, l'atrabile. — Les maladies qui augmentent dans l'hiver doivent finir dans lelé; le médecin doit connaître les maladies qui provenant de la plénitude se guérissent par des évacuations; celles que donne l'exercice finissent par le repos ; — celles que le repos occasionne se dissipent par l'exercice. — Il doit savoir se prémunir contre les maladies dont le corps est menacé à raison du tempérament et de l'âge.

Des songes. — Les rêves ont beaucoup de rapports avec les choses de la veille. L'âme durant le sommeil veille librement, mais quand elle est distraite par le service du corps son existence est comme partagée. — Lo corps est dans le sommeil, mais l'âme veille. — Elle possède toute son intelligence. — L'âme fait durant le sommeil tout ce qui concerne le corps et l'âme; — les personnes fort adonnées à cet art distinguent les songes envoyés par les dieux. — Quelques-unes mêmes connaissent quels changements dans le corps sont annoncés par l'âme. — Il est bon de prier les dieux, mais il est bon de concourir avec la Divinité et s'y aider en l'invoquant. Signes de bonne santé. — Signes de mauvaise santé. — Précautions à prendre. Quand on voit le soleil ou la lune ou les astres... — L'observation a appris que le firmament répond à la surface du corps, le soleil aux chairs, la lune aux cavités. — Ce qu'il faut faire : — Quand on voit les feux errer sans cause manifeste qui les entraîne. — Si l'on voit quelque chose de noir et d'obscur. — Quand on voit une rosée pure qui humecte l'atmosphère; — quand on songe que Dieu nous envoie quelque chose de pur, c'est un signe de santé. — Quand on voit distinctement ce qui se passe à la surface de la terre, — qu'on se croit en voyage, — qu'on rêve des arbres verdoyants chargés de fruits, — ou des rivières qui coulent tranquillement. — Quand on rêve le contraire. — Ce qu'il faut faire. — La marche des eaux des fleuves; — les fontaines désagréables, les puits profonds. — Régime à suivre. — Inondations, déluges. — Voir la terre noire et brûlée est regardé comme un signe avant-coureur de quelque maladie fâcheuse. — Précaution à prendre. : — Lorsqu'on croit nager dans les étangs, dans la mer, dans les rivières, — toutes les visions dénotent.. . — Quand on voit des morts, nus, noirs, souillés d'ordure, — il faut purger. — Lorsqu'on voit des monstres, des choses bizarres ou effrayantes. — Quand on croit manger ou boire? — Quand on voit des choses horribles qui jettent

dans l'effroi. — Quand on songe des combat?, des blessures, qu'on se croit garrotté. — Ce qu'il faut faire. — Quand on se croit perdu, qu'on s'imagine escalader, — traverser des fleuves, — se battre, — précautions, soins. — On a trouvé à l'aide des dieux les règles du régime aussi bonnes qu'il est possible à un homme de les donner.

Le serment . — Je regarderai comme mon père celui qui m'a enseigné la médecine. — Je regarderai ses enfants comme mes frères. — Je ne conseillerai à personne d'avoir recours au poison. — Je ne donnerai à aucune femme de remèdes pour la faire accoucher avant son terme. — Je conserverai ma vie pure et sainte aussi bien que mon art. — Quand j'entrerai dans une maison, je me tiendrai pur de toute injustice et de toute corruption avec les femmes esclaves ou libres. Tout ce que je verrai ou entendrai, je le tiendrai secret, le regardant comme une chose sacrée.

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