‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 82 sur 84 · CHAPITRE IV. — Pensées diverses 2SU · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — Pensées diverses 2SU

Nécessité d'un principe. — Il faut dans la musique un premier instrument qui donne le ton. — La médecine n'est que l'imitation de la nature, ainsi que tous les autres arts. — L'esprit de l'homme qui est invisible se manifeste dans l'enfant à mesure qu'il grandit. — La nature divise et rassemble tout; l'homme fait dans la nutrition la même choie. — Le médecin fait des ponctions et des séparations pour redonner la santé. — Les architectes, en bâtissant les maisons, réunissent ensemble les choses les moins homogènes. — Les sculpteurs imitent le corps de l'homme au point qu'il ne semble manquer aux statues qu'une âme. — Ils ne peuvent donner une âme à leur mélange de terre et d'eau. — Us ajoutent où il faut ajouter. Le médecin fait de même ; ministre et imitateur de la nature, il ajoute ce qui manque, il retranche le superflu; — il humecte, il sèche, selon l'indication. — Les potiers tournent leur roue, elle n'avance ni ne recule; — sur elle se font des ouvrages de toute façon qui sont emportés avec la roue. — Il en est ainsi des hommes et des autres animaux sur la surface de la terre : — ils sont tous emportés par un mouvement circulaire. — L'art de l'écrivain consiste en l'assemblage do figures qui représentent la parole. Sept voyelles dans la langue grecque suffisent à tout homme pour peindre le passé, le présent et l'avenir. — Le sentiment s'exprime aussi par sept voies : l'oreille

pour les sons, l'œil pour les choses visibles, elc, etc. Tous les arts participent donc à la nature de l'homme, et la médecine, qui est le premier des arts, consiste dans l'imitation des procédés de la nature. — Dans les salles d'escrimo, aux écoles publiques, on apprend à violer les lois, à tromper, à mentir, à voler, à tuerl Celui qui n'agit pas ainsi passe pour un lâche ; celui qui le fait passe pour un brave. — Ceux qui vont à la foire 6e comportent de même, c'est à qui trompera. — Il y a toujours quelque joueur de farces qui attire les badauds et qui se moque d'eux. Un autre lui succède, c'est toujours le même, — il joue seulement un autre rôle.

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