‹ Institutions de lʹart chrétienChapitre 120 sur 180 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

AuleU secondaires; ConfessiODoaui.

Il a été déjà parlé des chapelles , dans le cfaapîCre iv. Nous avons maintenant k parler des autels secondaires dont elles sont ordinairement décorées. Chez les Orientaux , on ne voit jamais qu'un autel, car on ne peut comprendre sous ce nom la prothèse et le diaconicon latéraux. L'Eglise latine connaît , au moins depuis le septième siècle, la multiplicité des autels dans un même temple. On le prouve par une lettre de S. Grégoire-Ie-Grand , écrivant à un évèque dont la cathédrale avait plusieurs autels, pour lui annoncer qu1l lui enverra des reliques qui devront y être exposées à la vénération publique. En bonne règle , ces autels ne doivent être placés que dans des édicules ou chapelles et jamais , pour ainsi parler, en plein vcnl et dressés contre les murs et les piliers. Il suffit , pour apprécier la convenance de cette discipline , de considérer que, dans le principe , les autels ne se multiplièrent qu'à raison des chapelles anneiées au vaisseau. D*oii vient donc, qu'à une certaine époque, on a érigé quelques-uns de ces autels secondaires dans diverses parties de la nef? C'est qu'à cause du grand nombre des prêtres qui appartenaient à une même église on se >it contraint de permettre la célébration simultanée de plusieurs messes. Les autels des chapelles n'y pouvaient suffire. Cela arriva ainsi encore depuis que les pierres sacrées devinrent plus communes que les autels Gses. On avait ainsi toute facilité de célébrer le saint sacrifice en quelque endroit de l'église que ce fut, pourvu qu'une table décemment ornée pût recevoir l'autel mobile. Il faut cependant convenir que cette multiplicité d'autels et de messes fut c instamment restreinte aux grandes villes ou aux monastères dont le personnel était nombreux, en sorte que cette exubérance d'autels, au lieu d'être la règle, ne fut que l'exrep-

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fion. Aujourd'hui, en France, le personnel du clergé, même dans les églises où le service divin exige plusieurs prêtres , ne saurait fournir un préteile de s écarter de la règle. Si néanmoins l'église était privée de chapelles , et se bornait à un simple vaisseau, on pourrait, sans nul doute, appliquer un ou deux autels aux parois , mais on avouera que les jeux s'accommodent mal de celle superfétation que justifie la seule nécessité.

Outre lautel majeur, il est d^un usage universel d'en ériger un en Thonneur de la sainte Vierge. Dans les églises où les nefs collatérales ne se prolongent pas autour de labside mais se terminent de chaque côté à la hauteur de rentrée du chœur, comme à Lyon, à Dijon , etc. , cet au* tel est appliqué au sommet d'un de ces collatéraux. Selon la discipline antique, la gauche étant la place d'honneur parce qu'elle correspond à la droite du prêtre tourné , à l'autel, vers les fidèles , c'est à ce collatéral que Fautel de la Vierge est érigé. Depuis plusieurs siècles, on s'est habitué k considérer comme le côté le plus honorable , celui de Téptlre , parce qu'il répond à la droite du prêtre tournant le dos au peuple. En ce cas , le collatéral droit est occupé par cet autel. Au surplus, l'Eglise n'a statué rien de positif sur son emplacement. En général , dans les grandes églises où les nefs collatérales ceignent le sanctuaire , et qui possèdent une couronne de chapelles autour du chevet , l'autel de la Vierge est au point culminant de l'édifice , derrière le rond-point absidal. « Cette chapelle est là, dit M. de Mon- » talembert , comme le dernier refuge de la prière , que la » piété de nos pères a toujours réservé au sommet de la » croix. » Dans toute église qui possède un édicule ainsi placé , l'autel de la Vierge ne saurait occuper une position plus convenable. C'est, comme le dit l'écrivain qui vient d'être cité : « C'est une éternelle règle de l'a rchi tectonique » chrétienne , telle que toutes nos cathédrales nous la ré- » vêlent. » Les autres autels sont distribués dans les diverses chapelles, sans antre préoccupation. En ce moment nous ne prétendons parler que d'une église à construire et h disposer. Mais s'il s'agit d'une réédificalion ou d'une res-

(aaralion , il est très-opportun d'assigner à ces anlels secondaires la position qu'ils occupaient antéoédemment. Il faut croire en effet que la première collocation était fondée sur des motifs respectables. Nons ne voyons rien d'aussi déplorable dans des restaurations ou modifications que la manie des changements , car enfin un autel ne saurait être coiisidéré comme un meuble dont la place peut varier, selon le caprice du matire. Ainsi, par eiemple, des indulgences peuvent avoir été appliquées à tel autel érigé en llionncar du saint et de la sainte qu'on y vénérait et se perdent si cet autel passe sous le vocable d'un autre saint , car Vindulgence ne saurait se plier aux mutations qu'on fait subir à l'objet ou au lieu.

Si Tautel de la chapelle était de l'ordre de ceux qu'on nomme fixes, son transport lui ferait perdre sa consécration , comme nous l'avons déjà dit. Hais presque toujours c'est une table de pierre ou de bois qui sert de support à la pierre sacrée ou autel mobile. Cette table doit avoir, selon les règles , au moins cinq pieds de longueur sur trois de largeur (1 mètre 66 centimètres , sur 1 mètre). La hauteur est fixée à peu près à trois pieds et demi (1 mètre 18 centimètres). Si la table n'est pas en forme de tombeau , la partie antérieure est ordinairement parée d'une étoffe de soie , ou peinte. Enfin elle doit être élevée au moins sur une marche. Ces autels sont très-généralement appliqués au mur et il convient qu'jin tableau retrace le mystère ou le saint dont cette chapelle porte le vocable. Quelquefois c'est une statue ou un emblème. L'artiste doit étudier avec soin le sujet de cette décoration et donner au génie chrétien une juste préférence sur son imagination. Il est vrai qu'il ne doit travailler que sous Tinspiration de l'autorité compétente et personne ne songe , sans doute , à la disputer à l'Eglise qui doit être sempre à ccua, toujours chez elle.... Ce qui malheureusement na pas lieu toujours.

C'est dans les chapelles que sont ordinairement fixés les confessionnaux. Avant le XVIe siècle ces menuiseries auxquelles on a donne depuis^un si grand développement artistique n'existaient pas. Le prêtre confesseur était assis

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sar UD modeste banc de bots et le pénilent se plaçait à genoox devant lai , surtout pour recevoir l'absolution. Une sage prescription de S. Cbarles Borromée, archevêque de Milan, défendit d'entendre la confession des personnes du sexe, h moins qu'il n'existât entre elles et le prêtre une séparation grillée. Celle-ci existait déjà pour les religieuses et n'était autre que la grille conventuelle. Ce médium in-* terpositum de S. Charles était facile à établir. On ajouta au siège du prêtre cette cloison cancellée. Bientôt une se* conde séparation s'éleva comme parallèle symétrique. Puis, mojenant une porte qui fermait le milieu de ces deux cloisons c'est-à-dire le siège , le confessionnal vit sa forme complétée. Le concile d'Aix, en Provence, en 1585, entre dans de minutieux détails sur la forme du confessionnal. Il j est dit qu'entre le confesseur et le pénitent il y aura une cloison de bois où sera pratiquée une petite ouverture de la largeur d'un demi pied, qu'à cette petite fenêtre, (fenesiellœj j sera fixée une lame de fer percée de plusieurs trous et munie d'une toile claire , de couleur noire , en sorte que le confesseur ne puisse voir la figure du pénitent. Le concile ordonne qu'on édifiera dans la cathédrale, pour l'évêque, un confessionnal de ce genre, afin qu'il serve de modèle pour tous les autres. Il est donc évident que le confessionnal actuel ne remonte pas au-delà du XVIe siècle, quoiqu'en 'puissent dire certains archéologues dont nous sommes forcés de combattre les assertions non fondées. Si le confessionnal eût existé longtemps déjà avant Tépoque ci-dessus relatée, le concile d'Aix ne se serait pas étudié à en tracer une description si détaillée et ne l'aurait pas offert comme modèle à suivre. Un confessionnal de style dit gothique à clochetons , à pinacles , n'est donc point une résurrection du moyen-âge. Ce n'est point à dire qu'on soit répréhensible de donner à ce tribunal pénitcntiel toute espèce de formes , mais il est utile de savoir qu'il en est de ceci comme du tabernacle, de la chaire et d'autres meubles liturgiques et, qu'on n'a point à remonter le cours des siècles pour interroger les formes anciennes. Il nous semble aussi qu'il ne serait pas nécessaire de déployer ici un luxo

oulré d ornemenlalion et d'y employer des formes svelles, gracieuses. Le nom seul de confessionnal io^ose, ce dous semble , un style grave et sévère. Le simple bon sens du peuple est choqué de voir dans un tribunal de la pénitence une œuvre recherchée, prétentieuse, et surtout des dorures et autres enjolivements de fantaisie qui ne sont pas là à leur place. Nous croyons même que si le moyen-àge avait connu les confessionnaux il n en eut jamais fait des meubles de coquetterie, tels qu'on en voit en quelques églises de Paris et même ailleurs, par un esprit d'imitation pea rationel.

CHAPITBE XIV.

Courte observation sur Ie9 tableaui» etc. ^ Vases sacrés proprement d ils , ou Calice et Patène.

Le moment sembleniit arrivé de parler de la peinture et de la sculpture comme puissants moyens de décoration du temple chrétien. Mais d'abord nos quatre premières parties traitent amplement de ce sujet et ensuite nous ne pouvons considérer comme appartenant essentiellement à Tédifice et à fameublcment liturgiques une ornementation qui est purement facultative. En effet, PEglise n'a pas besoin , pour être complète dans son architecture et par rapport aux exigences du culte sacré, d'être ornée même d'une peinture quelconque. L'unique objet qui se réfère à Tart du dessin est Timage du Christ sur la croix qui doit Ggurcr sur un autel, en sculpture. Nous en avons parlé dans le chap. viii. Nous dirons seulement qu'il serait à souhaiter qu'un trèsgrand nombre d'églises de campagne fussent totalement privées d'objets peints ou sculptés, en faisant une exception pour les croix d'autel et de procession. On n'aurait point à gémir sur l'abus qui résulte de tant de peintures, de reliefs, de statues qui déshonorent la religion, au lieu d'en relever la dignité et de la rendre respectable aux populations. Notre désir n'excepte pas même certaines ornementations qui, tout en étant irréprochables sous le rapport de l'art en lui-même, sont cependant indignes d'occuper une place dans le lieu saint. Il nous suffit donc de répéter qu'aucune loi ecclésiastique n'ordonne de décorer Tintérieur du saint temple de peintures ou de sculptures. Les conciles se sont bornés à corriger les abus, eu ce genre, ou à don. ner de sages conseils sur les images dont on voudrait parer les différentes parties de l'édifice religieux.

L'Eglise ne reconnaît comme vases sacrés que le calice et la patène, parce que en effet ces deux vases sont les seuls qui reçoivent une consécration. Tous les autres dont nous aurons à parler sont simplement bénits.

Une Iradilion constante nous apprend que la coupe dans laquelle Notre-Seigncur présenta son sang à ses apôtres était réellement ce que nous appelons un calice , c'est^-dîrc un vase supporté par un pied, car le mot calix du texte sacré s*appliquc foncièrement aussi bien à un vase à liqueur destitué de son support. C'est ainsi qu'on l'a toujours entendu et l'Eglise, excepté dans un cas d'absolue nécessité, ne permet pas qu'on célèbre le saint sacrifice avec un vase par exemple semblable k ce que nous nommons une timbale. Le calice, par respect pour la sainte Eucharistie, esC ordinairement en or ou en argent ou bien en argent doré.

La coupe doit être en argent doré , du moins dans Tintérieur. On se tromperait fort si Ton croyait que dans la primitive Eglise le calice fut très-habituellement fait de matières viles et communes. Sans doute il y en avait de cette sorte dans les églises pauvres, mais nous savons que, du moins en 226, le pape Urbain y employait l'or et l'argent, et pour lui ce n'était point une innovation. Quand Julien l'Apostat pilla les églises d'Antioche, l'or et l'aient des calices faisaient dire par l'officier chargé de [cette expédition sacrilège : « Voilà dans quels riches vases on sert le » Fils de Marie !.. » Exclamation blasphématoire qui est pourtant une riche preuve à recueillir en faveur de fa croyance à la présence réelle. L'hommage à la vérité sort ici de la bouche de l'impie. On a vu, nous ne pouvons en douter, des calices de bois, de pierre, de corne, de plomb, de fer , de verre etc., mais c'était dans des temps de persécution. C'était un effet des épreuves de l'époque et un moyen de no pas tenter la cupidité des spoliateurs.

En général , la coupe des anciens calices était large et d'une grande capacité, à cause de la communion des fidèles, sous Icspèce du vin. Plus tard on confectionna pour cette communion d'autres calices dits ministériels. Ceux-ci étaient munis de deux anses par le moyen desquelles le diacre les prenait pour présenter l'espèce du vin aux communiants. Le calice du célébrant en était destitué. Celui-ci était porté sur une tige assez basse. Ce pied était presque toujours à plusieurs pans, et du temps de TertuI-

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lien qui en parle, on y &gurait Notrc-Seigneur en bon pasteur reportant sur ses épaules au bercail la brebis égarée. Cet usage s*est maintenu pendant plusieurs siècles. Ce n'est guère que dans le cours du quinzième siècle que les tiges des calices se sont allongées et le vase a présenté jusqu'à neuf ou dix pouces d'élévation. D. Martenne a fait dessiner dans ses Voyages liuéraires le calice de S. Lutger, évéque de Munster, morl en 809. Ce vase en cuivre doré na que quatre pouces cinq lignes de bauteur. Les deux derniers siècles et surtout le moment présent ont vu des calices d'une hauteur qui dépasse douze pouces. Ce n'est point là , dirons-nous , ce qu'on peut appeler de la magnificence, mais du très-mauvais goût. Ajoutons que s'il j a quelqu'un de blâmable en ceci , c'est beaucoup moins lorfèvre que rachcicur. Après tout , le premier fait son métier, mais que fait le second? Il n'est pas besoin de le dire...

Un abus d'un genre contraire montre quelque tendance à sintroduire. Ce sont des calices d'une taille extrêmement basse que les orfèvres présentent comme une rénovation du style antique. Pour revenir au calice de S. Lutger, il faudrait aussi rétrograder vers les premiers siècles et remettre l'autel dans son état primitif. Or celui-ci était une simple table de très-modique grandeur. Il ne recevait absolument que le calice et sa patène. Le retable chargé d'un tabernacle et de chandeliers n'existait pas. Le Missel moderne, in-folio, et son pupitre, de grandeur proportionnée, étaient inconnus. Le petit calice ne pouvait donc être , pour ainsi parler , écrasé par tous les accessoires dont nous venons de parler. En esl-il de même aujourd'hui ? Un calice de quatre ou cinq ponces sur un long et large autel comme il existe de nos jours j est à peu près invisible. Ce vase on ne dépassant point dix pouces de bauteur est, ce nous semble, en harmonie avec l'accompagnement mentionné.

Quelques orfèvres, depuis la réhabilitation du style dit gothique, ont appliqué celui-ci an calice. Mais ce serait à fort qu'ils prétendraient ressusciter ainsi la forme de ce vase tel quil existait pendant la période ogivale. Un calice

gothique à fleurons, clochetons et pinacles est une nouveauté complète. 11 n'entra jamais dans Tesprit des architectes de la Sainte-Chapelle de Paris, de Notre-Dame de Reims etc., que leurs profits légers, fantastiques, seraieol un jour imités par des orfèvres qui les appliqueraient k des calices. Le calice de celle époque ne ressemblait en rien à ce que lorfèvre prétend aujourd'hui remettre en honneur. Gonçoil-on surtout qu*unc tige de calice puisse se hérisser de crosses végétiflcs, de niches à pinacle, de figurines, au risque de blesser la main qui la saisit? Ce vase, dans sa forme normale du mojen-âgc, porte, au milieu de sa tige, un nœud de grosseur médiocre , souvent à facettes et quelquefois enrichi de pierres précieuses. Le pied en est octogone et la coupe assez évasée et basse. La hauteur totale ne dépasse guère huit pouces.

Le calice est susceptible d*un travail de ciselure en bosse figurant la vigne et le froment. Les roseaux j sont, pour Tcau , un emblème assez expressif. La fausse coupe reçoit des médaillons sur lesquels il serait opportun de représenter lesinstauraleursde la liturgie sacrée, tels que les papes S. Géiase et S. Grégoire-leGrand. S. Ambroise de Milan, S. Thoraas-d*Aquin. On peut ainsi y réunir les trois degrés de la sainte hiérarchie considérée sous le point de vue de la papauté , de Tépiscopat et de la prêtrise. Si la coupe était supportée par une tige façonnée en diacre , comme cela se voit en Italie, tous les ministres d'institution divine pour le Saint Sacrifice se trouveraient réunis sur ce vase. Sur le pied du calice Torfèvre peut encore prodiguer une riche ornemeniation , mais aucun écusson armoriai ne peut j figurer. Ce pied doit offrir une croix relevée en bosse et non point simplement gravée. Le dehors de la coupe doit être uni et la fausse coupe dont nous avons déjà parlé ne peut point dépasser la moitié delà hauteur. On n'ignore pas que celte coupe doit être en or ou en argent. Si elle est de ce dernier métal, Tintérieur doit être doré. Le Rituel de Toulon qui nous fournit ces prescriptions veut que le calice n ait pas moins de neuf pouces et jamais au-delà de onze pouces de hauteur.

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Ce ?ase , lenanl à juste (itrc le premier rang parmi les objets consacras au culte, on ne serait pas excusable d'user pour lui d'une parcimonie qui ne serait pas digne d'indulgence y si on déployait pour tout le reste un luxe dont le calice mérite assurément la préférence. Sans doute le calice peut être fait de enivre ou d'éfain , moins la coupe qui doit être d'argent doré , mais cela ne saurait être permis qu'à des églises très-pao?res et qui sont dans l'impossibilité de se procurer ce vase entièrement en aident.

Nous n'avons point à parler ici des calices que l'on suspendait anciennement entre les colonnes de l'autel. C'est ainsi que le pape S. Pascal 1er fil présent à l'église de Saint-Jean-de-Latran de quarantc*deux calices d'argent qui pesaient , en tout , deux-cent-quatre-vingt-une livres. Depuis longtemps, ce genre de décoration emblématique a disparu , mais nous le préférerions , du moins comme peinture, h tant d'insignifiants ornements en guirlandes, en arabesques, etc., dont on a quelquefois la prétention de décorer une abside.

La patène est l'accessoire obligé du calice. Pendant plusieurs siècles ce vase fut d'une dimension beaucoup plus grande que dans les derniers siècles et au temps présent. C'est qo'il contenait les espèces sacramentelles dont les fidèles étaient communies. Dans les grandes églises , on usait aussi de patènes secondaires on ministérielles pour administrer la sainte Eucharistie. Elles étaient munies d'anses par lesquelles les ministres de l'autel les portaient. Quelques-unes de ces dernières pesaient jusqu'à trente livres. La patène sert aujourd'hui rarement pour donner la communion. Son ampleur peut donc être proportionnée k la grandeur du calice. Le Rituel de Toulon exige que les patènes aient un diamètre de six à huit pouces. Au lieu d'être plate , comme l'indique son nom , elle doit être un peu concave. Souvent, depuis quelques siècles, an centre de la patène est pratiqué un bassin rond, à peu près de la grandeur de l'hostie, tandis que la concavité de l'ancienne patène en occupe tonte la surface. L'Eglise n'a établi aucune règle fixe, à cet égard. De même que le calice, la

patène, si elle est d'argent , doit être au moins dorée dans son intérieur. Aucune ciselure ne peut être exécutée sur cette superficie concave, afin que les particules de Thoslie consacrée ne puissent y être retenues et qu*on puisse facilement la purifier. La partie extérieure , surtout au centre, peut recevoir des ciselures ou un médaillon.

En plusieurs lieux on use, pour le moment de la communion, d'une espèce de patène, connue dans le mojenâge , sous le nom de scuUlla ou écuellc , parce qu'elle esl beaucoup plus profonde que la patène ordinaire. Elle est garnie d'une petite anse, en forme d'anneau, dans laquelle le prêtre met le doigt médium de la main gauche dont il tient le ciboire et il met cette scutella sous la bouche du communiant pour prévenir les accidents. On comprend que si la sainte hostie s'échappait de ses mains ou de la bouche du fidèle, la scutella la recevrait. Ce vase est en argent doré , mais on ne le connait point , ou très peu à Paris. On peut y voir un vestige de Tancienne patène ministérielle. Ce vase est seulement bénit, tandis que le calice et la patène doivent être consacrées par Tévêque. Ce n'est point ici le cas de décrire ce cérémonial.

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