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CHAPITRE XVL

Burettes; Instrument de paix; Encensoir; Navette.

Les burcUcs , du vieux mot buire ou huirelte , par lequel on désignait un vase de ménage fait de buis , accoiupagnent toujours la célébration du saint sacrifice. Dans les anciens ordres romains elles sont nommées amœ ou amulœ. Les anciens, à cause de la ressemblance de ces deux vases, Fun pour le vin , l'autre pour Teau , les appelaient Gemellianes j ou jumeaux. Lorsque le peuple présentait à Tautel ce qui élait nécessaire pour la messe , et quand les fidèles étaient communies sous Icspèce du vin , ces vases étaient nécessairement d'une assez grande capacité. Le changement de discipline dut y apporter une modification. Il a suffi que ces amphores conlinsscnl le vin et Teau que le prêtre seul devait consumer, soit pour en consacrer une partie « soit pour les ablutions.

Toute matière est employée à la confection der ces vases, môme le verre. Il est cependant certain que les premiers siècles, toujours magnifiques dans tout ce qui tient au saint sacrifice, ont vu de ces amphores, en or et en argent, enrichies de pierres précieuses. Le cuivre ne ddt être cependant employé, pour ces vases , que lorsqu'il est argenté ou élamé. II existe même des règles diocésaines qui veulent que le cristal ou le verre soient uniquement employés pour la confection des burettes. Une sage précaution a inspiré cette discipline locale. C'est afin qu'on ne puisse se tromper en prenant leau pour le vin. Aussi quand ces vases sont faits d'une matière opaque, il est prescrit de graver la lettre Y sur la burette du vin et celle A sur la burette de l'eau , aqua. Quelquefois aussi on cisèle ou on grave sur la première une viguc et des raisins , et sur la seconde des oiseaux. Il nest guère possible de se livrer, dans la confection de ce vase , à des goûts excentriques. Aussi ce qui

\ient d'être dit suffira , en maintcDant pour ceci les observations déjà faites sur les tjrpes traditionnels qu'il est toujours convenable de ne pas altérer.

L'instrument de paix ne sert que dans les messes chantées. Anciennement les fidèles , avant de communier, se donnaient l'accolade fraternelle. Plus tard le baiser de paix fut restreint au clergé. Le diacre le recevait du célébrant et le communiquait aux autres clercs. Gela se pratique encore en beaucoup de lieux, surtout dans les communautés ecclésiastiques. En d'autres endroits , comme h Paris , le diacre fait baiser au prêtre une tablette sur laquelle est empreinte une croix ou l'image du Sauveur. Il la baise luimême et la transmet au sous-diacre qui, h son tour , la fait passer aux acolj tes chargés de communiquer la paix aux autres membres du clergé. Cette tablette est nommée par le cardinal Bona Osçulatorium j que l'on peut très-bien traduire par Osculatoire. Cet ustensile liturgique se fait de toutes matières, mais le plus habituellement il est de cuivre argenté ou doré. Il est garni d'une anse par laquelle on le prend. Nous avons dit qu'on y figure une croix ou Notre- Seigneur. Il n'y a néanmoins sur ce point aucune règle fixe, mais on conçoit qu'il est convenable de se borner à ces empreintes , parce qu*ellcs ont un rapport direct avec le saint sacrifice. L'image de la Sainte-Vierge est assurément fort vénérable , mais si l'on veut figurer un sujet sur l'Osculatoire il nous semble , par exemple , qu'un crucifiement y convient mieux qu'une Assomption. Jésus ressuscité apparaissant à ses apdtres, et leur disant : que la paix soit avec vous, serait, croyons-nous^ un excellent sujet pour cet instrument. Il nous semble, pour les raisons exposées, que la représentation d'un saint ou d'une sainte , quand même ils seraient les patrons de l'Eglise , serait beaucoup moins opportune. On pourrait donner justement à cet ustensile liturgique le nom de Irinophore, ou Porte-paix.

L'encensoir ne fut , dans le principe , qu'une cassolette nullement munie de chaînes. On la plaçait devant l'autel, les reliques, les images vénérées. En certains cas prévus par les rubriques, les acolytes portaient ces cassolettes fu-

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mantes autour de l'autel. Pendant le chant du Credo ils les mettaient sous le nez des assistants. Ceci est littéral, ad nares hominum. Ce sont les propres termes du deuxième Ordre romain. Les personnes ainsi encensées recueillaient avec les mains Todeur de Tencens , per manum fumt^ ad os trahiiur. Il serait très-difficile d'indiquer Tépoque à laquelle ces vases odoriférants furent réduits à des proportions telles quil fut possible de les mettre en volée ^ par le moyen de chaînes. 11 est certain que d'ahord ces encensoirs forent munis de très-courtes chaînes. Mais Tinspeclion de quelques vitraux du mojen-àge suffit pour nous convaincre que ces chaînes étaient d'une longueur assez considérable. Le vase lui-même avait une forme dont se rapprochent assez plusieurs de nos encensoirs actuels. Aucune prescription disciplinaire n'existe encore ici sur ce point. Nous dirons seulement que des chaînes d'encensoir, qui ont quelquefois deux mètres de longueur et plus, exigent, pour être déployées dans Tencensement , une adresse qui trop souvent ressemble à un tour de force indigne de la gravité de nos saints mystères. Cela , du reste , ne se voit guère qu*k Paris. L'encensoir est ordinairement en cuivre argenté, rarement en argent. Il fut pourtant l'objet d'un luxe très-remarquable , dans les premiers siècles. Nous lisons dans la vie de Saint-Grégoire-le-Grand , que ce pape donna à l'église de Rome deux encensoirs d'or pur , pesant chacun trente livres et un troisième , aussi en or pur, du poids de quinze livres. Il est évident que ces ustensiles ne pouvaient être les cassolettes avec chaînes dont nous avons parlé. Vers la fin de ce même septième siècle , nous voyons le pape Sergius qui , selon le pontifical qu'on lui attribue , fit faire un encensoir en or, à colonnes et à couvercle, pour être suspendu devant l'image des saints apôtres. Ici on voit des chaînes , mais la suspension permanente de cette cassolette en fait une espèce de lampe dans laquelle, au lieu d'huile, on brûlait des parfums.

La Navette tire visiblement son nom de sa forme de petit vaisseau, navis, navicula. Elle est de toute sorte de matières et est accompagnée d'un Cochleur ou petite cueiller

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dont ou se sert pour prendre Tencens. Le nom seul de Navette interdit, ce nous semble, tout autre forme capricieuse. Elle est connue , dans les anciens auteurs , sous le nom de acerra. Ce terme est quelquefois pris aussi dans le sens de cassolette fumante, mais dans le deuxième Ordre romain l'encensoir est nommé thuribulum. Vacerra des païens était un coffret carré en bronze supporté par quatre pieds à griffes.

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