CHAPITRE XXI
Le Voile du calice; la Bourse; la Palle; la Dainiati^ac; la Tunique; la
Cbape.
Le voile est ordinairement de là mémo étoiïé que la chasuble. En Italie , il couvre le calice en entier, en Franeô , il n'en dérobe aux jeux que le devant. Il se fait toujours carré et doit porter sur la partie antérieure une croix en galon ou en broderie. Il n'est guère possible de lui faire subir des'modifications qui puissent altérer sa forme et il a toujours été à peu près ce qu'il est aujourd'hui.
La bourse destinée à contenir h corporal suit la même condition que le voile, pour ce qui regarde réiôffe. La pièce antérieure seule suit cette règle et doit être ornée d'une croix en broderie ou en galon. L'intérieur doit en ^tre garni d*une toile de lin. On la nomme aussi Cùrpo*
ralier.
La palle, du mot latin pal/tum^ manteau est, selon les règles liturgiques , un linge double soutenu par un carton qui le maintient. On en couvre le calice. Contrairement à son étymologie , les chasubliers la nomment pale. En France et peut être en quelques autres pays le dessus de la palle, au lieu d'être un linge comme le dessous est une étoffe de soie souvent brodée d'or ou d'argent* Ceci , comme on voit, est une superfétation qui s'écarte des règles. Jusqu'ici néanmoins il y a eu , à cet égard, tolérance. En Italie, il ne serait point permis, d'user d'une 'palle de cette sorte. En cfTet, la palle n'est qu'un accessoire du corporal qu'elle remplace , pour couvrir le calice , lorsqu'il n'est pa$ surmonté de la patène, ce qui a lieu depuis l'offertoire jusqu'aux dcrnièreê ablutions.
La dalmatiqu^ est l'ornement propre du diacre. Elle fut d'abord une ample et longue robe dont les manches fort larges ne descendaient qu'an ôoude. L'étoffe en était parsemée
de petites roses de pourpre semblables à des (éles de cloas. cum clavis ex purpura. Cet habit qui tirait son origine de la Dalinatie fut spécialement affecté aux empereurs , et , par la suite , au pape et aux évéques. S. Sylvestre 1er en décora les diacres de TEglise romaine. On sait que ses ministres occupaient, en ce temps-là , un rang très-distingué à cause de Tadministration dont ils étaient chargés. Insensiblement Tusage de la dalmatique s'étendit à tous les diacres, mais cet habit modiGa sa forme. Elle devint plus courte, ses manches s'ouvrirent, son ancienne ampleur se rétrécit et la dalmatique actuelle n*a presque avec Tancienne rien autre chose de commun que le nom. Les cordons ornés de glands d'or que Ion adapte encore aux dalmatiques accusent cette ampleur primitive; car c'était par ce mojeo que les côtés en étaient relevés -au-dessous des bras, pour ne pas gêner le diacre dans ses fonctions.
L'habit liturgique du sous-diacre est la tunique. Elle eut les longues manches que lui suppose son nom. A. une époque difficile à fixer, ces manches furent fendues. Dans les premiers temps, la tunique fut un habit très-léger. C'est ce qui la fait nommer subtile parHonorius d'Autun. Il n existe plus aucune différence entre la tunique et la dalmatique , et c'est à tort. Du moins , il faudrait réserver à la dalmatique seule les cordons et les glands. Nous n'avons point à décrire minutieusement ces deux habits ministériels.
L'évéque officiant pontificalement se revêt de la tunique et de la dalmatique, puis de la chasuble. Les deux premières sont d*une étoffe rouge ou blanche , sans doublure.
Selon Tusage aujourd'hui reçu, la dalmatique et la tunique peuvent être portées même par de simples laïques tenant, à l'autel, la place du diacre et du sous-diacre. Ces ornements ne peuvent donc être considérés comme habits sacrés, dans un sens aussi strict que la chasuble, I elole et le manipule. D'ailleurs encore ces habits liturgiques n'entrent pas dans la catégorie de ceux dont une église doit être nécessairement pourvue, La très-grande partie des paroisses rurales ne possède ni tunique ni dalmatique.
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Enfin la chape mérite de fixer notre attention et de ciorc ces recherches sur les habils litargiqaes. Ce (ut, dans son origine ,' un manteau muni d'une capuce dont on se couvrait la télé. On en usait surtout pour les processions lointaines, afin de se garantir de. la ploie. De là le nom de pluvial qui lui est encore donné. Ce qu'on appelle le chaperon n'est qu'un yestige de la capuce primitive. Depuis plusieurs siècles , ce vêtement ecclésiastique dont il n'est pas besoin de faire la description est devenu un ornement dont se revêtent autant les laïques gagés pour faire l'office de choristes que les ministres sacrés. Il est donc , au même niveau que la dalmatique et la tunique. Les prescriptions du cérémonial raflecteut cependant de préférence d'abord à l'évéque et par extension au prêtre. A considérer ce qui se pratique à Rome pour les cardinaux, dans les grandes cérémonies, la chape serait exclusivement l'insigne de la haute prélature. En effet, les seuls cardinaux évêques portent la chape, les cardinaux de l'ordre des prêtres ont la chasuble , et les cardinaux qui appartiennent à l'ordre des diacres sont revêtus de la dalmatique. 11 est vrai que cela n'a lieu que dans ces circonstances où le pape lui-même porte la chape.
Ailleurs, quand Tévêque officie, hors de la messe, il est revêtu de la chape brodée. Le prêtre officiant, h un salut, à une procession , et même à vêpres , en quelques diocèses, porte la chape ornée de simples galons. Cette différence s'est maintenue jusqu'à ce moment et il est à désirer qu'elle ne soit pas franchie. Le prêtre assistant est aussi revêtu de la chape et enfin, comme il a été dit, les chantres ou choristes en font habituellement usage , principalement à Paris où le porte-croix lui-même en est revêtu.
On reproche aussi bien à la chape qu'à la chasuble la doublure raide qui lui donne un aspect peu gracieux. Pourtant ici on ne peut regretter ce qu'on nomme quelquefois la forme ancienne et primitive de ce vêtement liturgique. On serait porté à croire, d'après c6 que disent certains archéologues, que anciennement la chape était un manteau se dessinant largement et en plis soyeux. Or la seule inspection des monuments anciens peints ou sculptés nous
prouve le con(raire. II suffit dailleurs encore de lire la descriplioD que Thistoire oous transmet de certaines chapes d'une grande richesse. Telle est celle que Guillaume , roi d'Angleterre, envoya à S. Hugues, abbé de Gluny. Le fond était un drap d*or brodé de diamants et de perles. Le bord inférieur en était garni de clochettes d'or. Conçoit-on qu'une pareille chape ait jamais pu s'étaler en plis ondoyants sur les épaules de l'abbé de Cluny? Mous n'approuvons pas sans doute la raideur extrême de cet habit sacré, mais d'autre part nous ne voudrions pas y voir une \rop grande ressemblance avec ces manteaux dont les peintres et les sculpteurs revêtent leurs empereurs romains et que reproduisent les acteurs sur nos théâtres.
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