‹ Institutions de lʹart chrétienChapitre 93 sur 180 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Première conClnuAtloii du mol» d'Août.

Saint- Bêrlhélemi, apMre; Saint Louis, roi; Faint Augustin, évéquc; La Décollation de S. Jean-Baptiste.

Le 24 août y fête de S. Barthéleixii , ron des apôtres élus par le Sauveur. Moianus iroprouve les peiotres qui , dans la Cène Dominicale, donnent à cet apôtre le brillant costome d'un gentilbomme \élu de pourpre et orné de diamants. On a été jusqu'à prétendre qu'après la descente du Saint-Esprit cet apôlre ne voulut pas se dépouiller de ce Itae mondain et qu'en punition de son coupable refus la peau lui fut enlevée, quand il souffrit le martyre. Une aussi menteuse et impudente tradition ne se rencontre que dans des livres condamnés par le Saint-Siège. Nous pensons qu'aujourd'bui il est fort inutile de relever une anomalie aussi absurde , mais qui a pu être commise par certains artistes du XVIe siècle.

Le martjre de cet apôlre a inspiré , dit encore Moianus , des peintures très-inconvenantes oii Ion voit ce saint figuré comme une sorte de monstre ou de sauvage , écorcbé par les bourreaux et portant sa propre peau sur un bâton , en guise de tropbée. Notre auteur reproche à Micbel-Angc un abus de cette nature. Paquot ne voit, au contraire, en cela , rien de repréhensible. Il veut qu on représente S. Bartbéiemi tenant en main le couteau dont on se servit pour réeorcher tout vivant. Le célèbre Ribéra, dit l'Espagnole t , a excellé dans la peinture de cette affreuse exécution. Sa toile qui orne le musée de Dresde , après avoir appartenu an duc de Hodène , fait frissonner d'borreur. La slatue de cet apôtre' est la plus estimée de toutes celles qui , en trèsgrand nombre , décorent la cathédrale de Milan. Ccst ce même apôtre qui est appelé Nathanaël dans l'évangile de S. Jean.

Le 25 août vît mourir, en 1270, sur une plage lointaine le glorieux S. Louis, roi de France. C'est ce même jour que l'Eglise a consacre à sa mémoire. Lart a reprodail, sous mille formes, les traits de ce saint monarqac et les hauts faits qui Tout illustré. Notre peintre français, Simon Vouet, est Tauteur d'un tableau très-estiroé qui enrichit, en ce moment le Musée de Dresde. S. Louis y est représenté porté sur des nuées et couronné par les anges. Les trois églises de Paris qui l'honorent comme leur patron (^Saint'Louis-en'VIle , Saint-Louis des Invalides et Saint- Paul'Saint-LouisJ possèdent quelques monuments d'art inspirés par la vénération due h un si saint et si%graQd monarque. Dans la première, un tableau de Vouct représente S. Louis descendant de son lit de mort pour recevoir le saint Viatique, mais l'attitude des assistants ncst point irréprochable. Un tableau de Vauthier figurant S. Louis faisant enterrer les morts après la prise de Sidon fut placé dans la même église , en 1822. Trop souvent les artistes qui ont reproduit S.. Louis se sont mis peu en peine de faire une étude sérieuse du type de sa figure, du costume de répoque, et surtout, en ce qui concerne plusieurs actes religieux dans lesquels figure ce saint, de la coupe des vêtements sacerdotaux, de la forme des ustensiles et des vases sacrés du XlIIe siècle. Nous aurions à répéter cette observation presque dans tous les sujets religieux traites par nos artistes modernes. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, dans le tableau qui reproduit la communion de S. Louis mourant, le prêtre tient à la main le ciboire contenant les saintes espèces. Or il est très-constant qu'au Xllle siècle ce vase eucharistique n'existait pas. Les saintes hosties étaient sur la patène et c'est avec ce vase sacré que le célébrant administrait la sainte communion. (Notre cinquième partie traite amplement de cet objet).

S. Augustin, évêque d'Hipponc, docteur de l'Egliseï est fêté le 28 août. Gomme les insignes de Tépiscopat ne pourraient facilement le caractériser, on le représente, tenant i la main, un cœur enflammé. Cela convient, par excellence, au grand docteur de l'amour divin. Assez souvent ce cœur

est transpercé d'une flèche. C est une Iradoclion graphique de ces paroles du saint docteur, dans son admirable livre des Confessions : « Vous aviex percé de vos flèches noire » cœur, ô mon Dieu ! et nous portions ces blessures de voire » amour an fond de nos entrailles. »

Quelquefois» on place auprès de S. Augustin» un enfant qui semble essayer de verser Tean de la mer dans une cavité qu'il vient de creuser. Diverses opinions ont été émises sur le fait qui aurait donné lieu è ce caractère distinctif. On a cru d'abord qu'il était tiré d*une lettre écrite par S. Augustin à S. Cyrille de Jérusalem et dans laquelle il lui fait part d'une apparition de S. Jérôme, au jour et à l'heure où ce dernier passe de ce monde à une vie meilleure. En ce moment, Augustin, renfermé dans sa cellule, h Hippone, méditait profondément sur le degré de gloire dont les saints jouissent dans le ciel. S. Jérôme s'offrit tout à coup h^ ses regards et lui parla de la sorte: « Augustin, Augustin, k n quelles recherches te livres-tu? Croîs-tu pouvoir renfor- • mer dans un petit vase toute la mer? Eh I bien, tu scn rais plutôt parvenu à réunir toutes les eaux de l'Océan n dans un vase de la plus exiguë capacité que tu ne réussi- !> rais à comprendre, même le plus superficiellement, le n bonheur et la joie dont le Seigneur inonde ses élus dans 1» le séjour de la gloire , à moins que je ne prisse moi-même » soin de t'en instruire. » Il est encore dit dans cette lettre, que S. Jérôme communiqua h S. Augustin, dans la même vision qui se prolongea pendant plusieurs heures, les notions les plus sublimes sur la très-sainte Trinité, la génération du Fils, la procession du Saint-Esprit, la hiérarchie céleste, les délices dont jouissent les saints etc. Malheureusement celte lettre est considérée comme apocryphe et comme émanée d'un imposteur.

On a eu recours à d'autres autorités pour justifier cette scène de l'enfant qui, dans plusieurs tableaux de ce grand saint, parait tenté d'épuiser l'eau de la mer. Ce serait FEnfanUésns qui lui serait apparu pendant qu'il méditait les profonds traités dont il nous a dotés sur le mystère des trois personnes divines. On a prétendu que cela avait eu

lieu à Ccmtuniccllcs, ai^ourd^hui CiviUa*Vecchia. Torelli C]'(e une inscriplion qui relate ce prodige. D*aulres plaecnt le fait à Livournc. Tout cela est dénué de preuves suffisantes* Cependant TEgliso ne proscrit point les tableaux où celte apparition miraculeuse est reproduite. Un peintre italien, Garofolo, a représenté ainsi S. Augustin. On voit dans les airs la sainte Vierge et S. Joseph environnés d'anges. A côté de S. Augustin est sainte Catherine (on ne sait pour quel motif) et un enfant accourt vers le saint docteur avec une espèce de grande cueiller pleine d'eau. A côté de tenfant est une cavité pratiquée dans le sable du rivage. Cet enfant dont la tète rayonne de gloire ne peut être , dans la pensée de Tartiste» que Jésus-Christ, d'après la légende précitée. Celle-ci a été consacrée par les religieux Augustins de Civitta-Yecchia dans l'inscription de Torelli. Au surplus, on attribue au moine Alain de Tordre de Citeaux, célèbre docteur du XUIe siècle, une vision complètement identique à celle de S. Augustin. Paquot rapporte celle-d , dans toute son étendue , d'après Buzelin , écrivaiiv flamand. Aurait-on confondu les deux époques et 1^ deux personnages? Ce n en serait point Tunique exemple.

Il serait fastidieux de raconter ici avec autant de détail que Molanus Tinterminablc dispute des ermites de S. Augustin avec les chanoines réguliers qui reconnaissent ce saint comme leur fondateur , au sujet de la robe ou coulo noire dont les premiers revêtent leur instituteur, ou du costume de chanoine sous lequel les derniers peign<»it S. Augustin. M est plus que probable que S. Augustin n a porté» de son vivant, ni la coule monachale des ermites, ni Tba* bit canonial. La dispute eu vint à un tel degré d'irritation, dans le XVe siècle, que le pape Sixte IV, en i494, se vit obligé de défendre aux uns et aux autres, sous peine d'excommunication ipso faciOj de discuter sur le eostune dont il fallait revêtir ce saint docteur. On dirait qu\in artiste français a voulu ranimer la dispute à jamais étrâite, en exposant, il y a peu d'années, un tableau de S. Augustia vêtu de la coule noire des ermites de ce nom. Il est vrai qu'il n'y a plus de danger à craindre sous ce rapport , du

moins ea France, où il n'existe plus ni ermites ni chanoines de S. Augoslin.

Une paroisse de Paris, Nolrc-Dame-des-Victoires , qui fut jadis celle des religieux vulgairement nommés les Petits- Pères, mais dont le yérilable nom était celui d'Augustins- Déchaossés, possède sept tableaux qui retracent la vie du saint évéque d'Hippone. Ils sont du célèbre peintre Garle- Vanloo. Deux autres qui remplacent les tableaux non recourrés sont de Gaillot. Aucune de ces toiles ne reproduit le sujet traité par Garofolo. L'allégorie du cœur enflammé on bien percé de flèches, pour caractériser S. Augustin, est préférable au trait miraculeux du bord de la mer, car il est utile de rappeler que les lettres de S. Augustin à S. Cyrille sont enfin décidément considérées comme non authentiques. Ce ne peut-être dans des sources de cette nature que le prédicateur et le peintre doivent puiser.

Le lendemain de la fête de S. Augustin , 29 août, FEglise honore le martyre de S. Jean, le précurseur du Messie, sous le nom de Décollation. Le chapitre xiv de S. Mathieu est très-explicite sur ce fait historique, a Le jour anniver- » saire de la naissance d'Hérode , la fille d'Hérodiadc dansa » devant lui et lui plut. Pour lui prouver sa satisfaction , » Hérode jura de lui accorder tout ce qu'elle demanderait. » La fille, inspirée par sa mère, dit au roi : Donnez-moi o ici dans un plat la tète de Jean-Baptiste. Le roi fut cou- » triste, mais pour tenir sa foi jurée en présence des pern. sonnes qui étaient à son festin, il ordonna qu'on octroyât n la demande de la fille d'Hérodiade. Il envoya donc cou- » per la tête à Jean , dans la prison. On apporta la tète n dans un bassin et elle fut donnée à la fille qui l'apporta » è 9a mère. Après cela ses disciples étant venus prendre n son corps, l'ensevelirent et allèrent porter cette nouvelle » à Jésus. »

L'artiste qui se pénétrera bien de ce récit y trouvera plusieurs scènes à traduire. Le serment d'Hérode, la décapitation de S. Jean, la tète du précurseur apportée dans un bassin an moment où Hérode est environné de ses con« vives, la tradition de cette tête tranchée à la barbare fille de rimpudique Hérodiadc.

g4 INSTITUTIONS

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nerson* WtJ^'ï Thorrcur de ces deux dernières scènes est

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flae ^* jaut^^ï^L pl^s de gré qu'il est plus rare, menic

g, '^i les [iLinlrcs du XV le siècle. Dans ravanl-dcrmer

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Çero*ive ni son visage, dont la dureté causerait û»^

'j^iiïjble distraction, ni le cou tranché de la victime î^^

'(^ns II' dernier, le môme objet est à moitié caché par le

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juaîiresiie. ^'

t'iusloire rapporte que le sultan Mahmoud ayant demandé ^t^ peintre a la République de Venise, le célèbre Gcnlil [îfîlini lut envoyo à Constantinople. Cet artiste eut la har- Jjcsse de présenter à Mahmoud, dans son propre palais, rimage de S, Jean-Baptiste décapité par Tordre d*un dcspoh\.,. Le voyage de Bellini eut lieu en 1479.

i>E l'aht chrétien. 87

PITRE XXL

VExaltation de la Saiote«Croix ; 11, martyrs.

^ ^^^ "^ Gilles est placée au premier jour

. ^^ ^^ borue à dire qu'on le peiut avec

*K . oie à rhistoire de sa vie pour connaître

o lieu à cette singularité. L artiste chrétien a . exiger de nous que cette légende soit mise sous wux. Ce sainte dont le nom latinisé e^ljEgidiitSj naquit . Athènes dans le Ylle siècle. Sa noblesse, sa science , sa piété lui attirèrent une grande considération , et comme il était doué d'une rare humilité il ne trouva qu'un seul moyen de se soustraire aux honneurs. Ce fut de quitter sa patrie. En effet, il traversa la Méditerrannée, vint aborder en Provence et se cacha dans une profonde retraite, non loin de Tenibouchure du Rhône. C'est là qu'une biche le nourrit , pendant quelque temps , de son lait. On ajoute que cet animal , poursuivi par un roi des Goths , dans une chasse , alla se réfugier auprès du saint qui fut ainsi dé«couvert. Sans vouloir déprécier tout ce qu'il peut y avoir de gracieux et de poétique dans cette légende , il nous sera permis d'émettre quelques doutes sur la biche nourricière. Ce fait repose uniquement sur une opinion populaire, car sa vie nous apprend que S. Gilles vécut , dans ce désert , de racines et d'herbes comme tous les autres anachorètes. Pourtant la légende populaire autorise les peintres à placer auprès de ce saint l'animal qui le nourrit de son lait.

S. Gilles est quelquefois représenté donnant J absolution *^ Charles-Martel. On figure aussi un ange qui annonce à Charles que son péché lui est remis par les mérites <Je S. Gilles. C'est ce qu exprime le vers placé au bas du lahleau :

^Egidii merilo Caroli peccala remilto.

tt Par le mérite de Gilles , je remets les pèches de Char- » les. » Quelques auteurs expliquent ceci comme il suit : Charles-Martel avait commis un grand crime dont il n'osait se confesser. Un auge lui annonça que ce crime lui était remis par la vertu des prières de S. Gilles, pourvu qu'il n'y retombât jamais. Il est plus croyable que par les prières du saint anachorète Charles-Martel obtint la grâce de s'en confesser. On peut dire encore qu'il fut révélé à Charles- Martel que le péché dont il avait demandé l'absolution lui était remis conjointement surtout avec la pénitence sévère qu'il aurait dû en faire. Il est à présumer que ce grand crime de Charles était d'avoir pillé les églises et soldé ses troupes avec ces sacrilèges rapines. On ne pent affirmer rien de bien certain sur ces différentes versions.

Il sera peut-être agréable au lecteur de trouver ici l'analyse du récit des Actes de S. Gilles, sur ce point. D'ailleurs l'art cl^rélien peut y trouver quelque utilité. Charles- Martel , selon Jean Stiltingius qui a fait un commentaire sur ces Actes , y est qualifié du titre de roi. Ce vaillant guerrier conjura S. Gilles de prier pour lui , à cause d'an grand crime dont il sentait sa conscience chargée, maïs qu'il n'avait pas osé confesser au saint lui-même. Le dimanche suivant, lorsque Gilles célébrait le saint sacrifice , et qu'au Mémento il priait Dieu pour le prince , on vit un ange qui posait sur l'autel une céduie dans laquelle était écrit le péché de Charles. Il y était dit que le crime avait été remis par les prières du saint , pourvu que Charles n'y succombât plus. La fin de colle céduie portait que quiconque invoquerait S. Gilles pour quelque crime en obtiendrait le pardon , mais moyennant une ferme résolution de ne plus le commettre. Gilles remercia le Seigneur de cette révélation et après la messe il remit la céduie à Charles qui reconnut son crime, se prosterna aux pieds du saint anachorète et le conjura d'être son protecteur auprès de Dieu. Gilles pria le Seigneur avec une nouvelle ferveur et adressa à Charles-Martel les plus touchants avis sur riuébranlable propos de ne plus se souiller du mime

crime. liO trait de Tangc apportant du ciel la cédule de ré-missioD , pendant que S. Gilles est à Tautel peut être rcproduit par Fart chrétien. Il faut cependant ne pas négliger de dire que Stiltingius n'ajoute pas grande foi à cette narration , et la critique de ce savant coopérateur du magnifique trayail des Bollandisles est constamment sage et éclairée.

La ville de Saint-Gilles, à quelques lieues de Ntmes , a été bâtie sur le lieu même où cet illustre anachorète vécut et moarat, après y avoir fondé un monastère dont il fût le premier abbé. Ce lieu conventuel devint plus tard une collégiale de chanoines séculiers qui, à son tour, a disparu.

Le martyre de S. Adrien concourt avec la fête de la Nativité de la sainte Vierge, fixée au 8 septembre. Ce martyr de Nicomédie, -en 306, est représenté avec une enclume sur laquelle ses bourreaux lui rompirent les mains et les pieds, tandis que son épouse, sainte Natalic, pleine d'un courage chrétien les lui tenait fixés sur cet instrument de supplice. Souvent on place un lion auprès de S. Adrien , parce qu'il fut livré à cette bête féroce et enfin décapité. Ce saint est principalement honoré dans fa Flandre, àGeersberg, ou Girard-Mont, parce que ces reliques y furent portées de Rome où on les conservait dans la très-ancienne église de son nom. C*cst le même lieu quon nomme, en France , Grammont , sur la rivière de Dendrc , près des frontières du Brabant et du Hainaut.

L'Exaltation de la Sainte-Croix est célébrée le 14 septembre. Molanus et Paquot gardent un silence absolu sur cette solennité. Il est vrai que Tobjet de cette fête n'est pas d'une facile exécution graphique , du moins on ne connaît guère de tableaux qui la retraceut. Un habile artiste pourrait néanmoins en peindre le trait principal. Lorsque la vraie croix eut été reconquise sur les Perses , l'empereur Héraclius s'embarqua pour la Palestine , avec le dessein de remettre cette insigne relique dans le lieu d'où Cosroës lavait enlevée, plusieurs années auparavant. Héraclius voulut la porter lui-mdme sur ses épaules en entrant dans

Jérusalem , accompagné du patriarche ZacLarie. II se seotît (out-à-coup arrélé et uc pût avancer d'un pas. Le patriarche lui représenta que la pourpre dont il était revélu ne s'accordait point avec Tétai d'humiliatioa où était le Fils de Dieu, lorsqu'il marchait vers le calvaire, courbé sous le poids de cette mémo croix. Ce prince, aussitôt, se dépouilla de ses précieux vêtements, ôta sa couronne et sa chaussure. Il lui fut alors possible d'avancer au milieu du nombreux et pieux cortège qui formait cette solennelle procession. Tel est le glorieux événement que l'Eglise honore par la fêle de l'Exaltation. Il se passa en 629. Une médaille fut frappée pour immortaliser ce fait On en trouva un exemplaire en or, dans les décombres de la basilique de S. Jean-de-Latran. Baltelli, archevêque d'Amasie, explique celle médaille dans une dissertation publiée en 1703. On voit, d'un côté, l'effigie d'Héraclius ceint du diadème qui est surmonté d'un casque couronné par la croix. Autour de l'effigie sont les lettres :

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