Institutions de Sparte
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^38, 9 Clé, A.
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PRÉFACE
1. L'étude des institutions de l'antiquité a pris de nos jours une grande place dans les préoccupations ^ et les travaux. On s'efforce de pénétrer ainsi dans le '^ système politique et administratif des peuples dont ^ le rôle a été considérable et l'influence puissante. ^ On veut se rendre compte des ressorts plus ou <^ moins compliqués de cette machine dont on connaît ^ les effets. Obéissant à la curiosité qui cherche des solutions et au désir de profiter de l'expérience 5 accomplie, on cherche les idées sous les événements.
Les témoignages des écrivains, les inscriptions, les monnaies et les médailles, les monuments et les ^ produits de l'art ont été l'objet d'études qui ont fixé l Topinion sur certains points et jeté sur d'autres de j vives lumières. On connaît mieux et l'on a pénétré
plus ' profondément.
PRÉFACE
Nous nous proposons d'exposer ces intéressantes et difficiles questions de manière à faire revivre les physionomies si diverses de Sparte, d'Athènes, de Garthage et de Rome.
Ce travail a été conçu et exécuté en dehors de tout esprit de système, et avec le désir exclusif de trouver la vérité et de la dire.
Nous donnons le pas à Sparte.
2. On parle beaucoup de Sparte et de ses institutions ; on les connaît peu. En dehors de l'éducation publique, des repas en commun, de la chasse aux hilotes, de réponses héroïques, et d'actes exceptionnels de courage et de constance, on n'a que de vagues notions sur l'état intérieur, et l'on serait en peine de dire ce qn'étaient l'organisation politique et le gouvernement de l'austère cité.
(( Chose étrange! dit Xénophon, tout le monde loue les institutions de Sparte, mais aucune cité ne veut les imiter. »
Il ne s'agit pas aujourd'hui d'imiter Sparte.
II n'y a pas à craindre que l'on essaie de faire revivre ses rudes procédés d'éducation, et l'on est loin, malgré de glorieux exemples, de son héroïque dévouement à la patrie. Mais il peut être utile, ne serait-ce qu'à ce point de vue, de connaître l'esprit qui animait ce corps puissant, et de découvrir les ressorts qui le faisaient mouvoir.
Nulle expérience des hommes dans la science du
PRÉFACE
gouvernement ne peut nous être indifférente. Celle que firent les Spartiates, depuis le commencemeiit du ix*' siècle avant Jésus-Christ jusqu'à la soumission à Rome, se rattache à des faits qu'il serait honteux d'ignorer, parce qu'ils constituent la tentative la plus singulière qui ait été faite chez un peuple, et forment une histoire aussi curieuse que pleine d'enseignements. Il y a une grande nouveauté dans cette histoire si reculée, et, ce qui vaut mieux, elle peut nous éloigner de certains vices et nous inspirer quelques vertus.