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CHAPITRE VIII

Elle s'était conservée sous Fempire, ainsi qu'en témoignent des inscriptions.

La division en tribus n'était pas particulière aux Doriens. On la retrouve dans la plupart des villes grecques. Le nombre seul différait. Athènes en eut primitivement quatre, Gorinthe huit, Argos, Sicyone, Epidaure, Trézène, Mégare, Corcyre, trois. La tribu résulte de l'expansion naturelle de la famille et de sa constitution en société politique.

3. Chaque citoyen à Sparte était responsable. Les rois en eurent plusieurs fois la preuve, et elle leur fut souvent fatale. Les généraux payaient delà destitution et souvent de la vie, leurs fautes et leurs insuccès; les soldats du mépris et du déshonneur, un moment de faiblesse.

Cette responsabilité ne remontait pas jusqu'aux sénateurs. Ils pouvaient être malheureux, ils ne pouvaient être coupables. On ne supposait pas que des hommes expérimentés, et par leur âge, à l'abri de l'ambition, pussent commettre volontairement des fautes contraires à l'intérêt public, et capables de compromettre les destinées de la patrie.

Platon (1) dit que le pouvoir des sénateurs était égal sinon supérieur à celui des rois. Les rois se trouvaient donc à la fois limités par les éphores et parles sénateurs. Le pouvoir est toujours un danger. Est-il donc étonnant que ces vieillards aient payé leur tribut à la nature? a On a vu, dit Aristote (2), des hommes investis de cette magistrature, être accessibles à la corruption, et sacrifier à la faveur les

(1) Lois, m.

intérêts de l'État. Aussi, eut-il été plus sûr de ne pas les rendre irresponsables, comme ils le sont à Sparte. »

Il n'est pas probable que le principe de la responsabilité inscrit pour les sénateurs dans la constitution de Sparte, eut empêché ou même atténué les abus auxquels fait allusion le philosophe. Les mœurs sont plus puissantes que les lois, et tant que les mœurs furent austères, il y eut certainement à Sparte peu de sénateurs plus préoccupés de leurs intérêts eu de leur ambition, que de la bonne et pure gestion des affaires publiques.

Nulle part, plus qu'à Sparte, ce corps n'a mérité son nom. Les gérontes devaient avoir plus de soixante ans. Rome appela Sénat, c'est-à-dire assemblée de vieillards, ceux à qui elle confia une grande autorité et la garde de ses traditions. Mais combien d'hommes jeunes encore fit entrer parmi ces vieillards l'ambition personnelle aidée par la complaisance ou l'intérêt des consuls d'abord, puis des censeurs! On put arriver à tout âge au sénat romain. Aucun fait ne permet de croire que Sparte ait jamais été infidèle à la loi fixant l'âge de ses sénateurs.

Cicéron a appelé le sénat romain : « le port et le refuge des rois, des peuples etdesnations(l). » C'était son rôle extérieur propre à favoriser et à affermir la conquête.

Dans son discours pour Sextius (2) il l'a désigné sous le nom « d'assemblée perpétuelle de la répu-

(1) Regum, populorum, nationum portus erat et refugium senatus, (De officiis, II, 8.)

(2) Concilium republicse sempiternum, 65.

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